Voilà un bel exemple de politique d’opposition à tout prix, dont le but unique est de se profiler. Et, malheureusement, il provient de mon propre parti.
C’est avec consternation que j’ai lu ce communiqué de presse de la JSS d’hier, qui annonce «soutenir toute forme d’opposition collective» et appelle donc à «ignorer les interdictions et se rendre quand même aux beuveries (bottelòn)».
S’il y a bien une chose que ces beuveries collectives ne sont pas, c’est bien de «l’opposition collective». Car elle n’ont aucune revendication, aucun message ni programme politique. Il s’agit de boire, point barre. Et elles n’ont aucune forme d’organisation collective non plus, vu que les organisateurs de la plupart de ces rencontres n’ont fait que lancer l’idée sur facebook de manière spontanée, sans réfléchir aux conséquences et se sont ensuite empressés de se défiler une fois sous les feux des médias. En outre, ces courageux organisateurs n’exercent pas de droit constitutionnel, contrairement, par exemple, aux organisateurs d’une manifestation politique. Les libertés fondamentales ne protègent en effet pas l’utilisation abusive du domaine public. Heureusement.
Là où la JSS se plante encore plus, c’est lorsqu’elle prétend que les beuveries sont «une réaction à la commercialisation du temps libre». Ce phénomène existe impossible de le nier, mais les beuveries géantes, comme l’a démontré si justement Alain Hubler, ne sont qu’une manifestation supplémentaire de cette commercialisation.
Les Bottelònes posent de réelles questions. Auxquelles Pierre Maudet, président radical de la commission fédérale de l’enfance et de la jeunesse, répond de manière beaucoup plus pertinente que mes camarades de la JSS. Quelle prévention face à la surconsommation d’alcool (j’avais déposé un postulat il y a quelques temps sur ce sujet)? Quelles mesures pour limiter la vente d’alcool fort bon marché et à toute heure? Quels espaces publics laisser aux jeunes? Quelle politique de la jeunesse en milieu ouvert? La JSS se garde malheureusement bien de répondre à ces questions. Mais qu’importe, puisque l’objectif de ce communiqué de presse était plutôt de critiquer les municipalités socialistes, ce qui suscite toujours l’intérêt des médias.