+6%? C’est tout?

Le conseil fédéral a, dans un élan de générosité qu’on ne lui connaissait plus, accepté d’augmenter les crédits à la formation de 6% pour les quatre prochaines années. C’est mieux que les 4,5% que le premier jet gouvernemental prévoyait et qui auraient été synonyme de régression. Mais c’est loin d’être suffisant. Avec une augmentation des crédits de 6%, on ne fait que garantir le statu quo. Par exemple, l’augmentation des crédits pour la formation professionnelle ne permet à la Confédération que de tenir ses engagements légaux, mais il n’y aura pas un sou pour les innovations nécessaires en cette période de pénurie de places d’apprentissage. Pour les hautes écoles, la hausse ne permettra que d’absorber les dépenses supplémentaires dues à la croissance du nombre d’étudiant-e-s. Là encore, pas question d’innover. Et avec +6%, impossible d’améliorer les bourses d’étude et donc l’égalité des chances.
Il est évident que notre pays a besoin d’investissements massifs dans son unique matière première et pas de comptes d’épicier. Ainsi, l’automne passé, syndicats (USS) et associations patronales (USAM) réclamaient conjointement un minimum de +8%. Mais si nous voulons vraiment que notre système éducatif et nos hautes écoles se développent et restent compétitifs, il faut viser plus haut : +10%!

Le communiqué de l’USS.
Sur le même sujet

Billet publié simultanément sur monelection.ch.

Une entreprise prend la formation professionnelle au sérieux

Unia a remis hier à Bâle un «prix de l’intégration des jeunes dans le monde du travail» à l’entreprise d’installation électrique bâloise Schachenmann. Organisé par la jeunesse Unia, ce prix vise à reconnaître les efforts importants de certaines entreprises en faveur de la formation professionnelle. Il y a tout de même une entreprise suisse sur cinq qui forme des apprenties et apprentis!

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Libéralisons, libéralisez!

Il y a quelques années, quelques têtes savantes ont décrété que le secteur privé est plus efficace que le secteur public, que la concurrence est la panacée, que la gestion démocratique est démodée et que le service public doit donc être libéralisé et privatisé. Beaucoup y ont cru. Beaucoup ont obtempéré. Prenant pour exemple la libéralisation, paraît-il réussie, des télécoms, ces même têtes savantes proposent maintenant de passer à la vitesse supérieure: Poste, assurance-accidents (SUVA), service des automobiles vaudois, approvisionnement en électricité, et bientôt CFF, éducation, approvisionnement en eau, sécurité publique…
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Précarité: les nouvelles méthodes

La précarité, notamment celle du travail, est un grave problème. Le nombre de travailleurs pauvres (ou «working poors» c’est-à-dire des salariés en-dessous du seuil de pauvreté, malgré le fait qu’ils travaillent à 100%) croît, parallèlement à l’émergence d’une «génération stagiaire»; des jeunes, qui malgré leur(s) diplôme(s) (parfois universitaires), n’arrivent pas à trouver un emploi autre qu’un «stage» sous-payé, pour des travaux peu qualifiés (en tout cas sans rapport avec leurs qualifications), sans réelle perspective de formation ni de carrière, stages qu’ils enchaînent, sans jamais pouvoir vraiment s’insérer dans le marché du travail. Ce ne sont d’ailleurs pas les seules formes de travail précaire; le travail temporaire, les contrats à durée limitée, le travail sur appel etc. prennent eux aussi de l’ampleur. Cet état de fait est renforcé par deux méthodes particulièrement insidieuses, mise en place par les autorités, soit pour institutionaliser la précarité, soit pour mettre au pas les salariés qui souhaiteraient se défendre: les «jobs à 1000.—Fr.» (introduit par une municipale des verts) et la pression sur les conditions de travail.
Voici sur ce thème un article que j’ai écris pour «koopera» (en allemand), nouveau journal des militant-e-s alémaniques de la jeunesse Unia, paru hier.

Logo Koopera
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Ce que cache la baisse du chômage

On ne peut que se réjouir de la baisse du taux de chômage (voir les chiffres du SECO), spécialement de la baisse plus marquée chez les jeunes. Même si ces statistiques ne prennent en compte que les chômeurs inscrits et occultent donc une bonne partie des sans-emplois (par exemples les personnes –chez les moins de 25 ans, une sur deux– qui ne s’inscrivent pas au chômage, les chômeurs-euses en fin de droit, les gens poussés vers l’AI ou mis à la retraite anticipée parce que l’économie n’en veut plus, etc.), la baisse est indéniable. Alors, Mme Leutahrd, les milieux économiques, les politiques, etc. ont-ils remplis leur tâche? Peuvent-ils passer à autre chose et considérer leur politique de l’emploi comme un succès? Certainement pas.
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Droit de vote à 16 ans: le retour

Le débat pour ou contre le droit de vote à 16 ans refait surface suite à une initiative des jeunes socialistes zurichois (en allemand, désolé). J’étais ce soir l’invité de l’émission forums sur RSR-la première, pour en débattre avec le jeune libéral neuchâtelois Steve Jeanneret. Pour écouter, cliquer ici.
Sur ce sujet, débat télévisé contre Suzette Sandoz…

Sur ce sujet aussi, l’étude COCON…

Le débat avait déjà fait rage sur monelection.ch

Aide sociale : les chiffres qui font mal

La prise de position de la conférence suisse des institutions d’aide sociale (CSIAS) sur les jeunes et l’assistance publique confirme que socialistes et syndicats ont raison lorsqu’ils revendiquent un droit à une formation post-obligatoire. En effet, 3,9% des jeunes de 18 à 25 ans sont dépendant-e-s de l’aide sociale, contre 3% de l’ensemble de la population (seuls les enfants sont plus touchés, avec 4,4%). En cause (notamment), le manque de formation: 65% des jeunes bénéficiaires de l’aide sociale n’ont pas de formation post-obligatoire (maturité, CFC, etc.), contre 46% de tous les bénéficiaires de l’aide sociale et 23% de l’ensemble de la population. Conclusion: l’Etat doit garantir le droit à la formation post-obligatoire pour tous et donc mettre lui-même à disposition les places manquantes, par exemple en ouvrant des écoles des métiers, des écoles de commerce ou toute autre forme de formation à plein temps menant à une qualification. Un tel droit aurait certes son coût: mais il vaut à mon avis bien mieux investir aujourd’hui dans la formation, plutôt qu’assumer à long terme les coûts croissants de l’aide sociale.
La CSIAS soutient désormais cette revendication syndicale de longue date. Du côté des opposants, toujours les même : les milieux patronaux (l’USAM en tête) et l’inévitable OFFT, décidément peu au fait de la situation de l’emploi des jeunes.

Sur le même sujet…

Le site de la CSIAS et sa prise de position détaillée.