Débat contre Suzette Sandoz sur le droit de vote à 16 ans

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TSR 1, journal de 19h, le 18 octobre 2006.

Le débat sur le droit de vote à 16 ans refait surface suite à l’intéressante proposition glaronnaise. Mais est-ce vraiment une bonne solution pour augmenter l’intérêt des jeunes à la chose publique ? Ma réponse : oui, mais cela ne doit pas être une mesure isolée.

Les jeunes de 16 ans sont-ils vraiment capables de voter ? Vu les responsabilités que la plupart des jeunes de cet âge ont eu à assumer, c’est incontestable. A 16 ans, la plupart ont choisi un métier ou une formation, décision qui aura de l’impact sur le reste de leur existence. En outre, de nombreux jeunes ont, parfois avant 16 ans, des responsabilités associatives non négligeables et participent aux débats démocratiques internes.
Accorder le droit de vote à 16 ans permettrait aux jeunes de donner leur avis sur des décisions qui vont les concerner pendant plus longtemps que la plupart des électrices et électeurs. Ce serait une marque de confiance et d’espoir envers les jeunes, à qui on demande sans cesse d’être plus flexibles et responsables quant au choix de leur métiers, quant à leurs conditions de travail ou à leurs loisirs.

Cependant, le droit de vote seul ne suffit pas. Des « mesures d’accompagnements » sont nécessaires, à commencer par une amélioration de l’instruction civique à l’école et dans les écoles professionnelles. Le droit de vote à 16 ans rendrait en outre les cours d’instruction civique dans les gymnases et écoles professionnelles plus concrets, le vote servant de « travaux pratiques » après avoir analysé les enjeux en classe. Mais il faut surtout donner aux jeunes la possibilité de s’initier au débat démocratique en leur accordant des droits de codécision. Je ne suis pas favorable aux parlements et autres sessions des jeunes, qui débattent « dans le vide », la plupart de leurs pétitions atterrissant rapidement au mieux dans un tiroir, au pire dans la corbeille. En revanche, les élèves des institutions de formation doivent avoir la possibilité de participer concrètement à la gestion de leur établissement. Ainsi chaque école ou école professionnelle doit avoir un conseil des délégué-e-s élu-e-s par les classes, conseil qui doit être dotés de réelle compétences, notamment budgétaires.

Droit de vote à 16 ans, instruction civique et droits de codécision forment donc un paquet cohérent, qui doit à mon avis permettre une meilleure implication des jeunes à la vie publique.
Le débat sur le droit de vote des jeunes continue sur les ondes de la radio suisse romande: j’étais l’invité de l’émission « radio public » du jeudi 2 novembre. Pour écouter l’émission, cliquer ici.

Ce texte a été publié simultanément sur monelection.ch.

2 réflexions au sujet de « Débat contre Suzette Sandoz sur le droit de vote à 16 ans »

  1. tout a fait d’accord! personellement, j’ai 16 ans depuis quelques semaines, si la loi était appliquée je serais en droit de voter. mais nous ne sommes pas du tout préparés a ce droit qui va pourtant bientot nous etre donné. il faut vraiment s’assurer que tous les jeunes recoivent une bonne formation avant de le leur accorder! si je pouvais voter, je m’interresserais avec plaisir a la campagne présidentiel, mais avec un peu de crainte je dois dire, d’etre lachée la dedans sans repère…!

  2. C’est pour cette raison que je préconise d’introduire le droit de vote à 16 ans avec des «mesures d’accompagnement», c’est-à-dire une meilleure instruction civique à l’école et dans les écoles professionnelles, histoire que les nouveaux électeurs soient bien préparés aux enjeux.
    En tout cas, merci pour votre message de soutien!

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