Droit de recours des associations écologistes: Chercher les quérulents là où ils sont.

Les partisans de la suppression du droit de recours des associations de défense de l’environnement prétendent relancer la croissance économique en laissant bétonner le paysage sans craindre des recours infondés. Ils se trompent de cible. En témoigne cette anecdote, narrée par le Tages-Anzeiger d’aujourd’hui.
A la fin des années soixante, Alusuisse, souhaitait implanter un centre administratif et créer près de 5000 emplois à Meilen, sur la Goldküste zurichoise. Elle en fut empêchée par un comité d’habitants qui lançaient recours sur recours contre le dézonage nécessaire. Ce comité avait été créé par… Christoph et Silvia Blocher, nouvellement installés dans la commune et plutôt connus pour leurs positions défavorables au climat et à la protection de l’environnement. Pourtant, l’assemblée de commune, à laquelle pouvaient participer tous les citoyens, avait donné son aval à l’installation d’Alusuisse. Malgré ce soutien démocratique, le projet échoua, les emplois furent perdus.
Cela illustre parfaitement que ce n’est pas le droit de recours des associations de défense de l’environnement qui pose problème, mais bien les abus des recours de privés. D’ailleurs, les associations de protection de la nature gagnent la plupart de leurs recours, alors que l’immense majorité des recours privés est rejetée. En attaquant les associations écologistes, le parti radical et ses alliés UDC du conseil fédéral se positionnent clairement en faveur des quérulents privés et contre la protection de l’environnement.

Le dossier de l’ATE sur le droit de recours.

Initiative pour deux jours fériés supplémentaires: La coop de Lutry et la propagande politique (épisode II)

Lors des élections cantonales, la coop de Lutry avait posté un securitas devant l’entrée du centre commercial. Histoire de décourager toute tentative d’exercer ses droits démocratiques à coup de menaces d’appeler la police (voir mon billet du 17 février dernier). Mais n’allez pas penser que la coop –fondée par le PS et les syndicats faut-il le rappeler– refuse tout débat politique. Loin de là. La coop ne tolère en fait que la propagande politique qui l’arrange. Ainsi, dans le parking de ladite coop trônent des affiches opposées à l’initiative des syndicats et du PS vaudois pour deux jours fériées payés supplémentaires. L’affiche prétend qu’il faut rejeter l’initiative, car elle rendrait impossible de faire ses courses le lundi de Pentecôte ou le 2 janvier. En prêchant de la sorte pour sa paroisse (et pour son bénéfice), la coop se garde bien de signaler que les ouvertures dominicales et lors des jours fériés se font sur le dos du personnel, obligé de sacrifier un jour de congé important, souvent sans compensation salariale et détruit des emplois. En effet, les ouvertures dominicales conduisent toujours et contrairement à ce que l’on pourrait penser à des pertes d’emplois dans le commerce de détail, car elles entraînent la suppression de commerces des villages et des quartiers, au profit des grandes surfaces. Lesquelles emploient moins de personnel à surface de vente égale. Cette évolution a été vérifiée en Suisse comme à l’étranger à chaque fois que les ouvertures dominicales et lors des jours fériés ont été libéralisées. La coop tait aussi le fait que les vaudoises et les vaudois sont les moins bien lotis de toute la Suisse en matière de jours fériés. Le droit du travail autorise les cantons à instaurer jusqu’à 8 jours fériés en plus du premier août, mais le canton de Vaud n’en autorise que 6, contre 8 dans la plupart des autres cantons (sauf Neuchâtel). Pourtant, il n’y a pas de raison pour que les vaudois doivent bosser un jour de plus que les autres!
Il vaut donc mieux oublier les tentatives maladroites de la coop pour saborder ou manipuler le débat public et voter oui à deux jours fériés payés supplémentaires.

Droit de vote à 16 ans: ça bouge!

Glaris (la Landsgemeinde en débat ce dimanche), Berne (le conseil-exécutif vient d’approuver une motion des jeunes socialistes) (ajouté le 9 mai) les Grisons (ajouté le 29 mai) et maintenant Fribourg! Les propositions en faveur du droit de vote à 16 ans essaiment! Espérons que le débat progressera comme en Allemagne, où les Länder de Basse-Saxe et de Schleswig-Holstein ont introduit le droit de vote à 16 ans au niveau communal en 1996 et 1997, ou en Autriche, où le gouvernement du chancelier social-démocrate Gusenbauer vient de faire de même. Le PSS va lancer cet automne une intervention parlementaire au niveau fédéral.
Ce blog contient de nombreux billets sur le sujet, dont voici tous les liens:

Billet du 22 octobre 2006 (débat télévisé contre Suzette Sandoz)

Billet du 4 décembre 2006 (l’étude COCON de l’uni de Zürich montre que les jeunes ne sont pas aussi nuls qu’on le dit)

Billet du 8 janvier 2007 (le retour du droit de vote à 16 ans suite à un débat à «forums»)
Et le débat a été lancé sur d’autres sites, notamment sur ceux de la radio suisse romande monelection.ch (ici et là) et «signature». Ainsi que sur le site du PSS. Sans oublier celui d’Infrarouge. Et enfin sur le blog de Julien Sansonnens du POP Lavaux-Oron (discussion spécial Lavaux-Oron).

Sur le résultat positif de la Landsgemeinde: le résumé sur le site de la RSR.

Sur le même sujet, un sondage paru dans le magazine « Coopération » (pas très favorable au droit de vote à 16 ans).

Premier mai!

manchetteLQJ020507.jpg

Mon programme de premier mai était chargé. Manif à Berne le matin, puis repas et discours à Moutier (encore un immense merci pour le très chaleureux accueil) et encore un discours à La Chaux-de-fonds (là aussi, l’accueil était très sympa). Une journée très réussie: Toutes les fêtes étaient sympathiques et familiales. Un petit accroc à signaler quand même: le passage à niveau des Reussilles étant en travaux (fallait le faire, un 1er mai!) et la route barrée, il a fallu couper à travers champ pour rejoindre la route de La Tchaux et ne pas y arriver en retard…

Le Quotidien Jurassien a traité en long et en large de la fête interjurassienne de Moutier. Télécharger l’article (pdf)

L’impartial a quant à lui raconté la fête de La Chaux-de-fonds. Télécharger l’article (pdf)

Micheline aurait mieux fait de se taire…

…ou de faire part de ses critiques à l’interne!

Disons-le tout net, j’aime beaucoup les positions, les actions et le style de Micheline Calmy-Rey. Notamment les rencontres avec la population qu’elle organise en tant que présidente de la Confédération. Mais je ne peux en aucun cas approuver les critiques qu’elle fait au PSS (voir le résumé sur le site de la radio romande).
Continuer la lecture

Acquis et défis de la formation dans l’horlogerie

A l’occasion des 70 ans de la convention collective (CCT) de l’horlogerie, le syndicat Unia et l’événement syndical publient sous la direction de Jean-Claude Rennwald un livre retraçant l’histoire de cette CCT, ses principaux acquis et les défis qui jalonnent la branche («La convention collective de travail de l’horlogerie – D’où elle vient, ce qu’elle dit, ce qu’en pensent les travailleuses et les travailleurs»). J’ai rédigé le chapitre concernant la formation, surtout continue. Ce petit livre richement illustré peut-être commandé au prix de 15.—Fr. auprès de l’événement syndical ou, dans certaines librairies (surtout de l’arc jurassien) au prix de 21.—Fr. (pour commander: redaction @ evenement point ch)
 

Quelques réflexions sur la formation dans l’horlogerie:

«A long terme, il n’y a qu’un chose qui soit plus chère que la formation: pas de formation» disait J. F : Kennedy. La situation actuelle de l’horlogerie démontre à quel point il avait raison. Les entreprises de la branche ont totalement négligé la formation de la relève lors des années de crise (au point qu’il ne restait plus que les écoles professionnelles des collectivités publiques, qui, elles, avaient une vision à long terme). Conséquence: aujourd’hui, la pénurie de main d’œuvre est dramatique et les entreprises s’arrachent les ouvriers qualifiés.
Continuer la lecture

Zürich: Il faut tirer rapidement les leçons de la débâcle socialiste

Le PS zurichois a subi une déroute d’une rare ampleur, perdu 7% de son électorat et 17 sièges au parlement cantonal. On croyait seulement le parti radical capable d’une telle débâcle. Deux tiers de ces pertes vont à la droite (aux verts libéraux) mais une bonne partie va aux verts «traditionnels», clairement à gauche dans le canton de Zurich. Jusqu’à présent, les pertes socialistes vers les verts restaient modérées, voire inexistantes.
A six mois des élections fédérales, tous les socialistes de Suisse doivent tirer les leçons de la débandade de nos camarades zurichois et, car il est malgré cette défaite toujours crédible (et nécessaire!) de vouloir devenir le premier parti des chambres fédérales, agir pour inverser la tendance. C’est possible à condition d’agir vite avec une stratégie claire.

Continuer la lecture