Y aura-t-il moins de jeux d’argent en cas de refus de la LJar ?

Spoiler : non. Au contraire, il y en aura plus.

Certains, et c’est louable, veulent profiter de la votation du 10 juin sur la nouvelle loi sur les jeux d’argent (LJar) pour supprimer les jeux d’argent. Par exemple, l’ancien député libéral puis vert’libéral Jacques-André Haury prônait hier dans « 24 heures » le refus de la LJar au nom de la lutte contre les jeux d’argent. Ses arguments contre les jeux d’argent sont pertinents, et je les partage : ce sont des activités qui aggravent les inégalités (ils appauvrissent les plus pauvres), génèrent des problèmes de santé publique (l’addiction au jeu, qui touche surtout les plus faibles) et des risques en lien avec le crime organisé, notamment le blanchiment d’argent. Idéalement, il faudrait donc qu’il n’y ait pas de jeux d’argent. Mais ce n’est pas la question posée au peuple.

Premièrement, la question de l’existence des jeux d’argent a déjà été tranchée dans les urnes. En 1999, le peuple et les cantons ont inscrit les casinos dans la Constitution, mais avec un principe important (aujourd’hui allègrement violé par les casinos en ligne étrangers qui combattent la LJar) : une part de leur bénéfice doit aller à l’AVS. Ensuite, en 2012, le peuple et les cantons ont validé à nouveau le principe de l’existence de jeux d’argent, y compris en ligne, à condition que leurs bénéfices aillent à l’utilité publique (AVS pour les casinos, sport pour les paris sportifs, culture, action sociale et sociétés locales pour les lotos et loteries).

Deuxièmement, un refus de la LJar n’entraînerait pas la suppression des jeux d’argent, y compris en ligne. Au contraire, les anciennes lois, moins protectrices et moins restrictives, resteraient en vigueur. Et les casinos en ligne étrangers auraient toujours le champ libre pour faire des bénéfices sur le dos des joueurs suisses sans reverser un centime à l’utilité publique dans notre pays. Leurs parts de marché continueraient à augmenter au détriment des offres comme celles de la Loterie Romande. Il y aurait donc plus de jeux d’argent, mais moins de contrôles, moins de prévention, moins de mesures contre le blanchiment d’argent ou les paris truqués… et moins d’argent pour l’utilité publique. Refuser la LJar en pensant restreindre les jeux d’argent est donc un mauvais calcul.

Le 10 juin, pour stopper la déferlante des casinos en ligne étrangers et garantir que les jeux d’argent financent le bien commune : OUI à la LJar !

Loi sur les jeux d’argent (LJar) : réponse aux arguments des opposants

Les opposants à la nouvelle loi sur les jeux d’argent (LJar) répandant pas mal de contrevérités assez gratinées. Voici quelques éléments de réponses à leurs principaux arguments: Continuer la lecture

Loi sur les jeux d’argent : défendons les sociétés locales, l’AVS, le sport et les œuvres de bienfaisance

Les sociétés locales, les sportives et les œuvres de bienfaisance jouent un rôle important pour la cohésion sociale. Pour se financer, elles comptent souvent sur les lotos ainsi que sur les contributions de la Loterie Romande ou du Sport Toto. Or, en Suisse, suite à une décision populaire prise par plus de 87% de oui en 2012, les bénéfices des jeux d’argent doivent aller au bien commun : les petites loteries et lotos doivent bénéficier aux sociétés locales, les grandes loteries (comme la Loterie Romande) et les organisateurs de paris sportifs doivent reverser la totalité de leurs bénéfices au sport, à la culture et aux projet sociaux. Quant aux casinos, un minimum de 40% de leur bénéfice va à l’AVS… sans oublier les impôts qu’ils paient aux communes et cantons où ils se trouvent.

Malheureusement, cette solution de bon sens est menacée par l’irruption des casinos en ligne étrangers. Continuer la lecture

Loi sur les jeux d’argent : casinos contre casinos

En mars 2012, le peuple et les cantons votaient par plus de 87% de oui un nouvel article constitutionnel stipulant que les bénéfices des jeux d’argent doivent aller au bien commun. Les petites loteries sont réservées aux sociétés locales, les grandes loteries à des monopoles cantonaux comme la Loterie Romande (LoRo) qui reversent la totalité de leurs bénéfices à des projets d’utilité publique et les paris sportifs au sport toto qui utilise les bénéfices à la promotion du sport. Quant aux bénéfices des casinos, entre 40 et 80% doivent être reversés à l’AVS (pour les casinos B, une partie va au canton). Les casinos sont en outre imposés sur leur bénéfices nets par la Confédération, les cantons et les communes, comme n’importe quelle autre entreprise. En 2014, l’AVS a ainsi touché plus de 286 millions de francs grâces aux casinos suisses. L’article constitutionnel prévoit par ailleurs un système de concession et exclut donc tout libre marché en matière de jeux d’argent. Voilà le cadre à respecter.

Or, ce cadre, les casinos en ligne et loteries en ligne étrangers ne le respectent pas. Continuer la lecture

Renforcer l’#AVS pour les personnes à bas revenus. 2x Oui à #PV2020! #CHvote

Même si notre AVS va bien mieux que ne le souhaiteraient ses détracteurs, il faut se rendre à l’évidence : la pyramide des âges générera bientôt des déficits. Le constat est le même pour les caisses de pensions, qui affrontent d’importantes difficultés ; beaucoup font passer leurs assurés actifs à la caisse pour pouvoir garantir les rentes. Une réforme est donc nécessaire. Mais l’échec des précédentes tentatives de réduire les prestations montre qu’une telle réforme n’a de chance que si elle est équilibrée, c’est-à-dire si elle garantit le niveau des rentes, évite une augmentation de l’âge de la retraite à 67 ans et améliore les prestations là où c’est nécessaire. « Prévoyance-vieillesse 2020 » (PV2020) réussit ce tour de force. Continuer la lecture

Les progrès sociaux que l’on obtiendra qu’avec un OUI à PV2020

Même si un des objectifs de la réforme est de stabiliser les finances de l’AVS et des caisses de pensions, PV2020 contient quelques avancées sociales majeures, qui seront irrémédiablement perdues en cas de NON, car les opposants les refusent. Beaucoup d’entre elles bénéficient directement aux personnes à bas revenus ou travaillant à temps partiel, souvent des femmes. Voici ces améliorations :

  • Facilitation de la retraite flexible dès 62 ans, spécialement pour les bas revenus.
  • Meilleur accès au deuxième pilier, donc de meilleures rentes pour les personnes à bas revenu ou travaillant à temps partiel.
  • Augmentation des nouvelles rentes AVS de 840.—Fr. par an au minimum, 2712.—Fr./an au maximum cas de rente de couple.
  • Augmentation de l’imposition des très hauts revenus via l’augmentation des cotisations AVS (0,3%). Afin de vérifier qu’il s’agit bien d’une mesure de redistribution des richesses, voir l’exemple ci-dessous.
  • Meilleure protection des chômeurs âgés, qui pourront rester assurés auprès de la caisse de pension de leur ancien employeur et ne pourront pas être forcé d’épuiser leur épargne-retraite… avant l’âge de la retraite.
  • Augmentation de la participation des touristes au financement des retraites: en effet, ils paient environ 10% des recettes de la TVA.

 

Exemples de calcul qui montrent que PV2020 améliore la redistribution des richesses et est très « rentable » pour les assurés des classes moyenne et modeste, y compris les jeunes.

Exemple 1:

Travailleur âgé de 25 ans au moment de l’entrée en vigueur de PV2020, salaire mensuel moyen sur toute sa carrière de 4500.—Fr., décède à 80 ans.

Somme totale des cotisations AVS supplémentaires (0,15% sur 40 ans) : 3240.—Fr.

Rente AVS supplémentaire (70.—Fr./mois sur 15 ans) : 12’600.—Fr.

Gain net : 9’360.—Fr.

Exemple 2:

Avocat d’affaire indépendant âgé de 45 ans au moment de l’entrée en vigueur de PV2020, revenu annuel moyen sur toute sa carrière : 500’000.—Fr., décède à 85 ans.

Somme totale des cotisations AVS supplémentaires (0,3% sur 20 ans) : 30’000.—Fr.

Rente supplémentaire (70.—Fr/mois. sur 20 ans) : 16’800.—Fr. (dont 40% repart aux impôts !)

A financé l’AVS « à fonds perdus » à hauteur de 13’200.—Fr.

 

L’AVS, c’est décidément génial : les bas revenus profitent et les riches paient. Les 70.—Fr. de rente supplémentaire prévus par PV2020 sont rentables même pour les jeunes et sont surtout financés par les personnes très aisées.

 

2xOUI à PV2020 !

Pour en finir avec l’argument : « Ce sont les jeunes qui vont payer ! »

Les opposants à la réforme des retraites PV2020 n’ont pratiquement qu’une seule stratégie : monter les générations les uns contre les autres en faisant croire aux jeunes « que c’est eux qui vont payer » une réforme qui « ne leur apporte rien ». C’est faux, archi-faux. Et c’est facile à démonter : Continuer la lecture

Mais pourquoi les gens très aisés ne veulent-ils surtout pas toucher 70.- d’AVS en plus ?

Ces derniers temps, plusieurs ténors de la droite, M. Lüscher en tête, sont monté au créneau contre PV2020, arguant qu’ils n’ont « pas besoin » de l’augmentation de 70.- de toutes les nouvelles rentes AVS. C’est vrai que, vu leurs revenus, ils n’en ont pas besoin. Ainsi, il est vrai que 70.—Fr. de plus ou de moins à la fin du mois dans le porte-monnaie de M. Lüscher, qui expliquait il y a quelques années « gagner plus qu’un conseiller fédéral » (donc au bas mot 500’000.—Fr. par an), ne changeront pas grand’chose à son pouvoir d’achat. Mais ce n’est pas pour cette raison qu’il combat PV2020. Ce n’est pas à cause de l’augmentation des nouvelles rentes, mais plutôt à cause de leur financement. En effet, en augmentant les cotisations salariales de 0,3% (dont 0,15% seulement à la charge des salariés) et en s’appuyant sur le fort effet de redistribution des richesses de l’AVS, la réforme des retraites fait supporter l’essentiel de l’effort de financement supplémentaire par les très hauts revenus.

Voici un petit exemple pour s’en rendre compte :   Continuer la lecture

PV2020 ne « punit » pas les retraité-e-s ! 

La droite dure mène campagne contre PV2020 en prétendant que cette réforme « trahit » les jeunes et « punit » les retraités. L’UDC (ici Toni Bortoluzzi), toujours prompte à monter les catégories sociales les unes contre les autres et à pousser les gens à refuser toute amélioration des prestations sociales au motif qu’ils n’en bénéficient pas personnellement, est bien entendu à la pointe de cette argumentation. Mais elle est, et c’est aussi curieux qu’inquiétant, rejointe par l’extrême gauche. Celle-ci rejette l’augmentation des rentes AVS, soit, comme l’AVIVO, au nom de pseudo-principes qu’elle est incapable de définir comme « l’universalité de l’AVS », soit, et c’est moins glorieux, pour des raisons aussi individualistes que bassement matérialistes (plusieurs retraités qui se disent « de gauche » m’ont affirmé qu’ils voteraient non parce qu’ils ne bénéficieront pas personnellement des 840.-Fr. d’augmentation annuelle des rentes AVS). Avec ce genre de raisonnement bancal, il serait p. ex. impossible de défendre une augmentation des allocations familiales, car ce serait injuste pour ceux qui n’ont pas ou plus d’enfants à charge… Mais ces réactions montrent que l’argumentation de l’UDC, fondée sur la jalousie entre les classes sociales (« ne rien donner aux retraité-e-s actuels, c’est les « punir » ! ») et sur l’individualisme forcené (« si j’en profite pas personnellement, je dis non »), s’est immiscée très profondément dans les esprits, y compris à gauche. Continuer la lecture

2x Oui à PV2020, le bon compromis pour réformer nos retraites et renforcer l’AVS 

Le 24 septembre, nous votons sur « prévoyance-vieillesse 2020 » (PV2020) un des projets les plus importants de la législature en matière de politique sociale. On peut dire carrément que c’est l’une des réformes majeures de la décennie. Il s’agit d’une part de renforcer l’assise financière de notre système de retraites, mais aussi de déterminer si nos assurances sociales doivent être organisées sur la base d’un système solidaire et public qui répartit les richesses ou favoriser plutôt la prévoyance individuelle privée, inégalitaire… et dont une part importante disparaît dans les poches des assureurs privés.

PV 2020 est nécessaire, car, c’est indéniable, notre système de retraites doit être réformé. Continuer la lecture