Haro sur le Haury

Aujourd’hui, M. Haury, député libéral exclu de son parti et passé chez les pronucléaires d’écologie libérale, développait sa motion pour que les écoles testent systématiquement si leurs élèves ont consommé du Cannabis. Si toutefois ils parviennent pour en consommer à se soustraire du champ des caméras de surveillance que demandent M. Haury et ses amis 😉 …

Mais il n’y a pas eu de débat: M. Haury n’a pas jugé bon de débattre de son texte et l’a fait renvoyer séant en commission. Il a probablement jugé que le débat n’était pas nécessaire, puisqu’il s’est déroulé hors-parlement, par médias interposés.
Je veux pour autre preuve que cette proposition de M. Haury n’était faite que pour épater la galerie (ce qui est, il faut l’admettre, une réussite totale, sa proposition ayant notamment fait la une du matin orange) cet extrait du rapport du préposé fédéral à la protection des données et à la transparence concernant les tests obligatoires de dépistage de la consommation de cannabis auxquels certaines entreprises soumettent tous leurs apprenti-e-s, voire tou-te-s leurs employé-e-s de moins de 40 ans (p. ex. les CFF).

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Journée de la formation professionnelle: Doris se la coule douce

Aujourd’hui, c’est la « journée de la formation professionnelle ». Ce matin, la Confédération, les cantons, les partis et les partenaires sociaux étaient invités à la « conférence sur les places d’apprentissage » par Mme Leuthard. Ce grand raout (3ème du nom) n’a accouché, malgré la pénurie persistante des places d’apprentissage, que de deux mesurettes: un ligne téléphonique de soutien aux entreprises formatrices (bonne idée, mais que la plupart des cantons ont déjà eu avant, dans le canton de Vaud, c’est sur: http://www.orientation.vd.ch/ ) et le « case management+ ». Qui succède au « case management » tout court de l’an passé. Pour l’an prochain, on attend avec impatience le « case management super+ » et le « case managmenent multivitaminé » pour l’année d’après. Tout ça, c’est fort utile (de nombreux jeunes ont véritablement besoin d’un soutien individualisé), c’est bien joli, mais ça ne crée pas la moindre place de formation. Les participant-e-s de cette journée ne sont pas entrés en matière sur les propositions de l’USS de créer 5000 places de formation en écoles des métiers et exigeant de la CDIP de retirer son préavis négatif sur les fonds cantonaux pour la formation professionnelle (qui pourtant fonctionnent à merveille dans tous les cantons qui les ont instaurés). Conclusion: il y a fort à craindre que Mme Leuthard ait fini par se laisser gagner la molesse son prédécesseur.

Les 8400

Non, ce n’est pas le titre d’une nouvelle série télévisée. 8400, c’est le (petit) nombre de contribuables qui profiteront de la «réforme de l’imposition des entreprises II», sur laquelle nous voterons en février prochain. Pourtant, les milieux économiques nous promettent que «cette réforme est indispensable aux 300’000 PME de Suisse» et que «toutes les PME, donc l’emploi, donc tout le monde, en profiteront». Ces chères PME…

Malheureusement, ce cadeau fiscal (car c’est bien de cela qu’il s’agit) ne profitera pas aux PME, mais à une petite minorité de (très) gros actionnaires d’entreprises qui ne sont d’ailleurs pas des PME, parmi lesquels on compte les enfants de M. Blocher ou les héritiers de Roche.

Je m’explique. Le cadeau fiscal soumis au peuple en février baisse l’impôt sur les dividendes, lesquels ne seront plus imposés qu’à 60%. Ce qui est déjà choquant en soi, car les salariés continueront, eux, à payer des impôt sur le 100% de leur revenu. Pour bénéficier de cette réforme, une PME doit être organisée en société de capital (p. ex. SA ou SàRL). Or, moins de 45% le sont. Mais ce n’est pas tout. Pour profiter de ce rabais d’impôt, il faut posséder au moins 10% du capital de l’entreprise. Ce qui ramène le nombre de contribuables bénéficiaires à 60’000 seulement, ce qui n’est déjà pas beaucoup si l’on compare avec les 4,5 millions de contribuables suisses.

Et ce n’est toujours pas fini. Pour profiter réellement du cadeau fiscal, il faut un gain imposable. Or, à peine 14% des sociétés concernées font un bénéfice supérieur à 50’000.—Fr. Les autres ne font soit pas de bénéfice, soit un bénéfice trop marginal pour que la baisse d’impôt soit intéressante. Ce qui ne laisse que 8400 bénéficiaires.

Passons aux perdants: La réforme de l’imposition des entreprises II privera chaque année la Confédération et les cantons de 500 millions de francs et l’AVS de 150 millions. En effet, les chefs d’entreprises seront incité à se verser des dividendes (non soumis aux cotisation à l’AVS) plutôt qu’un salaire (soumis aux cotisations) pour bénéficier du rabais d’impôt. Bref, un cadeau fiscal qui vide les caisses de l’Etat et des assurances sociales au profit d’une infime minorité (moins de deux contribuables sur mille!) ne peut qu’être refusé.

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Grève et paix

La grève fait la une des médias. En France, mais aussi en Suisse, notamment dans le bâtiment, après les épisodes de la Boillat ou de Crossair. J’ai été invité ce matin sur les ondes de RSR la première pour expliquer le droit suisse de la grève dans l’émission «on en parle» (durée 6’30 »), puis ce soir sur TSR1, pour en débattre du droit de grève et de la paix du travail avec un représentant patronal.

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(cliquer sur l’image pour voir le débat)

Je profite de l’occasion pour publier ici un article que j’avais écrit l’an passé pour «infrarouge» journal de la jeunesse socialiste suisse, sur le thème de la paix du travail.

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Le 9 novembre 1932: plus jamais ça!

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Il y a aujourd’hui 75 ans, l’armée tirait sur une manifestation ouvrière antifasciste, tuant 13 personnes et en blaissant des dizaines d’autres. Cette manifestation était oragnisée par les syndicats et les socialistes pour protester contre la montée des mouvements fascistes, très présents à Genève sous la houlette de Georges Oltramare. La troupe, une compagnie composée de jeunes recrues inexpérimentées, était commandée par le vaudois Raymond Burnat, qui fondateur des groupements patronaux.

Les syndicats et les partis de gauche genevois organisent comme chaque année une manifestation (vers la pierre commémorative sur la plaine de Plainpalais) en hommage aux victimes et pour rappeler que le danger fasciste reste d’actualité. Manifestation à laquelle je ne peux malheureusement pas me rendre, pour cause de campagne électorale pour le 2ème tour de l’élection au conseil des Etats.

Créer des places d’apprentissage sans passer par des allégements fiscaux

Le grand conseil vaudois a accepté aujourd’hui le postulat de l’ancienne députée Odile Jaeger-Lanore «pour la valorisation et le développement des filières de formation professionnelle». J’ai soutenu ce postulat qui préconise plusieurs mesures utiles pour encourager les entreprises à former plus d’apprenti-e-s. Le conseil d’Etat a d’ailleurs déjà mis certaines de ces mesures en application (notamment une promotion plus intensive de la formation professionnelle auprès des entreprises) et en prévoit d’autres dans le cadre de la révision de la loi vaudoise sur la formation professionnelle. Bon nombre de ces mesures sont aussi préconisées par une étude commandée par l’office zurichois de la formation professionnelle publiée en août dernier. Cette étude de Jacqueline Grigo et Emil Wettstsein (en allemand seulement), deux spécialistes reconnus de ce domaine, est consacrée aux mesures pour éviter que les entreprises renoncent à former. Parmi ces mesures, on compte notamment un meilleur encadrement tant des entreprises formatrices que des apprenti-e-s en difficulté, une meilleure information à l’intention des entreprises, des jeunes et de leur familles, une professionnalisation de la surveillance de l’apprentissage et la création d’années d’apprentissage de base. Ces mesures ont leur coût et l’Etat ne pourra pas faire autrement que de l’assumer, pour améliorer la qualité de la formation professionnelle. La pénurie de places d’apprentissage qui sévit actuellement est en effet suffisamment grave, à la foi pour les jeunes concernés que pour les entreprises qui commencent à manquer de main d’œuvre, pour que nous ne laissions pas entraîner par une logique de comptes d’épicier.
C’est là qu’intervient le seul point problématique du postulat Jaeger-Lanore, qui préconise entre autres des allégements fiscaux pour les entreprises formatrices. Je m’oppose à cette proposition. En effet, les allégements fiscaux, outre le fait qu’ils profitent d’avantage aux grosses entreprises, alors que ce sont surtout les PME qu’il faut encourager, privent l’Etat de moyens dont il a besoin pour financer d’autres mesures nettement plus efficaces pour inciter les entreprises à former.

Vers une reconquête socialiste

Le parti socialiste suisse a quatre ans pour regagner l’électorat et les sièges perdus le 21 octobre dernier. Suite à ma réaction à chaud, voici quelques pistes que je tire des réflexions et discussions de ces derniers jours, notamment des commentaires postés sur mon blog.
La reconquête doit être l’œuvre des socialistes eux-même. Car ce n’est pas seulement le budget de campagne de l’UDC ou l’aide indirecte d’Al Gore et de Nicolas Hulot aux verts qui ont coulé le PSS. Mon parti doit sa défaite avant tout à lui même. Et retrouver un profil clair et facile à comprendre. Hans-Jürg Fehr l’a d’ailleurs bien dit dans la Wochenzeitung de la semaine passée: «L’électeur sait tout de suite que UDC = contre les étrangers et verts = pour le climat. Mais PS= ?, il n’en sait rien…».
La reconquête doit à mon avis s’articuler sur trois axes: présence gouvernement, défensive et offensive.
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Les simpson décodent les méthodes de l’UDC

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Un élu est incapable de résoudre un problème politique. Pour noyer le poisson, il fait porter le chapeau… aux immigrés illégaux. Et organise une votation pour les expulser. Ici, il s’agit de Joe Quimby, maire de Springfield, dans l’épisode « j’y suis, j’y reste » (much Apu about nothing, saison 7 Episode 23). Toute ressemblance avec un parti xénophobe qui vient de gagner les élections fédérales est voulue.

Il ne faut jamais, mais alors jamais, faire des économies sur le dos de la formation.

Hier, deux nouvelles (pénurie de médecins, pénurie de mécaniciens) ont une fois de plus mis au grand jour que les économies en matière de formation ne sont jamais une bonne idée. Et donnent un avant-goût de ce à quoi va ressembler notre pays suite à la défaite électorale du PSS. Car, l’influence de l’UDC allant croissant, les programmes d’économie et les cadeaux fiscaux privant l’Etat de moyens vont aller en augmentant. L’UDC ne souhaitait en effet qu’une augmentation minimale (4,5%, alors que les socialistes voulaient 10%) des crédits à la formation et présente aujourd’hui ses propositions de coupes dans les budgets de l’Etat.
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Débâcle du PSS: Réaction à chaud

Le PSS vient de subir une débâcle. C’est la première fois que le PSS perd des plumes (9 sièges, c’est même plus que des plumes!) parce que l’UDC gagne.
Quelques constations à chaud:
• L’UDC gagne grâce à l’argent. Le parti de M. Blocher a investi plus de 10, si ce n’est 15 millions pour sa campagne. La preuve que les millionnaires sont de son côté. L’UDC le leur rend bien, d’ailleurs, elle qui revendique de nouveau cadeaux fiscaux en faveur des gros actionnaires et des gens fortunés. En outre, elle refuse toute transparence au sujet de ces montants et de ses donateurs, et la majorité bourgeoise a refusé une proposition socialiste souhaitant instaurer une certaine transparence.
• Le PS n’a pas su vendre ses succès. Or, il y en a eu quelques-uns: l’assurance maternité, l’harmonisation des allocations familiales, la taxe sur le C02, le soutien aux énergies renouvelables le renforcement des mesures d’accompagnement à la libre circulation des personnes et de la lutte contre la sous-enchère salariale.
• Le PS n’a pas réussi se profiler comme un parti d’opposition et à capitaliser ses succès en tant qu’opposition: Nous avons largement gagné sur les votations-phares de la législature (11ème révision de l’AVS, paquet fiscal) et fait obstacle au programme néo-libéral de la majorité UDC-PRD du conseil fédéral, mais ne sommes pas parvenu à transformer ces succès majeurs en suffrages.

• Le PS n’avait pas de stratégie clair au sujet de l’élection au conseil fédéral. D’abord contre M. Blocher, puis pour le PDC, puis contre M. Merz. Bref, quand le discours n’est pas clair, l’électeur y perd son latin. Et ne vote pas.
• Le PS ne perd pas lorsqu’il est profité à gauche et proche des syndicats (VD, JU, FR), mais prend une claque là où il tente de se profiler au centre et de donner l’avantage aux pseudo «modernistes» (BE, ZH).
• Forte de sa victoire l’UDC, va dicter le ton. Elle va mettre son programme en application:
o Coupes dans les rentes AVS, hausse de l’âge de la retraite (des femmes, puis de tout le monde), coupes dans les prestations de l’assurance-maladie de base…
o Baisses des salaires, pas de lutte contre la sous-enchère salariale
o Cadeaux fiscaux à gogo, pour les gros actionnaires, les grosses fortunes, les managers et les hauts revenus en général. Et bien sûr, programmes d’économies dans les finances publiques à ne plus savoir qu’en faire…
o Frein aux (pourtant modestes) réformes écologiques en cours, construction de centrales nucléaires.
o    Des attaques contre le service public: privatisation de swisscom, puis de la SUVA, de la poste.
o    Recul de l’égalité de chances, entre les femmes et les hommes, entre les milieux modestes et aisés…

Le PS aura malheureusement moins de député-e-s au conseil national pour s’y opposer.
• Là où les radicaux et les libéraux s’allient avec l’UDC, cette alliance ne profite qu’aux blochériens. Ainsi, l’UDC obtient un siège par surprise au JU suite à une alliance avec le PRD, radicaux et libéraux vaudois se cassent la figure et l’UDC vaudoise, qui n’a plus rien d’agrarienne, en tire tous les bénéfices.