Divergences de vue sur l’aide à la création d’entreprises

Les débats d’hier au grand conseil ont à nouveau montré à quel point la droite bourgeoise se soucie peu des petites entreprises. Une proposition socialiste pour développer le micro-crédit a été en effet balayée, dans un rapport purement gauche + verts contre droite.
Pourtant, le micro-crédit est un instrument efficace pour soutenir la création d’entreprise, notamment par des chômeurs ou des personnes à l’aide sociale. Mais, pendant toute la durée des débats, les arguments de la majorité n’ont tourné qu’autour du refrain «ce n’est pas à l’Etat de s’en mêler». La droite s’en tient donc à ses méthodes: baisser les impôts des actionnaires des grandes entreprises, tout en prétendant bien entendu que ces mesures «aident les PME». Un nouvel exemple de réforme-miracle se trouve dans le paquet fiscal du gouvernement vaudois: seules 50 grandes entreprises se taillent une part de 50% du gâteau de la réduction de l’impôt sur le capital. Autant dire qu’une fois encore, les vraies PME n’en toucheront que des clopinettes et que cette mesure ne créera pas le moindre emploi.
Et lorsque le PS vient avec des propositions intelligentes et dont l’efficacité est unanimement saluée, les œillères idéologiques restent en position.

Des oeuvres pour le musée de Bellerive

Hodler - Bleu Léman - 1904 -2.JPG

On a (enfin) commencé à montrer les oeuvres superbres- comme ce magnifique Hodler représentant le golfe de Cully- qui croupissent dans les caves du canton parce qu’on ne peut les exposer, faute de lieux adaptés. Pour lesquelles il faut absolument construire le nouveau musée cantonal des Beaux-Arts de Bellerive. A moins bien entendu que l’on ne préfère garder ces oeuvres à l’abri des regards, ou, dans le cas des collections qui seront données à l’Etat si le musée se fait d’ici à la fin de l’année, les laisser être vendues à des privés, pour qu’elles ne soient vues que dans les cercles confidentiels d’initiés.

En dévoilant une partie de ces oeuvres, le Conseil d’Etat fait un pas important pour convaincre la population de l’importance et de l’utilité de ce musée. Jusqu’à maintenant, le débat avait surtout tourné autour de photo-montages sur lesquelles on s’est contenté de remplir de gris les gabarits. Maintenant, on sait ce que contiendra le futur musée. Et ça fait envie.

La démocratisation de la culture, ce n’est pas seulement faire en sorte que les chefs-d’oeuvre appartiennent aux collectivités puliques. C’est aussi, et surtout, les montrer et les rendre accessible à toutes et tous.

Le dossier complet sur le site de l’Etat.

Interpellation sur le travail temporaire à l’Etat de Vaud

Voici le texte d’une interpellation que j’ai développé aujourd’hui au grand conseil:

L’Etat de Vaud aurait signé un accord de partenariat et d’exclusivité avec la société Manpower SA pour l’engagement de personnel temporaire.
Etant donné que, lors d’une location de services, le contrat de travail est en général conclu entre le travailleur et le bailleur, il n’est pas sûr qu’un tel accord respecte la loi sur le personnel de l’Etat. Un accord de partenariat exclusif pourrait en outre découler de la volonté d’augmenter la part du travail temporaire à l’Etat, et ce sur le long terme.

J’ai donc l’avantage de poser au Conseil d’Etat les questions suivantes :

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Entrepreneur plutôt que chômeur: vive le micro-crédit!

Lorsqu’on entend «microcrédit», on pense souvent «tiers-monde». Cette méthode de soutien à la création de petites entreprises y est en effet très répandue. Mais on sait moins que le microcrédit est aussi en plein essor dans les pays développés, et que son rôle y est appelé à se renforcer.
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Places d’apprentissage: L’OFFT crie victoire trop vite.

Hier, l’OFFT a publié son bisannuel «baromètre des places d’apprentissage», qui comporte quelques résultats réjouissants. Ce qui permet à l’office de crier victoire en parlant de «détente» sur le marché des places d’apprentissage.  C’est malheureusement loin d’être la réalité, comme le révèle une analyse approfondie des chiffres du baromètre.

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Fumée passive: les cantons peuvent persévérer

Le conseil national vient de prendre la décision d’autoriser les cantons à adopter une législation plus stricte en matière de lutte contre la fumée passive. Heureusement. Car on était pas loin d’une législation fédérale contraignante pour les cantons, mais truffée d’exceptions à l’interdiction de fumer dans les lieux publics, en particulier sur les lieux de travail.

En effet, la majorité de droite de la chambre du peuple avait adopté une série d’exceptions qui auraient vidé l’interdiction de fumer de sa substance: fumoirs, possibilités de créer des établissements fumeurs ou des zones « fumeurs » avec service dans la plupart des restaurants. Leur patrons n’auraient eu qu’à démontrer qu’une séparation entre fumeurs et non-fumeurs  » ne peut pas être exigée raisonnablement ». La protection de la santé du personnel de l’hôtellerie-restauration (dont les conditions de travail sont déjà déplorables) aurait été réduite en peau de chagrin. Cette loi, qui fait la part belle aux revendications des cafetiers-restaurateurs, aurait été véritablement catastrophique si elle avait été contraignante pour les cantons: Les initiatives contre la fumée passive adoptée récemment à Genève et en bonne voie de l’être bientôt dans le canton de Vaud auraient été rendues caduques, purement et simplement. Il n’en sera par bonheur pour le moment rien. Espérons que les Etats suivront.

les libéraux et leur(s) ligne(s)

Aujourd’hui au grand conseil, le parti libéral a laissé entendre que sa ligne n’est pas aussi limpide qu’elle le devrait. Ainsi, son chef de groupe Jean-Marie Surer a annoncé qu’il soutenait une résolution concernant le prix du lait, bien qu’il s’agisse «d’un objet fédéral». Or, il y a quelques semaines, lorsque le grand conseil débattait de deux résolutions, une contre le contre-projet à l’initiative de l’UDC sur la santé, l’autre contre l’initiative de l’UDC sur les naturalisations arbitraires, M. Surer avait annoncé que son groupe refuserait de soutenir ces résolutions, non pour des questions de fond, mais parce qu’il s’agissait «d’objets fédéraux qui ne concernaient en rien le parlement vaudois». Allez y comprendre quelque chose.

J’ose cependant une explication: Les deux résolutions concernant les votations étaient dirigées contre l’UDC, encombrant allié du parti libéral. Peut-être était-il difficile des les accepter sans fâcher le parti blochérien?

Quelle(s) recette(s) pour les fusions de communes?

Mardi, le grand conseil se prononce sur un postulat demandant un rapport sur les fusions de communes. Et, hier, le conseil d’Etat a présenté un projet de modification de la loi sur les fusions, afin notamment d’augmenter la subvention cantonale aux communes fusionnées. Mais je m’intéresse surtout aux fusions grâce au projet de réunification des 5 communes de Cully, Epesses, Grandvaux, Riex et Villette, relancé après un premier échec, et dont j’ai le plaisir et l’honneur de présider la commission thématique consacrée aux prestations et aux questions de personnel.

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Vote électronique: attention, danger

Le vote électronique est à la mode, le canton de Genève se prépare à voter sur son introduction. Mais il faut espérer qu’il ne se répande pas. En effet, aucun informaticien ne pourra jamais en garantir la sécurité totale. Un vote doit être absent de toute manipulation, mais aussi de tout soupçon de manipulation, sans quoi les citoyens, déjà peu nombreux à se rendre aux urnes, ne manqueront pas d’accentuer leur méfiance envers une classe politique dont la légitimité pourrait être attaquée par cette brêche. Lors d’un vote papier, n’importe qui peut (re)compter les bulletins. Lors d’un vote électronique, ses organisateurs se réfugient derrière des algorythmes invérifiables pour le commun des mortels. Un serveur qui plante, un pirate informatique plus malin que les autres et c’est tout un scrutin qui disparaît ou, pire, est faussé.
En outre, on peut mettre sérieusement en doute l’affirmation comme quoi un vote rendu « plus facile » par l’emploi du vote électronique attire aux urnes des catégories qui ne s’y rendent que peu, par exemple les jeunes. Voter n’est pas un acte anodin et la « sacralisation » que représente le bulletin en papier, l’enveloppe et le rituel du remplissage permet à l’électeur de s’en rendre compte et de prendre au sérieux cet acte important.

Si le projet genevois devait passer la rampe et s’exporter dans notre canton, je m’y opposerais au grand conseil.

Des commissions thématiques pour un parlement moderne

Le grand conseil entame demain la première lecture de l’exposé des motifs et projet de décret GC 56 généralisant les commissions thématiques. Il s’agit d’un objet assez technique, pour lequel j’ai eu l’occasion de participer aux travaux de la commission, et qui concerne avant tout le parlement lui-même. Mais ses enjeux dépassent à mon avis largement la simple cuisine interne du grand conseil et justifient bien un billet sur mon blog. d’autant plus que j’ai participé aux travaux de la commission. Un premier débat il y a plus d’une année (le nouveau grand conseil n’était alors pas encore entré en fonction) avait d’ailleurs été assez épique. En effet, il en va de l’efficacité du parlement, de son poids face au gouvernement et du professionnalisme (pas de la professionnalisation!) des député-e-s.

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