Initiative contre la fumée passive: pourquoi s’encombrer d’un contre-projet?

Le Conseil d’Etat souhaite opposer un contre-projet à l’initiative « fumée passive et santé« , qui préconise l’interdiction de la fumée dans les lieux publics. Le contre-projet permettrait entre autre l’installation de fumoirs, fermés, ventilés et sans service. Favorable à l’initiative, je regrette ce contre-projet et plaiderai au grand conseil pour que l’initiative seule soit soumise au peuple. Rapidement.

En effet, les fumoirs ne sont pas une solution praticable. D’une part, il n’est de loin pas sûr que la technique permette d’installer une ventilation suffisamment efficace pour que la fumée ne se répande pas dans tout l’établissement. Et, dans tous les cas, de telles installations seront certainement hors de prix, ce qui provoquerait une discrimination entre les cafetiers qui ont les moyens de la financer et les autres. Mais surtout, prétendre que ces fumoirs seront « sans service » est un leurre. Certains cafetiers auront beau jeu d’y envoyer leurs employés sur base « volontaire », en leur faisant comprendre que, s’ils ne sont pas « volontaires », d’autres le seront certainement… Or, le personnel des établissements de l’hôtellerie restauration paie un lourd tribut à la fumée passive.

Enfin, il y a malheureusement fort à parier que la loi d’application du contre-projet servira les intérêts des adeptes des manoeuvres dilatoires pour retarder l’entrée en vigueur de l’interdiction de fumer dans les lieux publics. Mis sous pression par les excellents résultats des initiatives populaires sur ce sujet, notamment l’écrasante victoire de l’initiative genevoise (par 79,2% de « oui »), les milieux de l’hôtellerie-restauration font en effet tout pour retarder l’inéluctable.

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