Série d’été sur le vote électronique (3)

Aujourd’hui, je décortique un autre mythe qui circule à propos du vote électronique:

3. Le vote électronique pousse les jeunes à voter

Selon les partisans du vote électronique, ce serait l’instrument miracle pour pousser les jeunes à voter. On sait en effet que les classes d’âge les plus basses sont celles qui participent le moins aux votations et élections. Continuer la lecture

Abus des stages : la solution passe plutôt par l’application du droit en vigueur… et l’amélioration générale du droit du travail

Cela fait maintenant plusieurs années que les organisations de jeunesse, notamment la jeunesse socialiste ou les jeunesses syndicales, mettent le doigt sur l’augmentation des abus des stages. Il faut dire que, malgré la bonne santé de l’économie et du marché du travail, ces abus croissent. De nombreux employeurs profitent d’une main d’œuvre très bon marché, pour ne pas dire quasi-gratuite. Cette main d’œuvre d’autant plus motivée qu’on lui fait souvent miroiter un « vrai » emploi après le stage. Ou alors, parce qu’elle a bien compris que le passage par la case « stage » devient de plus en plus un préalable obligatoire à l’obtention d’un vrai emploi… ou d’une vraie place de formation. Continuer la lecture

La complainte du vieux ringard digital naïf

La campagne sur la nouvelle loi sur les jeux d’argent (LJar) aura été le théâtre d’une nouvelle bataille des générations : « les digital natives qui connaissent Internet parce qu’ils sont nés avec et vivent avec » vs. « les vieux ringards techno-analphabètes qui en sont encore au télétexte et qui, quand on leur parle de bit, pensent à autre chose ». Cette votation a aussi été le champ de la bataille entre les « experts-qui-savent » et « ces gros nuls de parlementaires qui ne pigent rien au numérique ». C’est en tout cas ce que certains ont voulu mettre en scène. Et les médias n’ont pas été en reste, eux qui, lors de la campagne sur « no billag », fantasmaient régulièrement sur les intentions de vote de la « génération Internet-Netflix qui n’a pas besoin d’un service public médiatique ». Mais ça, c’était avant que l’analyse post-votation ne démontre que les jeunes avaient encore plus voté contre « no billag » que les moins jeunes.

Revenons aux jeux d’argent. Continuer la lecture

Pour en finir avec l’argument : « Ce sont les jeunes qui vont payer ! »

Les opposants à la réforme des retraites PV2020 n’ont pratiquement qu’une seule stratégie : monter les générations les uns contre les autres en faisant croire aux jeunes « que c’est eux qui vont payer » une réforme qui « ne leur apporte rien ». C’est faux, archi-faux. Et c’est facile à démonter : Continuer la lecture

Les jeunes ne sont pas les dindons de la farce de la réforme des retraites PV2020 !

Après s’être essayé à la polémique xénophobe en s’attaquant aux rentes AVS versées hors de Suisse (et s’être pris un méchant retour de bâton quand les Suisses de l’étranger se sont aperçus que c’étaient surtout leurs rentes AVS qui étaient visées), les opposants à la réforme des retraites « prévoyance vieillesse 2020 » (PV 2020) tentent de souffler sur les braises de la « guerre des générations » en prétendant que la réforme se fait sur le dos des jeunes générations. Attiser les rancœurs des « jeunes » contre les « vieux » (et vice-versa) est malheureusement une méthode qui a souvent produit des résultats, on l’a vu lors de la campagne sur « AVS+ », même si, avec plusieurs de mes jeunes collègues parlementaires, j’avais déjà dénoncé fortement cette stratégie aussi irresponsable qu’indigne. Une petite mise au point s’impose donc. Continuer la lecture

Non à la guerre des générations!

Dans deux semaines, nous votons sur l’initiative populaire „AVS plus“. Cette initiative demande une augmentation des rentes AVS de 10% pour toutes les retraitées et tous les retraités. Même si cette revendication n’a rien d’exagéré et que son financement ne poserait aucun problème, les arguments des partisan-e-s de l’initiative se heurtent au mur de béton idéologique des médias helvétiques. Visiblement, cette initiative dérange. Mais voilà que cette campagne malhonnête atteint de nouveaux sommets : sous le titre cynique de « l’équité entre les générations », quelques titres en mal de publicité et une poignée de filles et fils-à-papa bourgeois allant des jeunes PLR à Opération Libero, tentent de déclencher une véritable guerre des générations (cf. les articles récents dans « Watson », le « Bilck » ou la « Schweiz am Sonntag »). Derrière ces attaques se trouvent bien entendu les assureurs privés, grands pourvoyeurs d’annonces dans les médias. Continuer la lecture

#grazienonna Arrêtez de dénigrer les retraités!

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Monter les jeunes contre les « vieux » ? Pas question !

Nous sommes choqués. Choqués en tant que jeunes et jeunes parents, que l’on se serve de nous pour, sous couvert de la « solidarité entre les générations », faire campagne contre une AVS forte. On prétend que « les jeunes » seraient contraints de « payer de plus en plus pour les rentes des vieux » et que cela « violerait le contrat entre les générations ». Cette argumentation est aussi fausse que perfide. Nous sommes extrêmement reconnaissants envers nos grands-parents et nos parents pour ce qu’ils ont fait et font toujours pour nous. Ils ont construit notre pays dans des temps difficiles : des infrastructures, un système éducatif, un système de santé public et des assurances sociales de grande qualité. Notre bien-être se base sur les décennies pendant lesquelles ils ont travaillé de manière acharnée. Et nous sommes reconnaissants pour ce qu’ils font toujours pour nous, par exemple quand ils nous aident à garder nos enfants. Les « vieux » ont largement mérité une retraite décente. Leur garantir une vieillesse dans la dignité, c’est notre devoir, et nous en sommes fiers. Nous sommes choqués que l’on se serve de notre génération pour mener la charge contre nos grands-mères, nos grands-pères, nos pères et nos mères. Continuer la lecture

Abus des stages : pas de bricolage !

Les abus des stages, qu’ils soient non-rémunérés comme dans certaines organisations internationales ou rémunérés au lance-pierre comme chez « Coop pronto », soulèvent des inquiétudes légitimes, car il s’agit bel et bien de sous-enchère salariale. Les jeunes verts ont ainsi lancé une pétition pour que les stages soient rémunérés, mais uniquement dès la 5ème semaine de travail. Ils demandent aussi de fixer des salaires minimaux, lesquels pourraient être plus bas dans les PME. Mais ce genre de bricolage législatif, si louables ses intentions soient-elles, est à mon avis contre-productif et risquerait surtout de dégrader encore un peu plus la protection non seulement des stagiaires, mais aussi de tous les travailleurs. Les solutions sont plutôt à chercher du côté d’une application stricte et intelligente du droit du travail en vigueur. Continuer la lecture

Bourses d’études : les disparités cantonales nuisent à l’égalité des chances

« Si vous trouvez que la formation coûte trop cher, essayer l’ignorance », disait Abraham Lincoln. Dans de leurs allocutions du 1er août ou crédos de campagne, la plupart des élus helvétiques tiennent peu ou prou le même discours : privée d’autres matières premières que la matière grise, la Suisse n’a pas d’autre choix que de miser sur l’éducation. Malheureusement, ces belles professions de foi ne résistent guère à l’épreuve des faits. Lorsqu’il s’agit de voter les crédits pour la formation et la recherche, PLR et UDC s’en remettent en effet bien vite à une austérité aussi idéologique que contre-productive. Ces tentatives de scier la branche sur laquelle notre économie est assise ont par bonheur échoué dans leur grande majorité et notre pays a pu faire le choix d’investir dans sa future prospérité.

Mais il est à craindre qu’une partie toujours plus grande de la population soit privée des bénéfices de ces investissements colossaux, car l’égalité des chances est menacée. Continuer la lecture

Les spécialistes de l’insertion professionnelle soutiennent le salaire minimum!

Le réseau Œuvre Suisse d’Entraide Ouvrière (OSEO) fait partie des spécialistes de l’insertion professionnelle et de l’économie sociale et solidaire. Dans 10 régions, nous organisons depuis plus de 75 ans des mesures d’insertion en lien avec l’assurance-chômage, l’aide sociale, l’intégration des migrant-e-s ou l’assurance invalidité. Ces programmes s’adressent notamment aux jeunes avec ou sans formation professionnelle initiale, aux personnes peu ou pas qualifiées, aux chômeurs âgés, aux personnes restées longtemps en dehors du marché du travail et mêmes aux cadres chômeurs de longue durée. Parmi ses programmes, il y a de nombreuses entreprises sociales d’insertion, qui fournissent de vraies prestations sur le libre marché. En matière d’insertion professionnelle, nous savons donc de quoi nous parlons. Et c’est parce que nous connaissons bien l’insertion professionnelle que nous appelons à soutenir l’initiative pour un salaire minimum. Continuer la lecture