Les jeunes ne sont pas les dindons de la farce de la réforme des retraites PV2020 !

Après s’être essayé à la polémique xénophobe en s’attaquant aux rentes AVS versées hors de Suisse (et s’être pris un méchant retour de bâton quand les Suisses de l’étranger se sont aperçus que c’étaient surtout leurs rentes AVS qui étaient visées), les opposants à la réforme des retraites « prévoyance vieillesse 2020 » (PV 2020) tentent de souffler sur les braises de la « guerre des générations » en prétendant que la réforme se fait sur le dos des jeunes générations. Attiser les rancœurs des « jeunes » contre les « vieux » (et vice-versa) est malheureusement une méthode qui a souvent produit des résultats, on l’a vu lors de la campagne sur « AVS+ », même si, avec plusieurs de mes jeunes collègues parlementaires, j’avais déjà dénoncé fortement cette stratégie aussi irresponsable qu’indigne. Une petite mise au point s’impose donc. Continuer la lecture

Non à la guerre des générations!

Dans deux semaines, nous votons sur l’initiative populaire „AVS plus“. Cette initiative demande une augmentation des rentes AVS de 10% pour toutes les retraitées et tous les retraités. Même si cette revendication n’a rien d’exagéré et que son financement ne poserait aucun problème, les arguments des partisan-e-s de l’initiative se heurtent au mur de béton idéologique des médias helvétiques. Visiblement, cette initiative dérange. Mais voilà que cette campagne malhonnête atteint de nouveaux sommets : sous le titre cynique de « l’équité entre les générations », quelques titres en mal de publicité et une poignée de filles et fils-à-papa bourgeois allant des jeunes PLR à Opération Libero, tentent de déclencher une véritable guerre des générations (cf. les articles récents dans « Watson », le « Bilck » ou la « Schweiz am Sonntag »). Derrière ces attaques se trouvent bien entendu les assureurs privés, grands pourvoyeurs d’annonces dans les médias. Continuer la lecture

#grazienonna Arrêtez de dénigrer les retraités!

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Monter les jeunes contre les « vieux » ? Pas question !

Nous sommes choqués. Choqués en tant que jeunes et jeunes parents, que l’on se serve de nous pour, sous couvert de la « solidarité entre les générations », faire campagne contre une AVS forte. On prétend que « les jeunes » seraient contraints de « payer de plus en plus pour les rentes des vieux » et que cela « violerait le contrat entre les générations ». Cette argumentation est aussi fausse que perfide. Nous sommes extrêmement reconnaissants envers nos grands-parents et nos parents pour ce qu’ils ont fait et font toujours pour nous. Ils ont construit notre pays dans des temps difficiles : des infrastructures, un système éducatif, un système de santé public et des assurances sociales de grande qualité. Notre bien-être se base sur les décennies pendant lesquelles ils ont travaillé de manière acharnée. Et nous sommes reconnaissants pour ce qu’ils font toujours pour nous, par exemple quand ils nous aident à garder nos enfants. Les « vieux » ont largement mérité une retraite décente. Leur garantir une vieillesse dans la dignité, c’est notre devoir, et nous en sommes fiers. Nous sommes choqués que l’on se serve de notre génération pour mener la charge contre nos grands-mères, nos grands-pères, nos pères et nos mères. Continuer la lecture

Abus des stages : pas de bricolage !

Les abus des stages, qu’ils soient non-rémunérés comme dans certaines organisations internationales ou rémunérés au lance-pierre comme chez « Coop pronto », soulèvent des inquiétudes légitimes, car il s’agit bel et bien de sous-enchère salariale. Les jeunes verts ont ainsi lancé une pétition pour que les stages soient rémunérés, mais uniquement dès la 5ème semaine de travail. Ils demandent aussi de fixer des salaires minimaux, lesquels pourraient être plus bas dans les PME. Mais ce genre de bricolage législatif, si louables ses intentions soient-elles, est à mon avis contre-productif et risquerait surtout de dégrader encore un peu plus la protection non seulement des stagiaires, mais aussi de tous les travailleurs. Les solutions sont plutôt à chercher du côté d’une application stricte et intelligente du droit du travail en vigueur. Continuer la lecture

Bourses d’études : les disparités cantonales nuisent à l’égalité des chances

« Si vous trouvez que la formation coûte trop cher, essayer l’ignorance », disait Abraham Lincoln. Dans de leurs allocutions du 1er août ou crédos de campagne, la plupart des élus helvétiques tiennent peu ou prou le même discours : privée d’autres matières premières que la matière grise, la Suisse n’a pas d’autre choix que de miser sur l’éducation. Malheureusement, ces belles professions de foi ne résistent guère à l’épreuve des faits. Lorsqu’il s’agit de voter les crédits pour la formation et la recherche, PLR et UDC s’en remettent en effet bien vite à une austérité aussi idéologique que contre-productive. Ces tentatives de scier la branche sur laquelle notre économie est assise ont par bonheur échoué dans leur grande majorité et notre pays a pu faire le choix d’investir dans sa future prospérité.

Mais il est à craindre qu’une partie toujours plus grande de la population soit privée des bénéfices de ces investissements colossaux, car l’égalité des chances est menacée. Continuer la lecture

Les spécialistes de l’insertion professionnelle soutiennent le salaire minimum!

Le réseau Œuvre Suisse d’Entraide Ouvrière (OSEO) fait partie des spécialistes de l’insertion professionnelle et de l’économie sociale et solidaire. Dans 10 régions, nous organisons depuis plus de 75 ans des mesures d’insertion en lien avec l’assurance-chômage, l’aide sociale, l’intégration des migrant-e-s ou l’assurance invalidité. Ces programmes s’adressent notamment aux jeunes avec ou sans formation professionnelle initiale, aux personnes peu ou pas qualifiées, aux chômeurs âgés, aux personnes restées longtemps en dehors du marché du travail et mêmes aux cadres chômeurs de longue durée. Parmi ses programmes, il y a de nombreuses entreprises sociales d’insertion, qui fournissent de vraies prestations sur le libre marché. En matière d’insertion professionnelle, nous savons donc de quoi nous parlons. Et c’est parce que nous connaissons bien l’insertion professionnelle que nous appelons à soutenir l’initiative pour un salaire minimum. Continuer la lecture

Non à un privilège fiscal pour les retraités aisés

Par deux fois en 2012, les milieux immobiliers ont tenté d’octroyer des avantages fiscaux aux propriétaires. Par deux fois, le peuple et les cantons les ont sèchement rembarrés. Et voilà qu’ils soumettent une troisième initiative pour de nouveaux privilèges réservés à une catégorie de propriétaire bien précise!

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Proposition pour encourager l’engagement associatif et citoyen des jeunes

C’est bien connu, les jeunes ne sont pas motivés, ni flexibles. Ils sont paresseux, incompétents, violents et mèneront à coup sûr la Suisse à sa perte dès qu’ils auront pris des responsabilités. Le formidable engagement associatif des jeunes de notre pays démontre à quel point ces clichés récurrents et tenaces sont aussi creux que ceux qui les colportent.

Que ce soit au sein d’une association (pas forcément de jeunesse) ou dans le cadre du travail de jeunesse en milieu ouvert, ils sont plusieurs centaines de milliers à œuvrer pour la collectivité, dans toute la Suisse. Cet engagement citoyen doit être salué et encouragé. Par exemple par une promotion et un renforcement du congé-jeunesse (art. 329e du Code des Obligations). Continuer la lecture

Comment soutenir efficacement la formation professionnelle duale?

Le succès de la formation professionnelle duale (apprentissage en entreprise, cours théoriques à l’école professionnelle) ne se démentit pas. C’est un des éléments importants de bonne intégration des jeunes dans le monde du travail, en tout cas en comparaison internationale.

La quasi-totalité des partis qui s’expriment sur la question portent donc, à juste titre, la formation duale aux nues et souhaitent tous «le soutenir». Cet objectif est louable et nécessaire, mais toutes les propositions avancées n’auraient pas la même efficacité.

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La participation des jeunes à la vie civique n’est pas un gadget

Régulièrement, les projets visant à encourager la participation des jeunes à la vie civique sont qualifiés de «gadget». C’est à nouveau le cas dans l’éditorial d’aujourd’hui de Justin Favrod dans «24 heures», à propos de la nouvelle commission consultative des jeunes, instituée par la nouvelle loi cantonale sur le soutien aux activités de jeunesse. Principal reproche, appuyé par le commentaire d’un «expert du terrain»: Les revendications des jeunes seraient «déjà connues depuis longtemps». En outre, une fois ces souhaits réalisés, la plupart des conseils et autres commissions des jeunes mourraient «de leur belle mort».

Cette appréciation n’est pas conforme à la réalité sur au moins deux points. D’une part, l’espérance de vie des espaces participatifs pour les jeunes n’est pas si courte. Certes, certains ont disparu une fois certains problèmes réglés ou certaines demandes réalisées. Mais nombre d’entre eux subsistent depuis des années (voir la liste sur le site de leur fédération suisse), sont très actifs et permettent aux jeunes de s’exprimer régulièrement sur les affaires actuelles qui les concernent. L’autre point sur lequel le commentaire de «24heures» n’est à mon avis pas en phase avec la réalité est le fait qu’il n’existe pas une liste définitive et exhaustive des demandes des jeunes, comme semble pourtant le prétendre «l’expert du terrain» cité. En effet, leurs demandes évoluent, car les jeunes sont, comme le reste de la société d’ailleurs, confrontés à de nouveaux problèmes. En outre, la commission des jeunes ayant aussi pour tâche de prendre position sur tous les projets de loi concernant les jeunes, elle ne risque pas de sitôt de considérer que son mandat est «rempli» et qu’elle peut fermer boutique. Cette dernière tâche est d’autant plus importante que la nouvelle loi sur le soutien aux activités de jeunesse ne prévoit malheureusement plus, même si c’était le cas dans le projet initial, l’obligation pour l’Etat de se poser, lors de tout projet, la question de son impact sur les jeunes générations. Une commission des jeunes a donc l’avantage de pouvoir donner un avis, qui, s’il n’est certes pas aussi légitime qu’une autorité élue au suffrage universel, donne une indication importante sur l’idée que les jeunes se font des projets sur lesquels ils n’ont, faute d’avoir le droit de vote, pas leur mot à dire, même s’ils seront concernés pendant beaucoup plus longtemps que les votants.

La critique de «24 heures» ne s’arrête malheureusement pas à la consultation des jeunes. Le quotidien s’attaque à la consultation en général, taxée carrément d’être un «mal fort répandu». Cette prise de position est regrettable. En effet, consulter est une pratique politique courante à tous les niveaux de l’Etat. Elle est fort utile afin d’orienter les projets sur des pistes propres à forger des compromis. A condition toute fois de tenir compte des avis représentatifs et de ceux des milieux principalement concernés. Ce qui est, pour la plupart des projets, le cas des jeunes.