Oui à une libre circulation sans sous-enchère

Toutes les analyses du marché du travail le démontrent: les accords bilatéraux et la libre circulation des personnes ont un effet positif sur l’emploi en Suisse. Ils permettent notamment à notre industrie d’exportation d’avoir accès au marché européen dont dépendent deux tiers des exportations et un quart du PIB helvétiques, ainsi qu’un emploi sur trois. A l’aube de la récession, y renoncer serait déraisonnable.
Cependant, la libre circulation des personnes ne doit pas avoir pour conséquence une baisse des salaires. Qui vient travailler en Suisse doit recevoir un salaire suisse et les salariés de notre pays ne doivent pas être mis en concurrence avec une main-d’œuvre étrangère bon marché. Les syndicats ont donc toujours soutenu la libre circulation des personnes à la condition qu’il y ait des mesures d’accompagnement. Lire la suite

La migros, aux nues? Aux gémonies!

Ce n’est pas parce qu’on est le premier août qu’il faut renoncer à s’attaquer à un symbole national. Je veux parler de la Migros. Qui a une jolie semaine derrière elle. D’abord, elle est, selon un sondage, en tête du classement des entreprises préférées des Suisses. Ensuite, elle fait un joli coup en nommant à son conseil d’administration Paola Ghillani, ancienne directrice de l’entreprise de commerce équitable Max Havelaar. Qui a droit à deux pages de panégyrique dans «le Matin» d’hier. Dans lequel elle ne manque pas de tresser des lauriers à l’entreprise qui l’emploie désormais, qu’elle considère comme «un société modèle». Forcément, puisque c’est aussi l’avis des sondés. D’ailleurs, Mme Ghillani ne voit aucune contradiction entre son nouveau mandat et son statut d’ex-grande prêtresse du commerce équitable (dont elle fait toujours son fonds de commerce grâce à l’entreprise de conseil en la matière qu’elle dirige). En effet, selon elle, Migros « se comporte de manière respectueuse avec ses fournisseurs et qu’elle a intégré les dimensions environnementales et sociales dans ses processus. En cela elle respecte les principes du commerce équitable et elle fait du commerce équitable.» Ah bon.
Mme Ghillani devrait mieux s’informer, car sur au moins deux points, la Migros foule largement aux pieds les principes du commerce équitable, notamment les droits des salariés. En Suisse et à l’étranger. Lire la suite

Libre circulation des personnes, UDC, Roms et paquets

Ainsi donc le conseil national a choisi – contrairement au Conseil des Etats- de ne pas ficeler le renouvellement de l’accord bilatéral sur la libre circulation des personnes avec son extension à la Bulgarie et à la Roumanie, entre-temps devenues Etat-membre de l’UE. A première vue, l’adversaire des paquets que je suis devrait applaudir.

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L’arbitre et l’arbitraire

A force de faire passer n’importe quel vote pour «démocratique», l’UDC finira par atteindre son réel objectif: décrédibiliser la démocratie. Un vote est démocratique lorsque le corps électoral est en mesure d’étudier le dossier en détail. En outre, une décision sur un cas particulier doit être motivée et doit être susceptible de recours en justice (c’est vrai, quoi, tout le monde peut se tromper). Elle ne doit pas se fonder sur des motifs qui n’ont rien à voir avec le cas, bref, ne pas s’accorder à la tête du client.
Une naturalisation est une décision sur un cas individuel nécessitant une étude approfondie. L’initiative «pour des naturalisations démocratiques», qui prévoit un vote populaire sans possibilité de recours, est donc tout ce qu’il y a de plus contraire à la démocratie.
On vote le 1er juin. La semaine suivante, c’est l’eurofoot (vous aviez déjà oublié, hein?); on aura l’occasion d’acclamer les naturalisés de la «nati». Qui ne l’auraient peut-être pas été s’ils avaient dû passer devant le peuple. Mais nul doute qu’une équipe composées uniquement de purs Waldstätten serait meilleure…

Chronique de politique chronique parue dans le Tromblon.

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Intégration, piège à ç… ?

L’intégration est un mot à la mode. Y’a les bons étrangers; ceux qui sont intégrés. Et les mauvais; ceux qui ne le sont pas. Et qu’on doit donc expulser. C’est en tout cas ce que dit l’UDC. Quoique. A force de voir comment ce parti agit en matière de politique d’immigration, on finit par se demander si le bon étranger, ce n’est justement pas celui qui n’est pas intégré. C’est vrai quoi, impossible de faire une campagne xénophobe sur le dos de ceux qui sont intégrés. Haro donc sur les mesures d’intégration!
Petit exemple: Le grand conseil vaudois débattait d’un crédit de 200’000 francs pour financer des cours de français pour migrants. La somme est modeste; les comptes 2007 devraient boucler avec un bénéf’ de 700 millions. Eh bien, devinez qui refuse? L’UDC, vous avez tout juste. Logique: c’est quand il n’y a pas de cours de français qu’il est possible de gagner des voix en hurlant contre ces étrangers-criminels-mal-polis-qui-causent-même-pô-comme-nous.

Chronique de politique chronique parue dans le Tromblon.

Les simpson décodent les méthodes de l’UDC

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Un élu est incapable de résoudre un problème politique. Pour noyer le poisson, il fait porter le chapeau… aux immigrés illégaux. Et organise une votation pour les expulser. Ici, il s’agit de Joe Quimby, maire de Springfield, dans l’épisode « j’y suis, j’y reste » (much Apu about nothing, saison 7 Episode 23). Toute ressemblance avec un parti xénophobe qui vient de gagner les élections fédérales est voulue.

Pas le bon passeport? Pas de place d’apprentissage! Chronique d’une politique migratoire à contre-emploi

La politique migratoire suisse est dictée par l’UDC, qui, il faut le lui accorder, manie fort bien l’amalgame étrangers = dangereux criminels = voleurs d’emplois= profiteurs des assurances sociales, etc. Et qui est aussi fort habile pour taire le fait que les migrant-e-s cotisent plus aux assurances sociales qu’ils n’en bénéficient, ou que les responsable de la sous-enchère salariale ne sont pas les salariés , mais les patrons tricheurs (lesquels d’ailleurs souvent membres de l’UDC). Voici une anecdote qui démontre non seulement à quel point cette politique migratoire , obtenue à coup de campagnes xénophobes, a des effets contraires à ceux vantés lors des campagnes de votation, mais surtout que cela est probablement voulu.

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Les postulations anonymes contre le discrimination à l’embauche

Les jeunes migrants sont particulièrement touchés par les tensions qui persistent sur le marché des places d’apprentissage. Le Programme national de recherche sur l’enfance et la jeunesse (PNR 52 sur le même sujet) a récemment mis en évidence le fait que les inégalités les frappent de plein fouet. Face à l’embarras du choix, nombreuses sont les entreprises, notamment les PME, à céder aux fantasmes selon lesquels les jeunes issus de l’immigration «poseraient problème». D’où leur réaction souvent expéditive: elles n’entrent tout simplement pas en matière sur les postulations des jeunes qui ont la «mauvaise» nationalité ou le «mauvais» nom de famille. Deux études ont révélé que l’arbitraire règne en maître et que les entreprises qui se plient à ces préjugés agissent souvent contre leur propre intérêt.

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