Multicheck, basic-checks etc.: l’arnaque est désormais scientifiquement démontrée

Malgré leur coût élevé (et probablement grâce à ce coût élevé), le petit business des multichecks, basic-check et autres tests de sélection des apprentis continue à se développer, principalement sur le dos des jeunes qui cherchent un apprentissage et de leurs familles (même si, grâce au travail des députés socialistes, ils sont désormais à la charge des employeurs dans le canton de Vaud). L’USS a régulièrement dénoncé l’usage de ces tests. Récemment, le conseiller national Jacques-André Maire (PS/NE) a interpellé le Conseil fédéral pour que l’administration fédérale et les entreprises qui dépendent de la Confédération renoncent à employer ces tests pour sélectionner leurs apprentis. Le Conseil fédéral soutient malheureusement ces tests, estimant dans sa réponse que la sélection des apprentis deviendrait plus difficile sans ces tests.
Mais une étude scientifique du centre de recherche conjoncturelle de l’EPFZ (KOF), révélée aujourd’hui par le «matin dimanche», vient de démontrer que ces tests sont inutiles pour prédire tant le succès de la formation que le comportement pendant celle-ci (en particulier la propension à l’interrompre prématurément).

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Des coupes sur le dos des jeunes chômeurs ou comment le rêve de Thomas Daum pourrait devenir réalité


En mai 2006, lors de son entrée en fonction comme patron des patrons, M. Daum avait provoqué un tollé en proposant de diviser par deux les indemnités journalières pour jeunes chômeurs. L’indignation avait alors été grande dans les organisations de jeunesse, mais aussi chez tous ceux qui défendent les intérêts des jeunes générations. 4 ans plus tard, avec la 4ème révision de la LACI, son rêve est malheureusement presque devenu réalité. En tout cas, il a déjà passé comme une lettre à la poste au Parlement. Continuer la lecture

Re-re-retournement de veste

Les jeunes PLR avaient défrayé la chronique en demandant le retrait de la révision de la loi sur l’assurance-chômage (LACI). Ce qui peut se comprendre de la part d’un parti de jeunes, même libéral, tant cette révision est défavorable aux jeunes chômeurs et chômeuses, qui verraient leurs indemnités de chômage divisées par trois s’ils ne trouvent pas d’emploi dès la fin de leur formation et par deux s’ils ont moins de 25 ans. Et, tant qu’ils ont moins de 30 ans, ils pourraient être obligés d’accepter n’importe quel emploi, même s’il n’a rien à voir avec leurs qualifications. Cette position était plutôt surprenante quand on sait que leur vice-président était venu quelques mois plus tôt défendre la révision de la LACI sur la plateau d’infrarouge, sur l’air du «les jeunes motivés n’ont aucun problème à trouver du travail».
Or voilà t’y pas que l’assemblée des délégués du PLR a décidé à l’unanimité de recommander le «oui» aux coupes dans l’assurance-chômage. Ce qui laisse songeur sur la façon dont les jeunes PLR ont appliqué leur propre position lors de cette assemblée.
Voici donc un petit quiz de l’été pour connaître la ou les raisons de cette belle unanimité:

a) Il n’y avait pas de représentant des jeunes PLR à l’assemblée des délégués du PLR.
b) La demande de «retrait» ne visait que le retrait des mesures défavorables aux plus de 30 ans.
c) La précédente prise de position des jeunes PLR n’avait pour unique objectif que d’épater la galerie.
d) UBS est intervenue en coulisse.
e) Santésuisse est intervenue en coulisse.
f) Economiesuisse est intervenue en coulisse.
g) _________(compléter) est intervenu(e) en coulisse.
h) UBS, santésuisse, economiesuisse et quelques autres sont intervenus en coulisse.
i) Les délégués des jeunes PLR n’étaient pas dans la salle au moment où l’assemblée parlait des jeunes.
j) Les caméras de la TV n’étaient pas dans la salle au moment où l’assemblée parlait des jeunes.
k) Les délégués des jeunes PLR n’ont pas voulu nuire à la belle unanimité de leur parti (il faut dire que ce pauvre en a bien besoin).
l) Les délégués des jeunes PLR ont voulu imiter l’UDC et ses fréquents re-re-revirements.
m) Autre raison:___________(compléter)

Plusieurs réponses sont possibles. Si vous avez une bonne idée pour g) et m), merci de l’indiquer. La meilleure réponse gagne une bouteille de Lavaux.

Loi sur l’assurance-chômage: le Conseil des Etats n’a pas adouci sa position

S’il y a bien une idée qui est tenace en ce moment, c’est que le Conseil des Etats vient de faire une fleur aux jeunes chômeurs, en n’approuvant pas toutes les mesures discriminatoires que le Conseil national leur avait réservé dans le cadre de la révision de la loi sur l’assurance-chômage (LACI). Ainsi, le site de la RSR titrait «Chômage: Les Etats pour un projet édulcoré». Les jeunes chômeurs, dont le nombre a explosé avec la crise (+80%!), peuvent-ils pour autant respirer? Que nenni.
Car si la chambre des cantons a quelque peu revu la copie de la chambre du peuple sur quelques points, elle n’en a pas moins durci sa propre position. Revenons sur l’historique du projet. Continuer la lecture

sms-chomage-des-jeunes.ch

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Action sms contre une révision de la loi sur l’assurance-chômage aux dépens des jeunes

Une initiative de la CFEJ, en collaboration avec le CSAJ, l’AFAJ et Infoklick.ch

On t’a dit que tu devais te former.

On t’a dit de bien travailler.

On t’a dit qu’ainsi tu aurais de meilleures chances pour ton avenir.

Tu as fait comme on t’avait dit.

 Et malgré tout, tu es au chômage, crise oblige. Et malgré tout, tu as des difficultés à trouver un premier emploi.

 Alors tu n’es pas seul-e. Beaucoup de jeunes en Suisse vivent la même situation. Ta génération a été touchée plus fortement par la crise économique. Le manque d’expérience se fait cruellement sentir dans une situation où les emplois se font rares.

[Pour en savoir plus]

En temps de crise, même les personnes qui ont fait tout juste se retrouvent au chômage. C’est un fait que certains semblent toujours ignorer.

En effet, l’assainissement de l’assurance-chômage risque de se faire sur le dos des jeunes. Si le Conseil national approuve les propositions de sa commission, les jeunes doivent s’attendre aux détériorations suivantes:

  • Tu dois accepter tout emploi qui se présente même s’il n’a rien à voir avec ta formation. [Pour en savoir plus]
  • En cas de chômage, tu auras droit à moins d’indemnités journalières, même si tu as cotisé régulièrement à l’assurance-chômage. [Pour en savoir plus]
  • Si en raison d’une formation ou parce que tu t’es occupé-e d’un enfant, tu n’as pas pu cotiser à l’assurance-chômage, le nombre d’indemnités auxquel tu as droit est divisé par trois. [Pour en savoir plus]

Le Parlement n’a pas encore pris de décision. Et celui ou celle qui ne dit mot consent!

Les parlementaires sont élus par le peuple. Ils représentent également tes intérêts. Pour ce faire, ils doivent mieux connaître tes préoccupations. Ecris un SMS aux élu-e-s de ton canton ou à ceux que tu connais pour leur dire ce que tu attends d’eux. Le Conseil national traitera la révision de l’assurance-chômage le 8 décembre 2009.

La CFEJ ne demande pas un traitement de faveur pour les jeunes. Elle demande une égalité de traitement. La jeune génération ne mérite pas d’être plus mal traitée que les précédentes. Par cette action, la CFEJ promeut une participation active des jeunes à la vie politique de leur pays.

Ce que nous promet la révision de la LACI

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Directive du SECO no X27-3000PI/28 à l’attention des offices cantonaux du chômage

Suite à la révision de la loi sur l’assurance-chômage (LACI), les procédures ont changé. Voici donc une marche à suivre pour vous y retrouver. Elle devrait être aussi très utile pour accélérer le traitement des demandes. En effet, nos services ont remarqué que, pour une raison que nous ignorons encore, les files d’attentes sont de plus en plus longues dans les ORP.
Merci de votre coopération.
Votre dévoué Secrétariat d’Etat à l’Economie

1. Le client est:
* Jeune, allez en 2
* Pas si jeune que ça, allez en 3
* Un vieux schnoque, allez en 9

2. Dites au client : «Alors, tu vas te décider à bosser, petit con?»
Si le client a:
* Moins de 25 ans, allez en 4
* Entre 25 et 30 ans, allez en 5

3. Dites au client: «Z’avez pas mieux à faire que de devenir chômeur, non?», puis allez en 6.

4. Dites au client: «Tu n’as plus droit qu’à 130 indemnités journalières au lieu de 400, ça la fout mal, hein?» Puis allez en 7.

5. Dites au client: «Tu n’as plus droit qu’à 260 indemnités journalières au lieu de 400. Ça t’apprendra à être jeune.» Puis, allez en 7.

6. Si le client a cotisé:
* moins de 12 mois: allez en 9
* plus de 12, mais moins de 18 mois: allez en 8
* au moins 18 mois: Dites au client: «Rien n’a changé, mais méfiez vous de la prochaine révision de la LACI! Au suivant!» (Fin de la procédure)

7. Dites au client: «Ah oui, au fait, tu es désormais obligé d’accepter n’importe quel emploi, même si ça n’a rien à voir avec ce que tu sais faire…». Puis, allez en 9.

8. Dites au client: «Vos prestations ont été drastiquement réduites, mais fallait bien économiser quelque part.» Puis, allez en 9.

9. Donnez au client l’adresse de l’aide sociale, puis dites-lui: «On ne peut rien faire pour vous, désolé, mais vous êtes foutu, au suivant!» (Fin de la procédure)

Chronique de politique chronique parue dans le Tromblon

Quand on se trompe, il faut l’admettre…

Lorsque le Conseil d’Etat vaudois avait annoncé l’instauration, comme mesure anti-crise, d’une prime de 5000.—Fr. pour la création de nouvelles places d’apprentissage et de 500.—Fr. pour chaque contrat d’apprentissage renouvelé, j’avais critiqué la mesure, me basant notamment sur une expérience similaire menée en Autriche qui n’avait pas été couronnée de succès (coûts énormes, argent mal dépensé, risque important d’effet d’aubaine). A la lecture des résultats très positifs récemment publiés par le gouvernement, force est de constater que j’avais tort. La mesure a permis la création de près de 900 nouvelles places d’apprentissage, alors que l’objectif était de 500. En outre, plus de 300 de ces nouvelles places sont le fait d’entreprises qui ne formaient pas d’apprentis auparavant. Peut-être faut-il y voir un effet anticipé du nouveau fonds vaudois pour la formation professionnelle, qui a clairement pour objectif d’encourager les entreprises à former.
Certes, la mesure devra être évaluée sur le long terme. Il faudra s’assurer que, d’ici quelques années, ces nouvelles entreprises formatrices le seront toujours (le fonds devrait les encourager à le rester) et que la prime n’aura pas été qu’un feu de paille. Ce succès ne devra en outre pas être prétexte à relâcher les efforts pour créer de nouvelles places et permettre à chaque jeunes de faire une formation post-obligatoire. Mais, dans tous les cas, il faut d’ors et déjà se féliciter du succès de cette mesure. Alors que le nombre de places d’apprentissage recule au niveau national (-1% selon l’OFFT) pour la première fois depuis 2004, l’offre progresse dans le canton de Vaud. C’est une excellente nouvelle pour l’économie et surtout pour les jeunes qui souhaitent entrer en formation professionnelle. 

Chômage des jeunes: les chiffres qui inquiètent

C’est bien connu: les jeunes chômeurs sont des paresseux qui ne veulent pas bosser. Et, pour le petit nombre motivé mais malchanceux, le chômage n’est de toute façon qu’un mauvais moment à passer, vu qu’il ne va pas tarder à se résorber tout seul avec la reprise qui pointe déjà le bout de son nez. D’autant plus que les jeunes chômeurs retrouvent toujours du travail très rapidement. Voilà en substance l’argumentation des partis bourgeois permettant de justifier:
1. De ne rien faire contre le chômage des jeunes (p. ex. en s’opposant à toutes les mesures proposées par le conseil fédéral dans sa «3ème phase de mesure de stabilisations»);
2. Des péjorations dramatiques de la situation des jeunes chômeurs en sabrant dans leurs prestations dans le cadre de la 4ème révision de la loi sur l’assurance-chômage. Parmi ces projets, on trouve, notamment:
• Une baisse drastique du nombre d’indemnités journalières pour les moins de 25 ans (de 400 à 130) et les 25-29 ans (de 400 à 260) et ce même s’ils ont suffisamment cotisé;
• Un affaiblissement de la notion de «travail convenable» uniquement pour les moins de 30 ans, destiné à les obliger à accepter n’importe quel emploi;
• La division par presque 3 du nombre d’indemnités journalières pour les personnes libérées de l’obligation de cotiser, en particulier les étudiants qui ont suivi une formation à plein temps.

Jugeons donc ces propositions à l’aune des derniers chiffres du chômage du Seco, parmi lesquels on peut trouver, entre autre :
• Le chômage des jeunes a augmenté de 75% entre septembre 2008 et septembre 2009
• Chez les 20-24 ans, l’augmentation est même de 82%
• Le taux de jeunes chômeurs de plus de 7 mois (ceux qui n’auraient plus droit à rien après 130 jours) a explosé de 146%. Mais à part, ça tout le monde continue à prétendre que les jeunes chômeurs retrouvent rapidement du travail.

Nuages de l’apprentissage
A cela s’ajoutent des prévision peu engageantes concernant le marché des places d’apprentissage. L’OFFT, qui publie aujourd’hui son traditionnel «baromètre des places d’apprentissage», persiste à considérer que la situation est «stable». Mais ses brillants experts ont-ils lu attentivement leurs propres chiffres? A les examiner un peu attentivement, on a peine à le croire. Voici quelques-uns des constats que l’on peut faire:
• Pour la première fois depuis 2004, le nombre de places d’apprentissage offertes recule, comme le nombre de contrats d’apprentissage signés. Certes, le nombre de jeunes recule aussi, ce qui était prévu, mais cela démontre que – contrairement à ce que d’aucuns ont pu prétendre – le recul démographique ne résoudra pas la pénurie, car il y a toujours beaucoup plus de jeunes à la recherche d’une place (91’500) que de places disponibles (87’000).
• Le nombre de jeunes sans la moindre solution à la sortie de l’école obligatoire augmente de 2000 personnes (+28%). La plupart de ces jeunes sont les futurs bénéficiaires de l’aide sociale. Entre 2006 et 2008, ce chiffre avait reculé…
• Le nombre de jeunes en «liste d’attente», c’est-à-dire qui ont dû se contenter d’une solution transitoire mais chercheront à nouveau une place l’an prochain, ne diminue que de manière marginale (-2%), malgré la bonne situation de l’économie des années précédentes et la «détente» sur le marché des places d’apprentissage que l’OFFT croyait voir. Et ce nombre reste très élevé: 21’000 jeunes. Dont la plupart n’apparaît soit dit en passant pas dans les statistiques du chômage du Seco.

Révision de la LACI: Pas sur le dos des jeunes!

Le chômage augmente, particulièrement chez les jeunes (+82% pour les 20-24 ans depuis un an!), qui ont la malchance d’arriver sur le marché du travail à un moment où les entreprises licencient. Parallèlement à cette dégradation de l’emploi, les chambres fédérales se penchent sur la révision de la loi sur l’assurance-chômage (LACI). Or, alors qu’il faudrait plutôt soutenir les jeunes qui ont des difficultés à entrer sur le marché du travail, cette révision s’en prend assez durement à eux. Continuer la lecture

Attaques inacceptables contre les jeunes chômeuses et chômeurs!

La commission de jeunesse de l’USS est scandalisée par les décisions de la commission de l’économie et de la redevance du conseil national, qui s’est violemment attaquée aux jeunes chômeurs en réduisant leurs indemnités journalières (de 400 à 130 pour les moins de 25 ans resp. à 260 pour les  25-30 ans) et en confirmant la décision du conseil des Etats de baisser les exigences du «travail convenable» pour les moins de 30 ans. Il faut en outre rappeler que le projet du conseil fédéral prévoit déjà de diviser par trois le nombre d’indemnités journalières des jeunes qui n’ont pas pu cotiser à l’assurance-chômage parce qu’ils sortent de formation.
Ces décisions sont d’autant plus inacceptables que les jeunes forment une catégorie de chômeurs particulièrement vulnérable: Comme le prévoyait la commission de jeunesse de l’USS, qui avait sonné l’alarme en février 2009 déjà, le chômage des 15-24 ans a pris l’ascenseur ces derniers mois. Par rapport à septembre 2008, il a augmenté de 75 %. Pour les 20-24 ans, l’augmentation est même de 82%!
La jeunesse syndicale exige donc le retrait de ces propositions révoltantes, qui ne sont qu’une marque de mépris envers les jeunes.

(Communiqué de presse de la commission de jeunesse de l’USS du 7.10.09)