Le dimanche; priez, bossez!

Tout le monde ne demande que de travailler le dimanche. Je dirais même plus: tout le monde a-do-re-rait ça. Pas seulement les étudiants sans bourse ou les travailleurs précaires alléchés par de mirobolants suppléments salariaux. D’ailleurs, mon patron est venu l’autre jour me demander de bosser le dimanche. Comme il avait son grand sourire y’en-a-des-tas-qui-seraient-ravis-d’avoir-ton-job, je me suis dit que, moi aussi, je ne rêve que de bosser le dimanche. Tant mieux, car le dimanche, on s’emmerde sec. A l’église, par exemple, y’a personne. C’est nul. Voir la famille ou les amis? m’en parlez pas. Quant aux loisirs, c’est pour les feignasses. Alors, tant qu’à faire, autant aller au turbin.

Donc, après la libéralisation du travail dominical dans les commerces et services des grandes gares, les zones touristiques ou pour les jeunes de plus de 18 ans, saluons la possibilité d’autoriser quatre dimanche de travail de plus par an. Comme ça, on habituera gentilment toute la population à bosser le dimanche. Elle s’en réjouit déjà.

Chronique de politique chronique parue dans le journal satyrique le tromblon.

Les postulations anonymes contre le discrimination à l’embauche

Les jeunes migrants sont particulièrement touchés par les tensions qui persistent sur le marché des places d’apprentissage. Le Programme national de recherche sur l’enfance et la jeunesse (PNR 52 sur le même sujet) a récemment mis en évidence le fait que les inégalités les frappent de plein fouet. Face à l’embarras du choix, nombreuses sont les entreprises, notamment les PME, à céder aux fantasmes selon lesquels les jeunes issus de l’immigration «poseraient problème». D’où leur réaction souvent expéditive: elles n’entrent tout simplement pas en matière sur les postulations des jeunes qui ont la «mauvaise» nationalité ou le «mauvais» nom de famille. Deux études ont révélé que l’arbitraire règne en maître et que les entreprises qui se plient à ces préjugés agissent souvent contre leur propre intérêt.

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Il faut créer 5000 places d’apprentissage!

Chaque année, 2500 jeunes se retrouvent sans solution à la sortie de l’école obligatoire (c’est ce que détaille une étude de l’OFFT dont il a oublié de se vanter). Et entre 15000 et 20000 (plus de 20% d’une classe d’âge) doivent se contenter d’une solution transitoire et tentent leur chance pour obtenir une place d’apprentissage l’année suivante, voire celle d’après. Je n’ai pas besoin de revenir en détails sur les conséquences à long terme de ces difficultés: Sans formation post-obligatoire, ils risquent de ne jamais occuper d’emploi autre que précaire, de n’avoir jamais accès à la formation continue voire même de dépendre durablement de l’assistance publique.
La commission de jeunesse de l’USS présentait donc vendredi ses solutions face à la pénurie de places de formation. Et, une fois n’est pas coutume, l’OFFT et son baromètre des places d’apprentissage, confirme nos vues: il manque au moins 5000 places d’apprentissage!
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Député assermenté

Mardi a eu lieu la cérémonie d’installation des autorités vaudoises. C’était rock et baroque.

La journée avait commencé par une première prise de contact avec la salle du grand conseil au palais de Rumine, où je n’avais plus remis les pieds depuis ma dernière visite au « ciné du musée », quand j’étais gamin. Les deux premiers points à l’ordre du jour étaient plutôt faciles, vu qu’il ne s’agissait que de valider notre propre élection de député-e-s (sic!) et celle des conseillers et conseillères d’Etat. Puis, le cortège des autorités, gendarmes, bannières, milices vaudoises et chevaux s’est ébranlé des ruines de Perregaux vers la Cathédrale, passant juste entre les gouttes. Membre du bureau provisoire avec d’autres jeunes élu-e-s, j’ai eu l’honneur d’être au premier rang des député-e-s, juste derrière le gouvernement. Mais bon, comme abri face au vent, il y a mieux…

Une fois l’assermentation terminée et l’amour des lois chanté, retour vers la place du Château, où, vu les rafales de vent, la soupe chaude du buffet a fait son effet.

L’après-midi, boulot. En tant que membre du bureau provisoire, il a fallu compter les bulletins de vote, afin d’en avoir 150 de chaque couleur, les distribuer en veillant à ce que tout le monde en ait un, les compter, ne pas se gourrer dans ses additions, ne pas confondre les blancs et les nuls (que celui ou celle qui a voté Jacques belles oreilles le sache: c’est nul), le tout en quatrième vitesse, car les collègues attendent le résultat avec impatience. Sauf pour l’élection à la présidence, non que l’enjeu n’en valait pas la chandelle, mais parce que le doyen-président Chatelain les tenait suffisamment en haleine.

Encore une petite remarque à mon sujet: J’ai été élu à la commission permanente de la santé publique, ainsi qu’à la COMOPAR (non, ce n’est pas une sous-catégorie d’ovipares, mais la commission pour la modernisation du parlement…).

Et pour découvrir la bobine de tou-te-s les nouveaux-elles élu-e-s socialiste, c’est par ici.

Deux visions de la fiscalité

La direction du PS Suisse vient de faire connaître une proposition innovante en matière de financement des assurances sociales: soumettre les dividendes à une cotisation sociale de 5% en faveur de l’AVS, l’AI, etc. Ce serait normal, logique et juste. Et cela éviterait d’avoir recours à une augmentation de la TVA, notamment pour refinancer l’AI, et donc de frapper durement les classes moyennes.

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Votations du 17 juin: Oui au fond jurassien pour la formation professionnelle!

Le peuple jurassien, même si j’espérai qu’il serait progressiste jusqu’au bout en accordant le droit d’éligibilité aux étrangers, a fait aujourd’hui un grand pas en faveur de l’emploi des jeunes en acceptant à une très large majorité (68,6% de oui) le fond cantonal pour la formation professionnelle. Il a balayé le référendum lancé par quelques associations patronales, qui ont démontré à quel point elles se désintéressent de l’avenir professionnel des jeunes.

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Pascal le Prophète (-à-claques)

Chronique de politique chronique parue dans le Tomblon no1

M. Couchepin est un prophète. Un as de la divination, de la cartomancie, des horoscopes. Les marcs (de café, voyons, il travaille!) n’ont pas de secret pour lui. C’est lorsque qu’il prédit l’évolution de nos caisses de retraites que notre prophète est au faîte de son art. Ainsi, en 2003, il prédisait une apocalypse à l’AVS. Le déficit du premier pilier devait se monter à plus d’1,2 milliard en 2006. Autant de bonnes raisons pour accepter de couper dans les retraites (11ème révision de l’AVS) et encourager les d’jeunz radicaux à proposer une augmentation de l’âge de la retraite à 70 ans (il y en a toujours pour vouloir être prophète à la place du prophète). Mais le peuple préfère les voyants de qualité, les vrais artisans qu’on ne peut joindre qu’avec un appel surtaxé. Il ne s’est donc pas laissé berner. 4 ans plus tard, les retraités ont touché une augmentation de leurs rentes pour laquelle ils auraient dû attendre jusqu’à l’an prochain, si l’on avait pris les prophéties couchepiniennes au sérieux. Et l’AVS fait, au lieu du déficit annoncé, un bénéfice de 2,7 milliards.
M. Couchepin a une autre qualité. Il dure. Assez longtemps pour voir que ses prédictions ne se sont pas réalisées. Est-ce assez pour comprendre que gouverner, ce n’est pas deviner?

Droit de vote à 16 ans: Berne dit (presque) oui

Le grand conseil bernois vient d’accepter la motion socialiste préconisant l’introduction du droit de vote à 16 ans. Ce n’est cependant pas encore définitif. En effet, un vote populaire seront nécessaires pour ratifier cette décision. Un tel scrutin s’annonce d’ors et déjà très difficile, à en croire certains sondages récents (notamment celui du matin dimanche), qui prétend que les opposants au droit de vote à 16 ans seraient largement plus nombreux que ses partisans, même chez les jeunes concernés. Néanmoins, le vote de la Landsgemeinde de Glaris démontre qu’une telle proposition à ses chances devant le souverain.

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Droit de recours des associations écologistes: Chercher les quérulents là où ils sont.

Les partisans de la suppression du droit de recours des associations de défense de l’environnement prétendent relancer la croissance économique en laissant bétonner le paysage sans craindre des recours infondés. Ils se trompent de cible. En témoigne cette anecdote, narrée par le Tages-Anzeiger d’aujourd’hui.
A la fin des années soixante, Alusuisse, souhaitait implanter un centre administratif et créer près de 5000 emplois à Meilen, sur la Goldküste zurichoise. Elle en fut empêchée par un comité d’habitants qui lançaient recours sur recours contre le dézonage nécessaire. Ce comité avait été créé par… Christoph et Silvia Blocher, nouvellement installés dans la commune et plutôt connus pour leurs positions défavorables au climat et à la protection de l’environnement. Pourtant, l’assemblée de commune, à laquelle pouvaient participer tous les citoyens, avait donné son aval à l’installation d’Alusuisse. Malgré ce soutien démocratique, le projet échoua, les emplois furent perdus.
Cela illustre parfaitement que ce n’est pas le droit de recours des associations de défense de l’environnement qui pose problème, mais bien les abus des recours de privés. D’ailleurs, les associations de protection de la nature gagnent la plupart de leurs recours, alors que l’immense majorité des recours privés est rejetée. En attaquant les associations écologistes, le parti radical et ses alliés UDC du conseil fédéral se positionnent clairement en faveur des quérulents privés et contre la protection de l’environnement.

Le dossier de l’ATE sur le droit de recours.