Série d’été sur le vote électronique (6)

Tout au long de l’été, je décortique les mythes qui circulent à propos du vote par Internet. Aujourd’hui :

6. Personne n’aurait intérêt à falsifier une votation ou une élection suisse, car nous sommes un pays trop petit et trop insignifiant. Continuer la lecture

Série d’été sur le vote électronique (5)

Tout au long de l’été, je décortique les mythes qui circulent à propos du vote par Internet. Aujourd’hui :

5. Le vote électronique est plus fiable que le vote sur papier

Certes, avec un système de vote sur papier, il y a des cas de fraude électorale. Certes, il y des erreurs de dépouillement. Continuer la lecture

Série d’été sur le vote électronique (4)

Tout au long de l’été, je décortique les mythes qui circulent à propos du vote par Internet. Aujourd’hui :

4. Avec un système de vote électronique ouvert et transparent, les citoyens conservent le contrôle

Le principal problème posé par le vote électronique vient à mon avis du fait que les citoyens sont privés de leur compétence de dépouiller et surveiller le processus électoral. Pourtant, les promoteurs du vote par Internet prétendent que cela peut être transparent. Continuer la lecture

Série d’été sur le vote électronique (3)

Aujourd’hui, je décortique un autre mythe qui circule à propos du vote électronique:

3. Le vote électronique pousse les jeunes à voter

Selon les partisans du vote électronique, ce serait l’instrument miracle pour pousser les jeunes à voter. On sait en effet que les classes d’âge les plus basses sont celles qui participent le moins aux votations et élections. Continuer la lecture

Série d’été sur le vote électronique (2)

Deuxième épisode de la série d’été sur le vote électronique. Aujourd’hui

2. Le vote électronique augmente-t-il la participation ?

Autre mythe couramment évoqué en faveur du vote électronique : il est censé booster la participation aux scrutins, que l’on sait plutôt faible en Suisse. Or, ce n’est pas vrai. En général, au moment de son introduction, il y a un pic de participation (les gens essaient le nouveau canal), puis, ça se tasse, et finalement, la participation reste la même qu’avant. En effet, le « saut de participation » a déjà été obtenu grâce à l’introduction généralisée du vote par correspondance. Comme vote par Internet prend légèrement plus de temps que de voter sur papier (j’ai testé !), ce n’est pas plus facile, donc ce n’est pas cela qui incite les citoyens à voter. Par ailleurs, la « facilité d’accès » au vote est souvent une bonne excuse de la classe politiques, qui, pour ne pas se remettre en question et avouer que c’est elle qui n’a pas été capable d’intéresser les citoyens aux sujets de votations, préfère croire que les solutions à la faible participation électorale se trouve dans la forme plutôt que dans le fonds.

Pour lire les autres billets sur le sujet, c’est par ici

Série d’été sur le vote électronique (1)

A mon tour, je sacrifie à la mode de la « série d’été ». Avec la soudaine fuite en avant du Conseil fédéral, qui veut tout à coup introduire le vote par Internet le plus vite possible et à tout prix, le sujet revient au cœur de l’actualité. Comme beaucoup de mythes circulent à propos du vote électronique, il n’est pas inutile de profiter de l’été pour en décortiquer quelques-unes.

Aujourd’hui :

  1. Le e-banking est sûr, donc le e-voting est sûr

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Un vote par internet sans garanties démocratiques élémentaires ? Jamais !

J’ai déjà eu l’occasion de le dire plusieurs fois : je suis plutôt sceptique face au vote par internet, pour ne pas dire franchement opposé. J’envisage toutefois de l’admettre dans deux cas : pour les Suisses de l’Etranger (qui n’arrivent souvent pas à voter, car les services postaux n’arrivent pas à transmettre leurs bulletins assez rapidement) et pour les personnes handicapées de la vue (à qui le vote électronique permet de voter seule et de maintenir le secret du vote). Mais, même dans ces deux cas, il est important que le système de vote par internet bénéficie de toutes les garanties de sécurité (même si atteindre un niveau de sécurité comparable à un vote « sur papier » est illusoire) ainsi que de respect des principes démocratiques de base. Il est notamment indispensable que le logiciel soit transparent, open-source, opéré en Suisse et, surtout, appartienne à l’Etat et à ses citoyens. Il ne viendrait par exemple à l’esprit de personne, même chez les ultralibéraux les plus saugrenus, de privatiser l’organisation et le dépouillement d’une élection ou d’une votation. Continuer la lecture

Principes démocratiques élémentaires pour le vote par internet

Je ne suis pas un partisan du vote par internet. Cependant, je peux admettre l’utilisation de cet outil pour certains publics-cible, comme les Suisses de l’Etranger ou les personnes avec un handicap de la vue. Mais surtout, je suis convaincu qu’un système de vote électronique n’est acceptable que si certains principes démocratiques sont respectés. Les partisans du vote électronique, pour autant qu’ils souhaitent aussi un scrutin fiable et transparent, devraient partager cet avis. Et heureusement, beaucoup le partagent. Ces principes doivent être à mon avis les suivants : Continuer la lecture

Pas de vote électronique lors des prochaines votations fédérales!

Comme l’a révélé hier le «Matin dimanche», le vote électronique genevois est piratable. Fort heureusement, ce piratage n’est pas l’œuvre de quelque malveillant hacker, mais d’un spécialiste de la sécurité informatique, qui a décelé une faille du système permettant de changer des votes, donc potentiellement l’issue du scrutin, et qui l’explique sur cette vidéo. On n’ose imaginer les conséquences si pareil piratage avait été plutôt l’œuvre de personnes malintentionnées envers la démocratie ou mues par un intérêt personnel ou financier. Rien ne garantit d’ailleurs que, parallèlement aux tentatives «pédagogiques» de frauder le vote par internet, il n’y en ait pas déjà eu d’autres, une attaque informatique ne laissant souvent pas la moindre trace. Continuer la lecture

Vote par internet : le conseil d’Etat met un peu vite le doigt dans l’engrenage

Le Conseil d’Etat vaudois vient de présenter son projet de modification de la loi sur l’exercice des droits politiques (LEDP) visant à introduire, pour les Suisses de l’étranger seulement, et sous forme de test, le vote électronique par internet. Le Grand conseil, qui avait donné suite à un postulat interpartis visant à renoncer au vote par internet que j’avais cosigné, devra se prononcer prochainement. Continuer la lecture