Les cyberattaques russes contre les élections US montrent (à nouveau) les risques du vote électronique

La NZZ a récemment présenté un rapport de la commission des services secret du Sénat étatsunien sur les tentatives russes d’ingérence dans le processus électoral de 2016. S’il est clair que les enjeux géopolitiques dépassent largement ce qui se passe en Suisse, ce rapport n’en est pas moins fort intéressant dans un contexte où diverses organisations (notamment celle des Suisses de l’étranger) et administrations (certains cantons, dont FR et NE) veulent instaurer coûte que coûte le vote électronique. Il est aussi fort regrettable qu’aucun média romand n’en ait parlé. Il est vrai que ces derniers semblent être plutôt favorables au vote électronique.

Ce rapport est très inquiétant. Il montre en effet que des hackers ont mené tentatives de manipuler les résultats dans tous les états US. Continuer la lecture

Vote électronique Scytl/La Poste: c’est bien pire qu’une « simple » faille

Hier, une faille importante a été révélée dans le logiciel de vote électronique de La Poste. Ce n’est hélas pas un énième problème de sécurité informatique. C’est bien pire. Car, en plus de la faille elle-même (qu’un expert à qualifié de « stupéfiante » et qu’un autre a considéré comme relevant « d’une programmation négligente »), ce sont les circonstances de sa découverte et la réaction tant de La Poste que des autorités qui doivent fortement nous inquiéter.  Continuer la lecture

Scandale du vote électronique Scytl/La Poste : la symptomatique réaction des autorités

Hier, le magazine en ligne « Republik » a révélé les sombres dessous de l’entreprise espagnole (aux capitaux US) Scytl, leader mondiale du vote électronique avec qui La Poste collabore pour l’imposer en Suisse. L’article dénonce, en vrac, fiascos électoraux (Equateur, Australie, Norvège), détournement de fonds publics destinés à la recherche, opacité, triche et magouille. On aurait pu s’attendre que les cantons concernés (dont FR et NE) annoncent qu’ils vont analyser la situation et promettent de prendre les mesures qui s’imposent. Eh bien non. Leur réaction a été à l’image de toutes les réactions de toutes les autorités confrontées à des problèmes, failles de sécurité et autres critiques en matière de vote électronique : minimiser, nier, et (ce n’est pas encore le cas pour Scytl/La Poste, mais qui sait) menacer de poursuites pénales.

Voici leurs réactions (postées par le canton de Fribourg et « likée » par celui de Neuchâtel) : Continuer la lecture

Série d’été sur le vote électronique (7ème et dernier épisode)

Tout au long de l’été, je décortique les mythes qui circulent à propos du vote par Internet. Aujourd’hui, le dernier épisode :

7. L’introduction généralisée du vote électronique est inéluctable (et ceux qui s’y opposent sont des dinosaures…)

Les opposants au e-voting sont régulièrement traités de dinosaures, de vieux schnoques, de résident d’EMS et j’en passe. On les accuse d’être rétifs à toute modernité et hostiles à l’innovation. De passer à côté des besoins de la population, en particulier de ceux des jeunes générations prétendument aussi expertes qu’avides des nouvelles technologies (c’est faux, mais ça sonne bien) ou de ceux des Suisses de l’étranger, dont on dit qu’ils veulent pouvoir voter coûte que coûte et quels que soient les dangers pour la fiabilité des scrutins. Et, de toute façon, les opposants au e-voting sont volontiers comparés à Don Quichotte se battant contre d’inarrêtables moulins à vent. Car, pour bon nombre de promoteurs du vote électronique, son avènement est inéluctable. Parce que, c’est bien connu, personne ne peut freiner l’essor des nouvelles technologies. Pas même les principes essentiels au bon fonctionnement de la démocratie. Continuer la lecture

Série d’été sur le vote électronique (6)

Tout au long de l’été, je décortique les mythes qui circulent à propos du vote par Internet. Aujourd’hui :

6. Personne n’aurait intérêt à falsifier une votation ou une élection suisse, car nous sommes un pays trop petit et trop insignifiant. Continuer la lecture

Série d’été sur le vote électronique (5)

Tout au long de l’été, je décortique les mythes qui circulent à propos du vote par Internet. Aujourd’hui :

5. Le vote électronique est plus fiable que le vote sur papier

Certes, avec un système de vote sur papier, il y a des cas de fraude électorale. Certes, il y des erreurs de dépouillement. Continuer la lecture

Série d’été sur le vote électronique (4)

Tout au long de l’été, je décortique les mythes qui circulent à propos du vote par Internet. Aujourd’hui :

4. Avec un système de vote électronique ouvert et transparent, les citoyens conservent le contrôle

Le principal problème posé par le vote électronique vient à mon avis du fait que les citoyens sont privés de leur compétence de dépouiller et surveiller le processus électoral. Pourtant, les promoteurs du vote par Internet prétendent que cela peut être transparent. Continuer la lecture

Série d’été sur le vote électronique (3)

Aujourd’hui, je décortique un autre mythe qui circule à propos du vote électronique:

3. Le vote électronique pousse les jeunes à voter

Selon les partisans du vote électronique, ce serait l’instrument miracle pour pousser les jeunes à voter. On sait en effet que les classes d’âge les plus basses sont celles qui participent le moins aux votations et élections. Continuer la lecture

Série d’été sur le vote électronique (2)

Deuxième épisode de la série d’été sur le vote électronique. Aujourd’hui

2. Le vote électronique augmente-t-il la participation ?

Autre mythe couramment évoqué en faveur du vote électronique : il est censé booster la participation aux scrutins, que l’on sait plutôt faible en Suisse. Or, ce n’est pas vrai. En général, au moment de son introduction, il y a un pic de participation (les gens essaient le nouveau canal), puis, ça se tasse, et finalement, la participation reste la même qu’avant. En effet, le « saut de participation » a déjà été obtenu grâce à l’introduction généralisée du vote par correspondance. Comme vote par Internet prend légèrement plus de temps que de voter sur papier (j’ai testé !), ce n’est pas plus facile, donc ce n’est pas cela qui incite les citoyens à voter. Par ailleurs, la « facilité d’accès » au vote est souvent une bonne excuse de la classe politiques, qui, pour ne pas se remettre en question et avouer que c’est elle qui n’a pas été capable d’intéresser les citoyens aux sujets de votations, préfère croire que les solutions à la faible participation électorale se trouve dans la forme plutôt que dans le fonds.

Pour lire les autres billets sur le sujet, c’est par ici

Série d’été sur le vote électronique (1)

A mon tour, je sacrifie à la mode de la « série d’été ». Avec la soudaine fuite en avant du Conseil fédéral, qui veut tout à coup introduire le vote par Internet le plus vite possible et à tout prix, le sujet revient au cœur de l’actualité. Comme beaucoup de mythes circulent à propos du vote électronique, il n’est pas inutile de profiter de l’été pour en décortiquer quelques-unes.

Aujourd’hui :

  1. Le e-banking est sûr, donc le e-voting est sûr

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