Vote électronique : vers l’expertocratie, ou, pire, l’expertocrature ?

La récente décision du Conseil fédéral de se lancer dans une sorte de fuite en avant pour introduire à tout prix le vote électronique m’a permis d’avoir deux discussions plutôt édifiantes sur les réseaux sociaux avec des « experts » en informatique (en tout cas se considèrent-ils ainsi). Ces deux discussions montrent à mon avis clairement les dangers auxquels nous exposerions la démocratie en cas d’introduction généralisée du e-voting. Continuer la lecture

Un vote par internet sans garanties démocratiques élémentaires ? Jamais !

J’ai déjà eu l’occasion de le dire plusieurs fois : je suis plutôt sceptique face au vote par internet, pour ne pas dire franchement opposé. J’envisage toutefois de l’admettre dans deux cas : pour les Suisses de l’Etranger (qui n’arrivent souvent pas à voter, car les services postaux n’arrivent pas à transmettre leurs bulletins assez rapidement) et pour les personnes handicapées de la vue (à qui le vote électronique permet de voter seule et de maintenir le secret du vote). Mais, même dans ces deux cas, il est important que le système de vote par internet bénéficie de toutes les garanties de sécurité (même si atteindre un niveau de sécurité comparable à un vote « sur papier » est illusoire) ainsi que de respect des principes démocratiques de base. Il est notamment indispensable que le logiciel soit transparent, open-source, opéré en Suisse et, surtout, appartienne à l’Etat et à ses citoyens. Il ne viendrait par exemple à l’esprit de personne, même chez les ultralibéraux les plus saugrenus, de privatiser l’organisation et le dépouillement d’une élection ou d’une votation. Continuer la lecture

Principes démocratiques élémentaires pour le vote par internet

Je ne suis pas un partisan du vote par internet. Cependant, je peux admettre l’utilisation de cet outil pour certains publics-cible, comme les Suisses de l’Etranger ou les personnes avec un handicap de la vue. Mais surtout, je suis convaincu qu’un système de vote électronique n’est acceptable que si certains principes démocratiques sont respectés. Les partisans du vote électronique, pour autant qu’ils souhaitent aussi un scrutin fiable et transparent, devraient partager cet avis. Et heureusement, beaucoup le partagent. Ces principes doivent être à mon avis les suivants : Continuer la lecture

Pas de vote électronique lors des prochaines votations fédérales!

Comme l’a révélé hier le «Matin dimanche», le vote électronique genevois est piratable. Fort heureusement, ce piratage n’est pas l’œuvre de quelque malveillant hacker, mais d’un spécialiste de la sécurité informatique, qui a décelé une faille du système permettant de changer des votes, donc potentiellement l’issue du scrutin, et qui l’explique sur cette vidéo. On n’ose imaginer les conséquences si pareil piratage avait été plutôt l’œuvre de personnes malintentionnées envers la démocratie ou mues par un intérêt personnel ou financier. Rien ne garantit d’ailleurs que, parallèlement aux tentatives «pédagogiques» de frauder le vote par internet, il n’y en ait pas déjà eu d’autres, une attaque informatique ne laissant souvent pas la moindre trace. Continuer la lecture

Vote par internet : le conseil d’Etat met un peu vite le doigt dans l’engrenage

Le Conseil d’Etat vaudois vient de présenter son projet de modification de la loi sur l’exercice des droits politiques (LEDP) visant à introduire, pour les Suisses de l’étranger seulement, et sous forme de test, le vote électronique par internet. Le Grand conseil, qui avait donné suite à un postulat interpartis visant à renoncer au vote par internet que j’avais cosigné, devra se prononcer prochainement. Continuer la lecture

Merci… et on repart en campagne!

Je tiens à remercier chaleureusement les électrices et électeurs qui ont fait confiance au PS et à ma candidature en particulier. Grâce à eux, les socialistes remportent une victoire historique, qui récompense des années de travail pointu sur les thèmes qui préoccupent les vaudoises et les vaudois. Grâce à eux, nous couronnons la campagne collective d’une vraie équipe par le gain de non pas un, mais deux sièges. Grâce à eux, je serai élu au Conseil national si notre conseillère aux Etats Géraldine Savary est réélue.
Il s’agit maintenant de se mobiliser pour confirmer les excellents résultats de la gauche et des verts au premier tour et de voter compact le ticket gagnant Savary/Recordon (le 13 novembre). Malgré les bons résultats du premier tour, aucune élection n’est jamais gagnée d’avance et se reposer sur ses lauriers pourrait faciliter l’accession de l’UDC aux Conseil des Etats. Ensuite, il faudra amplifier le ras-le-bol populaire et faire barrage à l’UDC blochérienne en élisant Béatrice Métraux (les verts) au Conseil d’Etat vaudois (le 27 novembre).

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PS : La scandaleuse gabegie des services informatiques vaudois montre à quel point l’informatique est vulnérable. S’il y avait eu un vote en ligne généralisé, ce que souhaitent certains adeptes aveugles de la «modernité», l’impact de ces pannes aurait été bien pire que quelques heures supplémentaires d’attente. Quelle confiance en effet les citoyens auraient-ils pu avoir dans un système de vote qui plante au beau milieu de opérations? Ce déplorable événement renforce à postériori la pertinence du postulat interpartis contre le vote par internet récemment accepté par le Grand conseil. Il montre aussi qu’en matière de vote électronique, la plus grande des prudences s’impose ; le volontarisme borné de la Chancellerie fédérale et de certains cantons n’est certainement pas compatible avec cet élémentaire principe de précaution.

Le vote par internet sérieusement freiné

Le grand conseil a, après un débat nourri qui transcendait les clivages partisans, accepté sous forme de postulat la motion interpartis contre le vote par internet. L’acceptation a été très large: 76 «oui» contre 46 «non» et 6 abstentions.

Ce débat était très intéressant et nécessaire, car il s’agissait d’éviter que le canton de Vaud ne se lance tête baissée, parce que le vote par internet est à la mode, dans des expériences qui pourraient s’avérer désastreuses. En effet, de nombreux pays (Pays-Bas, Belgique) ont introduits des système de vote électronique réputés sûrs, puis ont dû les abandonner en catastrophe parce que la fiabilité du scrutin n’était pas garantie. En Suisse, le canton de Zürich a dû récemment interrompre ses essais pour raisons techniques. Lors des débats, le conseiller d’Etat Leuba a assuré le Parlement que le Conseil d’Etat ne comptait pas introduire le vote électronique à large échelle, mais uniquement pour les Suisses de l’Etrangers. Ce dernier point mérite en effet qu’on y réfléchisse, car de nombreux Suisses de l’Etranger ne peuvent accomplir leur devoir civique à cause des lenteurs de certains services postaux. Mais il s’agira, si on souhaite leur permettre de voter par internet, de garantir que ces votes ne soient pas manipulables. M. Leuba a enfin avancé que le vote électronique «ne va pas de soi» et qu’il méritait qu’on l’examine avec sérieux (c’est par exemple ce que fait le centre de compétence sur le vote électronique e-voting-cc.ch). Le postulat que le Grand Conseil vient d’accepter a lancé cet important débat au niveau vaudois!

Des problèmes informatiques mènent à la suspension du vote par internet à Zürich

«Le vote par internet, c’est l’avenir!» lit-on souvent. Mais, trop obnubilés par l’effet de mode, bien des partisans de l’introduction généralisée du vote électronique, négligent souvent les problèmes de sécurité informatique, qui sont loin d’être résolus. Pis, en ces temps où les attaques et fuites informatiques contre Etats et entreprises se multiplient, on peut même légitimement douter qu’ils le soient un jour. Continuer la lecture

Faut-il ouvrir une faille dans la sécurité du vote pour les Suisses de l’Etranger?

Alors que les débats au plénum sur le vote électronique approchent, l’Organisation des Suisses de l’Etranger (OSE) se livre à un travail de lobby intensif contre la motion interpartis contre le vote par internet. Selon l’OSE et le rapport de minorité, les réticences soulevées par la motion, partagées par la majorité de la commission, ne pèseraient pas bien lourd face à la volonté légitime de faciliter l’accès au vote en Suisse aux Suisses de l’Etranger.
Certes, cette volonté est légitime et les efforts des autorités pour favoriser la participation électorale des Suisses de l’Etranger est à saluer. Cela dit, le vote par internet ne saurait être considéré comme une solution valable et l’OSE, plutôt que de défendre bec et ongle le vote électronique, ferait mieux de proposer des alternatives qui ne mettent en cause ni la sécurité du vote, ni la confiance que les citoyens placent en lui. Continuer la lecture

Le vote électronique est dangereux pour la démocratie: arrêtons les frais!

Le vote électronique est à la mode. Les cantons sont mis sous pression par la Confédération pour mettre rapidement sur pied des systèmes de vote électronique. Pourtant, cette manière de voter comporte de nombreux défauts rédhibitoires, défauts qui peuvent même constituer un danger pour la fiabilité du scrutin et pour la confiance que les citoyennes et citoyens placent en lui. Continuer la lecture