Récemment, j’ai perdu ma carte de crédit et ai donc dû la remplacer. Au moment de commander la nouvelle carte, j’ai demandé qu’elle ne soit pas dotée du système de paiement sans contact de type « NFC » (near field communication). D’une part, parce que je ne vois pas l’intérêt de pareille technologie (à part peut-être favoriser les achats spontanés et incontrôlés… et donc l’endettement, en particulier des jeunes). Mais surtout, car cette technologie n’est pas sûre du tout : il est possible de pirater une carte à distance (cf. cet article de la FRC ou cette démonstration un peu inquiétante narrée par la Tribune de Genève) et, selon les conditions générales des fournisseurs de cartes de crédit, jusqu’à 120.—Fr. de paiements abusifs effectués avec cette technologie sont à la charge du détenteur de la carte, même s’il a pu prouver avoir agi avec la prudence nécessaire. (La légalité d’une telle pratique est à mon avis fort douteuse, mais qui ferait un procès pour 120.—Fr. ?) Le détenteur d’une carte de crédit se retrouve donc coincé avec une technologie qui risque de permettre le piratage de ses données et de lui coûter cher. Rien de plus légitime donc à ce qu’il puisse y renoncer, à plus forte raison si elle ne l’intéresse pas. Continuer la lecture
Archives mensuelles : mars 2015
Réponse à la Sonntagszeitung : Eh oui, la démocratie, ce n’est pas gratuit
Assurance-maternité, prolongation à deux ans du délai de garantie, renforcement de l’aide aux victimes de crimes, autorité parentale conjointe et peut-être bientôt naturalisation facilitée pour les jeunes « étrangers » de la 3ème génération, interdiction des insultes homophobes, protection des whistleblowers ou abolition des curatelles forcées vaudoises. A la base de chacune de ces propositions dont l’utilité est incontestable, une intervention parlementaire. En outre, de nombreux autres projets importants ont été initiés par des interventions parlementaires qui, même si elles n’ont pas été immédiatement prises en considération, ont tout de même permis de lancer la réflexion. En effet, le rôle des élus du peuple est de relayer les soucis, problèmes et interrogations de la population en intervenant par voie de motion, de postulat, d’interpellation ou de question, voire d’initiative parlementaire. Ces interventions parlementaires sont un élément indispensable et indissociable d’une démocratie.
Et voilà que la Sonntagszeitung s’attaque frontalement à ce droit fondamental des élus du peuple en arguant que ces interventions personnelles coûtent « trop cher ». En prétendant que le parlement coûte « trop cher » au contribuable, ce journal dominical se joint au détestable couplet de l’antiparlementarisme primaire… et légitime les critiques contre la démocratie elle-même.
Certes, on peut gloser sur l’utilité de l’une de ces interventions parlementaires. Certes, on peut regretter l’hyperactivisme de certains de leurs auteurs. On peut aussi regretter que certains reviennent trop souvent à la charge avec des objets perdus d’avance ou posent des questions que d’aucuns pourraient considérer comme trop détaillées ou trop triviales. On peut enfin se poser des questions sur l’augmentation du nombre d’interventions. Il n’en demeure pas moins que ces coûts demeurent tout à fait supportables quand on considère l’alternative, à savoir un parlement soumis à un gouvernement tout-puissant et qui renonce donc à son rôle essentiel de premier pouvoir, un parlement qui n’est plus une force de proposition, ni un relai des préoccupations de la population, mais une simple chambre d’enregistrement.
Et si les rédacteurs de la Sonntagszeitung préfèrent un parlement discipliné qui ne perd pas son temps en interventions personnelles, en voici un qui devrait leur convenir :
La démocratie de demain passera par la neutralité du Net
La décision de l’autorité de régulation des télécommunications aux USA sur la neutralité du Net est historique et ne manquera pas, espérons-le, d’avoir un impact en Suisse, où le Conseil des Etats doit bientôt se prononcer sur une motion déjà adoptée par le Conseil national. Mais qu’est-ce qui se cache derrière ce sabir technique que sont les termes « neutralité du Net » ? Rien de moins qu’un Internet libre, démocratique et innovant. Continuer la lecture
Et maintenant, si on aidait VRAIMENT les familles ?
Le peuple a tranché. Il ne veut pas de l’initiative du PDC qui aurait coûté très cher et n’aurait profité qu’à une minorité de familles aisées. Il faut s’en réjouir. Mais cela ne veut pas dire que les familles n’ont pas besoin de soutien. Au contraire, soutenir les familles est plus que jamais nécessaire. Mais attention, pas n’importe lesquelles et pas n’importe comment. Il s’agit d’aider les familles qui ont réellement besoin de soutien, c’est-à-dire les familles des classes moyenne et modeste. Mais il s’agit aussi des les aider efficacement, par des mesures ciblées et non pas par l’arrosoir des baisses fiscales, au sujet desquelles le peuple vient de confirmer qu’elles profitent surtout au hauts revenus, en plus de leur coût prohibitif.
Voici donc quelques pistes pour soutenir les familles :
Mais pourquoi la démocratie s’arrêterait-elle aux portes des entreprises ?
La Suisse est le pays de la démocratie. Certes, notre démocratie n’est pas sans défauts, mais elle fonctionne. Pourtant, il est un domaine très important qui lui échappe totalement, alors qu’il concerne chacune et chacun : le monde du travail. Dans les entreprises en effet, seuls les propriétaires ont leur mot à dire. Eux seuls peuvent décider de l’avenir des places de travail, de la répartition des bénéfices, des investissements, des délocalisations, etc. Pourtant, ces décisions peuvent avoir un impact majeur sur la vie des travailleurs et travailleuses concernés, mais aussi de la population de toute une région. Continuer la lecture

