
Le «matin bleu» vient de remplacer Mafalda. Mon strip de 3 cases préféré, si ce n’est fétiche. Bon, il est assez normal que le gratuit d’edipresse ne prenne pas mon avis de lecteur lambda en compte. En outre, vu que j’ai l’intégrale des BD de Mafalda, je n’ai pas besoin du «matin bleu» pour me délecter des piques acerbes, mordantes, hilarantes, sans compromis et toujours d’une actualité frappante (malgré les références fréquentes à l’Argentine des années 60 et 70) de l’héroïne de Quino. Sa disparition des colonnes ne serait somme toute guère gênante, si ce n’était pas «Amanda Délire» qui avait remplacé Mafalda. Amanda «a 25 ans et consacre son salaire à faire du shopping et à sortir» (Le matin bleu, 30.03.07, page 23). Un programme d’une vacuité affligeante. Sans compter le machisme sous-jacent qui cantonne une jeune femme certes bien formée et avec un bon emploi dans le rôle d’une bécasse avide de faire les magasins. Sans vouloir me prononcer sur la qualité artistique de cette nouvelle BD (c’est encore un peu tôt, laissons-lui le temps de faire ses preuves, et je dois bien reconnaître que le dessin est intéressant), je m’insurge contre le remplacement d’une BD de critique politique et sociale par une égérie de la société de consommation, dont on peut penser qu’elle sera plutôt la fille spirituelle de Carrie Bradshow et de Renata Libal que de Rosa Luxembourg et Simone De Beauvoir. Bref, tant mieux si «le matin bleu» donne sa chance à une jeune artiste suisse, mais, de grâce, pas aux dépens de Mafalda!
… (ajouté le 14 avril) Après quelques jours de lecture affligée d’«Amanda Délire», mes impressions sont malheureusement confirmées. C’est une catastrophe! Rendez-nous Mafalda!
