Le «bon scolaire» vaudois sombre corps et biens

Le «lobby parents Vaud» vient d’annoncer qu’il ne lancera finalement pas d’initiative pour privatiser l’école vaudoise à l’aide du «bon scolaire» (ou «chèque éducation»). Une initiative qui était pourtant «prête à être lancée» depuis l’automne dernier. Mais, entre temps, les lobbyistes de l’école privée ont subi une claque monumentale dans les urnes de Bâle-Campagne, où une initiative similaire a été balayée par près de 80% des votes. Et, dans le canton de Vaud, la commission formation du parti radical les aurait plutôt fraîchement accueillis (la majorité des députés radicaux avait déjà refusé une première tentative libérale d’introduire le «libre choix» de l’école).
Le «lobby parents» se contentera d’une pétition, non contraignante et la plupart du temps sans le moindre effet. Sa présidente botte en touche dans un entretien accordé au «Temps» (disponible en ligne pour les abonnés) et prétend que la décision de se contenter d’une pétition n’est pas motivée par la débâcle de la tentative bâloise, mais doit plutôt «peser sur les débats de la refonte de la loi scolaire vaudois». Et le lobby des privatiseurs de menacer de lancer quand même une initiative, mais «ultérieurement».
Ne jouons pas avec les mots. Le retrait de l’initiative est un aveu d’échec. La votation de BL l’a confirmé: toute tentative de privatiser l’école obligatoire sera balayée dans les urnes, même si elle est joliment emballée dans un fallacieux «libre choix». L’école publique, gratuite et obligatoire est un des fondements de notre démocratie et la population y est attachée.

La poste ou l’art d’affaiblir le service public

La population est attachée à la notion de service public. Cela se vérifie lors de chaque votation: privatisations et libéralisations sont en général balayées dans les urnes un peu partout en Suisse (on se souvient du refus de la loi sur le marché de l’électricité, de privatisation de la BCV et, plus récemment, du bon scolaire à BL ou de la privatisation des services industriels de la ville de Thoune) et les stratèges néolibéraux renvoyés à leurs belles théories. Désormais, la seule menace d’un vote populaire peut suffire à les faire reculer (p. ex. Swisscom).
Les voilà donc obligés de recourir à une autre méthode, plus subtile. Continuer la lecture →

Protéger les «whistleblowers» pour défendre l’intérêt public

Parfois, l’intérêt public commande que certains secrets soient révélés. C’est notamment le cas des faits répréhensibles commis à l’intérieur d’une entreprise, qui doivent être portés à la connaissance d’une autorité, voire du grand public. Et c’est souvent aux employés de l’entreprise concernée, bien placés pour découvrir ces faits de l’intérieur, que revient cette tâche. Ces personnes  sont certes liées à leur employeur par un devoir de fidélité, mais ce devoir doit céder face à un intérêt public prépondérant. Ainsi, l’employée de banque qui met à jour des transactions douteuses, par exemple la violation de lois fiscales, agit dans l’intérêt public. Comme l’aide-soignant qui révèle des maltraitances à l’encontre des patients d’une maison de retraite. Ou l’informaticienne qui signale l’existence de fichiers illégaux. Continuer la lecture →

Postes: fermetures progressives?

La Poste ne pouvait manquer de réagir aux pronostics du syndicat de la communication sur l’avenir des offices postaux. Et de démentir qu’elle compte en fermer autant que ce que prévoit le syndicat. Par exemple dans le district de Lavaux-Oron, elle annonce ne vouloir « examiner » la situation que de 4 offices (Servion, Oron-le-Châtel, Châtillens et Les Cullayes), alors que le syndicat de la communication pronostique qu’en tout 8 postes seraient à terme menacées de fermeture (les 4 premières, plus La Croix-sur-Lutry, Grandvaux, Puidoux-Gare et Paudex). Ce que signifie « examiner la situation » est sujet à interprétation. Pour Châtillens, c’est malheureusement exempt d’ambigüité: son office postal ferme demain.

Dans tous les cas, la stratégie de la Poste me semble malheureusement assez claire: c’est celle du saucissonnage: En premier, on ferme quelques postes dans quelques localités peu peuplées (dans le district, Riex, Epesses ou Montpreveyres en ont par exemple déjà fait l’expérience…) avant de s’attaquer, plus tard, à d’autres offices, situés dans des localités plus importantes. Mais la résistance aura entre temps été diluée. Il faut aussi relever que les 4 postes concernées se trouvent dans le « haut » du district et que les fermetures possibles dans le « bas » sont semble-t-il reportées. Peut-être la Poste tente-t-elle de saper la solidarité entre régions, en s’attaquant d’abord à l’une, puis à l’autre, en espérant compter sur une résistance moins importante que si elle frappait partout à la fois.

Le meilleur moyen de contrer la poste et de lui montrer que la population tient à un service public de qualité présent sur l’entier du territoire est de signer la pétition du syndicat de la communication contre le démantèlement du réseau postal!

Le reportage de la TSR sur la fermeture possible (probable?) de la poste de Servion.

 

Le PS annonce sa résistance à la fermeture de 8 postes dans le district de Lavaux-Oron!

Selon les pronostics du syndicat de la communication le district de Lavaux-Oron risque d’être durement touchés par les fermetures de postes. En effet, les postes de Puidoux-Gare, Servion, les Cullayes*, La Croix/Lutry, Grandvaux, Paudex, Oron-le-Châtel*, Châtillens* sont considérées comme (*très) menacées. Ces offices de postes se trouvent dans toutes les régions du district, aussi bien dans le «haut» (région d’Oron), que dans le «bas» (Lavaux, environs de Pully).

Le PS Lavaux-Oron condamne par avance toute fermeture de postes et toute diminution de la qualité du service public dans le district. Il témoigne son plein soutien aux employés de la poste, à la population et aux autorités communales concernés. Il suivra avec attention l’évolution de ce dossier, notamment la réponse du conseil d’Etat à l’interpellation qui sera déposée au grand conseil par le Parti Socialiste Vaudois.

Le PS Lavaux-Oron s’engage pour un réseau postal dense, ce qui permet de garantir des emplois et la qualité du service public sur tout le territoire. Le service de proximité permet aussi de limiter les déplacements et est donc écologique.

Signez la pétition du syndicat de la communication!

Quelques pistes pour l’emploi des jeunes

Il y a un mois et demi, la commission jeunesse de l’USS tirait la sonnette d’alarme: D’ici la fin de l’année, il pourrait y avoir au moins 10’000 jeunes chômeurs inscrits de plus. Ce qui ferait en tout 30’000 chômeurs inscrits et – vu qu’un jeune sans travail sur deux ne s’inscrit pas au chômage – 50’000 et 60’000 sans emplois de moins de 25 ans. A la pénurie – récurrente – de places d’apprentissage s’ajoute le fait qu’en période de hausse du chômage, les jeunes sont toujours touchés plus vite et plus fort que les autres actifs. En effet, lorsque les entreprises diminuent ou gèlent l’embauche, ce sont les nouveaux arrivés sur le marché du travail qui en font les frais, notamment ceux qui viennent de terminer leur apprentissage. L’annonce d’UBS de ne pas réengager la moitié de ses apprentis (contre 80% en période normale) confirme cette hypothèse.
Ces derniers jours, de nombreuses propositions ont donc été faites pour limiter la hausse du chômage des jeunes ou en contrecarrer les effets. En voici un bref commentaire: Continuer la lecture →

Encore un nouveau fonds cantonal pour la formation professionnelle!

Le grand conseil tessinois vient d’adopter en votation finale sa nouvelle loi sur la formation professionnelle, qui comprend un fonds cantonal. Ce fonds permettra de redistribuer 6 millions de francs par an aux entreprises qui forment des apprenti-e-s, dès 2010. C’est un succès du PS, qui avait lancé une initiative populaire demandant la création d’un tel fonds.

Après Genève, Fribourg, Neuchâtel, le Valais, Jura (plébiscité en vote populaire) et Zurich (plébiscité en vote populaire), le Tessin est donc le 7ème canton à se doter d’un tel fonds. Le canton de Vaud devrait bientôt suivre (des informations suivront bientôt, promis!) et peut-être Bâle-Ville, où une initiative populaire sera bientôt soumise au peuple. Dans les cantons où ils existent depuis longtemps, ces fonds ont fait leurs preuves et permettent de répartir les frais de la formation professionnelle sur toutes les entreprises, pas seulement sur celles qui forment. En effet, toutes les entreprises, qu’elles forment ou non des apprenti-e-s, contribuent aux fonds. Ainsi, ils diminuent les frais de formation et encouragent concrètement la création de places d’apprentissage.

Malgré ces bons résultats, les gouvernements des cantons de Saint-Gall et de Soleure recommandent à leur parlements de refuser l’introduction de tels fonds (sur proposition de la jeunesse et du parti socialiste), surtout au prétexte que ces idées viennent de gauche. Regrettable blocage idéologique qui empêche la création d’un instrument efficace!

(source: panorama)

TVA contre IFD: le retour?

Il y a quelques années, le parti radical s’était signalé par une proposition particulièrement anti-sociale: remplacer l’imposition directe (p. ex. l’impôt fédéral direct) par une imposition indirecte (p. ex. la TVA). Au motif que la TVA serait plus simple à prélever, que personne n’y échappe et qu’il serait plus difficile de la frauder. Et tant pis si cela bat en brêche le principe constitutionnel de l’imposition en fonction de la capacité contributive, base de l’imposition directe progressive. Car, en remplaçant l’imposition directe par une imposition indirecte (ou une imposition à taux plat – ou flat tax – autre proposition radicale), le nanti comme le défavorisé paient le même impôt lorsqu’il achètent le même bien (ou, dans le cas de la flat tax, quel que soit leur revenu). Cette idée avait été rapidement enterrée. Ce qui n’a pas empêché les radicaux de soutenir d’autres réformes fiscales uniquement favorables aux hauts revenus…

Malheureusement, l’idée de remplacer la fiscalité directe par la TVA vient de ressortir du chapeau de Marie-Hélène Miauton, directrice d’un institut de sondages, sur les onde du « café économique« , minute quotidienne de propagande néolibérale de la RSR et du magazine Bilan. Continuer la lecture →