Le Conseil fédéral a aujourd’hui décidé de ne rien décider à propos de la surévaluation du Franc, qui s’est encore aggravée ces jours derniers. Pourtant, l’abandon du taux plancher par la BNS est une double violation de ses devoirs constitutionnels et légaux. Selon l’art. 99 al. 2 de la Constitution fédérale, le BNS doit en effet mener « une politique monétaire servant les intérêts généraux du pays ». Vus les dégâts qu’est en train de provoquer la surévaluation du franc, on peut douter que l’intérêt général ait été respecté. En outre, selon l’art. 5 al. 1er 2ème phrase LBN, la BNS doit assurer « la stabilité des prix ». Là encore, vues les tendances déflationnistes que nous devons affronter, on peut aussi douter que la Banque nationale ait rempli ce mandat. Quoi qu’il en soit, le mandat légal de la BNS est incomplet ; il se limite au simple rôle que les monétariste confient à une banque centrale, celle de protéger les intérêts des investisseurs en limitant l’inflation (considérée comme le Mal Absolu), et ce quel qu’en soit le prix, et tant pis si c’est au détriment de l’économie « réelle » en particulier des travailleurs. Voilà une vision pour le moins étroite de « intérêts généraux du pays ». Continuer la lecture
Archives mensuelles : avril 2015
Quelques préjugés sur la protection des données personnelles
Les données personnelles sont l’or du XXIème siècle dit-on. L’ancienne commissaire européenne à la protection des consommateurs Meglena Kuneva les considère à juste titre comme « le pétrole de l’Internet » et « la monnaie du monde digital ». S’il est difficile d’évaluer exactement leur valeur, il est possible de s’en faire une idée lorsqu’on constate la capitalisation boursière et le bénéfices des grandes entreprises de l’Internet, dont le capital est essentiellement composé… des données personnelles de leurs utilisateurs (obtenues souvent grâce à un « travail » gratuit de ces derniers). Par exemple, des chercheurs du McKinsey Global Institute ont évalué en 2011 que le big data générerait 300 milliards de USD de création de valeur rien qu’aux USA, un chiffre en augmentation de 40 MiaUSD par an ! En Europe, la valeur totale des données personnelles des consommateurs était évaluée à 315 milliards d’Euros en 2011 par le Boston Consulting Group, qui estimait que cette valeur pourrait atteindre 1000 milliards en 2020 !
Si les données personnelles ont autant de valeur, il est important que ceux qui les génèrent, vous, moi, tous les utilisateurs, en restent ou en (re)deviennent les maîtres. Cela passe d’abord par une prise de conscience de leur importance et de leur valeur. Or, de nombreux préjugés circulent à ce sujet. Ce billet a donc pour but d’en démystifier quelques-uns. Ce qui devrait aussi contribuer à renforcer l’évidence d’un renforcement de la loi sur la protection des données comme le préconise le groupe d’expert mandaté par le Conseil fédéral !
