Au départ, une révision de la loi sur l’assurance-chômage (LACI) trop optimiste: En 2002, le financement de l’assurance-chômage (AC) a été modifié en se basant sur des prévision de chômage sur l’ensemble d’un cycle conjoncturel irréalistes (100’000, alors que le taux moyen sur l’ensemble du cycle tourne plutôt aux alentours de 125’000). Les partis bourgeois, emmené par M. Couchepin, ont donc fait accepter une baisse des cotisations paritaires de 3 à 2%, malgré le fait que ce niveau de prélèvement avait permis un assainissement rapide de l’AC. Quelques années plus tard, la note est salée: Les dettes de l’AC dépassent 7 milliards de francs.
Le conseil fédéral a donc décidé d’assainir l’AC. Mais, même si la Confédération est capable d’aligner les milliards sans poser de questions lorsqu’il s’agit d’aider les banques à verser de nouveaux bonus, il s’agit cette fois de faire payer la quasi-totalité de la note aux salariés et aux chômeurs. Et le gouvernement n’y est pas allé de main morte. Continuer la lecture
Archives mensuelles : mars 2010
Haras… les mottes
D’un côté, il y a le chef du département fédéral des finances, le libéral-radical Merz, qui, qui n’en est pas à son galop d’essai en matière de coupes budgétaires. Avec le plein soutien du groupe libéral-radical des chambres, tellement engoncé dans ses œillères du «moins d’Etat» qu’exiger une diminution des dépenses publiques est pour ainsi dire devenu le dada. Et qui ne peut donc que piaffer d’impatience à l’annonce du nouveau train de mesures d’économie annoncé par le conseil fédéral (économiser 1,5 milliard alors qu’on fait 2,7 milliard de bénéf’… cherchez la logique).
Et de l’autre, il y a tous les parlementaires libéraux-radicaux de la Broye, qui ne semblent pas se réjouir autant de ces nouvelles mesures d’économie. En effet, dès qu’une d’entre elles, la suppression du haras fédéral d’Avenches, a été rendue publique (de manière plutôt cavalière il est vrai), ils sont montés sur leurs grands chevaux pour défendre, mors aux dents, cette vénérable institution et condamner sa suppression qu’ils jugent «brutale» et «irréfléchie». Quel camp tournera sa bride lors de la prochaine assemblée du PLR?
Chronique de politique chronique parue dans le Tromblon.
Et maintenant, les retraités!
L’avenir des retraites est au cœur de l’actualité. Une tentative d’affaiblir le 2ème pilier à peine repoussée, la discussion se focalise sur le 1er, l’AVS. Après s’être attaqués aux actifs en tentant de baisser leurs futures rentes LPP, les partis bourgeois s’en prennent désormais aux retraités. Sur la table: une limitation de l’indexation des rentes au renchérissement, donc une diminution de leur pouvoir d’achat.
Les partisans de l’affaiblissement des assurances sociales ont commencé par tenter de monter les retraités contre les actifs, en prétendant que l’on puise dans le capital de prévoyance des retraités actuels pour assurer celui des futurs retraités. Fort heureusement, cet argument qui ne reposait sur aucune base sérieuse n’a pas pris et l’ampleur du rejet de la baisse des rentes démontre que les retraités ont en majorité voté en faveur des actifs.
Nouvel objet, nouveaux arguments, mais la stratégie reste la même: monter les actifs contre les retraités. Continuer la lecture
Les casseurs de prix allemands pris au piège de la sous-enchère
En Allemagne, la question des salaires minimaux a longtemps été taboue, y compris du côté syndical. L’opinion dominante était alors que l’Etat n’avait pas à se mêler du partenariat social, grâce auquel patronat et syndicats garantissaient des salaires minimaux de branche convenables. Puis est venue la montée en force du travail précaire (souvent encouragée par des réformes sociales peu pertinentes), la perte d’influence syndicale et l’augmentation du nombre de salariés non-couverts par des conventions collectives. La question des salaires minimaux est donc arrivée en force et a reçu un soutien syndical décidé. Elle vient de recevoir un autre soutien, plus inattendu: celle du casseur de prix du commerce de détail Lidl.
Pourtant, Lidl (de même que son comparse Aldi) n’est pas connu pour être favorable à ses employés. Au contraire, c’est avant tout sur leur dos qu’il casse les prix: bas (voire très bas) salaires, contrats précaires, surveillance constante – par vidéo jusque dans les toilettes, harcèlement, non-respect de la liberté syndicale, aucune négociation, etc. Et ces pratiques détestables ont malheureusement fait tache d’huile dans l’entier de la branche (et menacent aussi notre pays, où Lidl et Aldi s’implantent). Conséquence: si les prix dans le commerce de détail ont effectivement baissé, c’est au prix de conditions de travail inacceptables et, si création d’emplois il y a eu, ce sont surtout des travailleurs pauvres (ou working poors), dépendants de l’assistance publique. A tel point que la spirale de sous-enchère est devenue intenable, même pour ceux qui l’ont sciemment provoqué.
Les casseurs de prix ont donc été pris à leur propre piège. Au point d’abandonner un des dogmes les plus tenaces de la politique néolibérale de l’emploi, à savoir que l’Etat n’aurait pas à se mêler des rapports de travail, en particulier de la politique salariale. Dogme qui ne résiste décidément pas à la réalité actuelle du monde du travail.
Le «libre choix» de l’école prend l’eau de toute part
Il n’y a pas que les assureurs privés et leurs sbires de l’UDC, du PLR et du PDC qui se sont pris une bonne gifle dans les urnes hier. Il y a eu aussi les partisans de la privatisation de l’école, le «lobby parents suisses». Qui, après Bâle-Campagne et ses 79% de «non» au «libre choix de l’école», a vu une autre de ses initiatives demandant l’introduction d’un financement public des écoles privées et du libre choix de l’école primaire sombrer corps et biens avec plus de 83% de «non», dans un canton très marqué à droite. C’est pourtant à droite qu’elle avait reçu le plus de soutien, notamment à l’UDC, au PLR et à l’UDF.
La campagne du «lobby parents» en faveur du bon scolaire ou chèque-éducation est donc en train de se transformer en fiasco. Deux initiatives ont déjà été balayées dans les urnes. Ses initiatives lancées dans les cantons de ZH, BS, SG et SO devraient à n’en pas douter subir le même sort. Et, dans le canton de Vaud, ses velléités de lancer une initiative populaire se sont, suite à la déconvenue bâloise, transformées en une simple pétition (que le Grand conseil aura à traiter ces prochaines semaines). L’école publique a donc encore de beaux jours devant elle.
Réponse du Conseil d’Etat à mon interpellation sur les faux indépendants
En dernier, j’avais interpellé le Conseil d’Etat suite à un appel d’offre du SDT ouvrant la porte à l’engagement de faux indépendants par le Canton. Le Gouvernement a publié aujourd’hui sa réponse à cette interpellation:
http://www.bicweb.vd.ch/seance.aspx?pObjectID=327761&date=03.03.2010
Liens direct vers la réponse: http://www.publidoc.vd.ch/guestDownload/direct?path=/Company%20Home/VD/CHANC/SIEL/antilope/objet/CEGC/R%C3%A9ponse%20du%20CE/2010/01/334569_09_INT_296_Texte%20adopt%C3%A9%20par%20CE_20100304_776752.pdf
Un commentaire détaillé suivra.
Loi sur l’assurance-chômage: le Conseil des Etats n’a pas adouci sa position
S’il y a bien une idée qui est tenace en ce moment, c’est que le Conseil des Etats vient de faire une fleur aux jeunes chômeurs, en n’approuvant pas toutes les mesures discriminatoires que le Conseil national leur avait réservé dans le cadre de la révision de la loi sur l’assurance-chômage (LACI). Ainsi, le site de la RSR titrait «Chômage: Les Etats pour un projet édulcoré». Les jeunes chômeurs, dont le nombre a explosé avec la crise (+80%!), peuvent-ils pour autant respirer? Que nenni.
Car si la chambre des cantons a quelque peu revu la copie de la chambre du peuple sur quelques points, elle n’en a pas moins durci sa propre position. Revenons sur l’historique du projet. Continuer la lecture
Interpellation sur les effets des coupes budgétaires de la Confédération sur les transports publics vaudois
La Confédération, prise en otage par la stratégie du «moins d’Etat» et les promesses de cadeaux fiscaux (malheureusement en grande partie réalisées) de la majorité bourgeoise du Parlement fédéral, vient de lancer un nouveau plan de coupes budgétaires, qui pourrait avoir des effets négatifs sur de nombreuses lignes de transports publics vaudois, provoquer des reports de charges et sous-investissements dans les infrastructures de transport, malgré des besoins évidents. J’ai donc déposé aujoud’hui l’interpellation suivante: Continuer la lecture

