Les radicaux mettent les pieds dans la taxe plate

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Le parti radical ne semble avoir qu’une seule idée en tête: Comment parvenir à baisser les impôts des hauts revenus tout en reportant la charge sur les classes moyennes? L’objectif est de contenter une petite minorité à la situation plus que confortable, afin d’éviter qu’elle ne passe à l’UDC, qui est, là encore, très habile pour se profiler comme le défenseur des nantis. Mais le PRD pense probablement qu’à force de charger la classe moyenne encore et encore, elle se laissera mieux convaincre par ses slogans de « moins d’Etat ».

Dernière idée en date: l’impôt à taux plat (flat-tax) de M. Merz. En mettant tout le monde au même taux, il est logique que cela ne profite qu’aux hauts revenus et que les revenus moyens subissent une hausse d’impôt. Les contribuables peuvent d’ailleurs s’en rendre compte en essayant le calculateur d’impôt du PS, qui compare IFD actuel et propositions radicales.

Certes, le système fiscal mérite d’être simplifié. En effet, plus il est compliqué, plus il contient de petites subtilités que ne peuvent découvrir et dont ne peuvent se servir que ceux qui ont les moyens de s’offrir un conseiller fiscal. Et plus le salarié-locataire moyen s’offusque d’un système qui multiplie les déductions en faveur des propriétaires-indépendants-actionnaires-(de-holding)-détenteurs d’un pilier 3a-etc. Mais toute simplification qui rime avec allégement de la charge fiscale des hauts revenus aux dépens des autres (voir à ce sujet ce petit florilège) est inacceptable!

Au sujet de la flat-tax, un article de Daniel Oesch, secrétaire central de l’USS (page 159ss. de la lettre d’information de l’USS du 16.12.05)

7 réflexions au sujet de « Les radicaux mettent les pieds dans la taxe plate »

  1. « il est logique que cela ne profite qu’aux hauts revenus et que les revenus moyens subissent une hausse d’impôt. » Pouvez-vous nous expliquer votre « logique »?

  2. Vu qu’avec le « flat-tax », tout le monde est soumis au même taux et à moins qu’on ne prenne le taux maximal comme taux unique (ce qui m’étonnerait beaucoup), les hauts revenus voient forcément leur imposition baiser, car ils sont soumis à un nouveau taux plus bas (vu qu’il est le même pour tout le monde). En outre, la diminution de la progressivité de l’impôt profite fatalement aux hauts revenus, car le taux augmente moins avec l’augmentation du revenu imposable.

  3. Imaginons un Etat à trois citoyens:
    A gagne 200 francs par an est et imposé à 10%: il paie 20 francs d’impôts
    B gagne 50 francs et est imposé à 2%: il paie 1 franc d’impôts
    C gagne 20 francs et n’est pas imposé.
    Rentrées fiscales de l’Etat: 21 francs.
    Si nous voulons instaurer un taux unique en continuant d’exonérer C, il faudra imposer A et B à un taux de 8.4%.
    A paiera 16 francs 80 d’impôts (3.20 de moins)
    B paierai 4 francs 20 d’impôts (4 fois plus qu’avant)

    C’est caricatural et je n’ai volontairement rien fait correspondre aux réels mécanismes de progression, mais ça permet de saisir l’effet premier: la classe moyenne (B) paie plus, quatre fois plus même, alors que les classes aisées (A), paient moins. Il n’y a pas d’entourloupe dans mon exemple, l’entourloupe est dans le projet des Radicaux… qui voulaient remplacer l’impôt fédéral direct par la TVA il y quelques temps, vous vous rappelez? Eh bien, flat tax et remplacement de l’IFD par la TVA ont, très en gros, le même effet.

  4. Je suis d’accord avec toi, Jean-Christophe, la classe moyenne paye trop d’impôts, mais ta logique de vouloir toujour davantage imposer les grandes fortunes ne tient pas debout: les riches ne vivent pas en cage et peuvent déménager à n’importe quel moment si ils le désirent, changer de canton, voir même de pays si celà leur permet d’économiser des millions, cela se fait sans hésiter.

    L’économiste américain Laffer a étudié ce problème: il y a un maximum au delà duquel on ne peut pas espérer tirer plus des entreprises et des citoyens fortunés, car on les fait s’écrouler pour les uns, s’en aller pour les autres.

    Ta logique fait donc inéluctablement baisser les recettes provenants des riches. La seule manière d’abaisser les impôts de la classe moyenne, c’est de mettre un terme au gaspillage des déniers publics, mais ce qui est électoralement bon pour le PS n’est pas nécessairement ce qui est bon pour la Suisse.

    Par contre, en ce qui concerne les propositions du PRD en ce qui concerne le remplacement de l’IFD par la TVA, je dois te dire que nous sommes sur la même longeur d’onde (voir: http://www.davidvaucher.ch/articles/supprimer_ifd.htm)

  5. Il est totalement erroné de croire que les riches quittent le pays dès que les impôts augmentent, ou plutôt devrais-je dire dès que la charge fiscale est rendue plus équitable. En effet, le taux d’imposition n’est qu’un argument secondaire lorsque hauts revenus et entreprises choisissent de s’installer dans notre pays. La qualité de vie, la sécurité publique, la stabilité économique et politique, ainsi que la qualité du système de formation ou des transports publics jouent un rôle beaucoup plus important. Faire croire qu’il faille à tout prix accorder des cadeaux fiscaux pour que les riches restent n’est donc qu’une sorte de « chantage », qui plus est sans le moindre effet avéré. Certes, il y a quelques personnes, genre Johnny Haliday, qui peuvent réellement se permettre de quitter le pays du jour au lendemain, juste parce qu’ils peuvent économiser quelques millions d’impôts en s’installant ailleurs. Mais c’est une infime minorité. Et une politique fiscale raisonnable ne saurait se concentrer sur ces quelques personnes, dont l’arrivée perturbe plus les fiances locales qu’autre chose (p. ex. , les petites communes qui voient arriver un très gros contribuable doivent souvent chambouler leur budget, car les sommes qu’elles doivent verser à la péréquation changent énormément).
    La plupart des hauts revenus n’ont en revanche ni les moyens, ni ne sont disposés à quitter leur pays, leurs attaches, leurs amis, etc. du jour au lendemain. En outre, la vue sur le Lac Léman ne s’abandonne pas facilement, à plus forte raison pour aller s’enfermer dans une vallée obwaldienne!

    Quant à la courbe de Laffer que tu évoques, sa véracité n’a jamais été démontrée. Et même si cette théorie était avérée, le « maximum » de la courbe serait loin d’être atteint. Les exemples de baisses d’impôt généralisées suivies d’une diminution drastique des recettes publiques ne manquent pas…

  6. Ca me fait vraiment bien rire le pauvre petit syndicaliste qui gagne plus de fr. 6’000.- par mois !!!!!!!!!!

    VIVE LA GAUCHE CAVIAR !!!!!!

    Je travaille dans le domaine de la fiscalité et j’ai fait une petite constation, dans pas mal de cas des contribuables qui ne paient pas d’impôts ont plus d’argent à la fin du mois que des contribuables qui paient des impôts ! Est-ce normal pour toi ? Ceci est dû à toutes les subventions que l’on reçoit généreusement à partir dans certain seuil et crois moi y’a beaucoup de profiteur, je tairai leur nationalité….. mais je n’invente rien !

    Dans ce système il vaut mieux gagner moins, donc moins travailler, pour gagner plus, vive le socialisme moderne !!!!

    A bon entendeur

  7. M. Dayer, donnez des exemples concrets et détaillés, plutôt que de prétendre. Mais vous soulevez cependant un problème assez important: celui du « seuil » à partir duquel on ne peut plus prétendre à certaines subventions (p. ex. pour l’assurance-maladie), seuil qui est souvent difficile à digérer pour la classe moyenne… Quelles sont les solutions de l’UDC? Aucune, vu que vos solutions visent plutôt à baisser les impôts des hauts revenus ou des gros actionnaires, par exemple dans le cadre de la « réforme de l’imposition des entreprises II » (http://www.schwaab.ch/archives/2007/06/25/deux-visions-de-la-fiscalite/ )…
    Mais ne nous voilons pas la face: ces dernières années, la pression fiscale a augmenté pour les classes moyennes et défavorisées (notamment à cause des primes LAMAL) et diminué pour les revenus aisés et les entreprises. C’est inacceptable.

    Encore une chose: mon salaire mensuel est d’environ 5200 bruts, et à partir du 1er octobre, de 3700.– par mois. D’où tirez-vous ces 6000? Je tiens mes fiches de salaire et ma déclaration d’impôt à votre disposition.

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