«Sauver Lavaux 3»: Non à l’initiative de trop, oui à un contre-projet équilibré

Le long feuilleton de l’initiative «Sauver Lavaux 3» prendra fin le 18 mai prochain. Les citoyens se prononceront sur cette initiative excessive, mais aussi sur un contre-projet équilibré issu d’un large consensus.

Nul ne remet en doute la nécessité de protéger Lavaux. Mais ce qu’il faut protéger à Lavaux, ce n’est pas seulement le paysage, ce sont aussi les activités humaines qui l’ont façonné et qui le font vivre. Depuis les années 50, les gens de Lavaux, mais aussi les autorités cantonales, ont compris la nécessité de règles d’aménagement du territoire raisonnables qui conjuguent protection efficace et maintien des activités viticoles. Le couronnement de ces lustres d’efforts est l’inscription au Patrimoine Mondial de l’UNESCO. Or, l’UNESCO a parfaitement saisi ce qu’il faut protéger en Lavaux. Il a non seulement salué la législation de protection comme étant une des meilleures, mais il a aussi souligné que le principal danger qui menace notre région serait «la dégradation de l’économie viticole». Nul doute que l’initiative «Sauver Lavaux 3», qui empêcherait presque toute nouvelle construction, y compris d’intérêt public, irait à l’encontre de ce constat et des intentions de l’UNESCO : Elle condamnerait Lavaux à une lente mais inéluctable agonie pour la transformer en une sorte de musée de Ballenberg.

Le contre-projet du Conseil d’Etat, a, lui, parfaitement saisi ces enjeux. Il renforce la protection de la région sans en entraver un développement raisonnable. Il reprend les innovations de la nouvelle loi de protection de Lavaux (LLavaux), révisée en 2012: Elle introduit en particulier une commission consultative d’urbanisme pour conseiller les autorités et la possibilité de construire des places de parcs sous les vignes, ce qui permet aux clients des vignerons et des commerces de venir à Lavaux et à ses habitants de se parquer sans porter atteinte au site. Le contre-projet garantit aussi une meilleure protection, mais sans limiter l’autonomie communale: les zones «hors zone à bâtir» et «intermédiaires», notamment la zone viticole, seront placées sous le régime d’un plan d’affectation cantonal, de la compétence du Grand conseil. Quant aux zones à bâtir, elles resteront de compétence communale. Les règles actuelles, qui sont sévères tout en permettant les constructions et rénovations nécessaires à la vie locale, resteront en vigueur.

Ce contre-projet est issu d’un réel consensus, d’un vrai compromis helvétique pourrait-on dire. Il a été élaboré en collaboration avec les communes, est soutenu par un Conseil d’Etat unanime et a été très largement accepté par le Grand Conseil. La très grande majorité des groupes PLR, PS, UDC, verts, verts libéraux et alliance du centre l’a adopté et a salué les efforts du gouvernement et des communes pour trouver un terrain d’entente.

L’existence même du contre-projet met encore mieux en lumière les défauts de l’initiative «Sauver Lavaux 3». Cette initiative, qui priverait les communes de presque toutes leurs compétences, empêcherait toute construction pendant les 5 ans qui suivrait son adoption. Ensuite, elle rendrait toute nouvelle construction, y compris d’intérêt public, très difficile, pour ne pas dire totalement impossible. Notre région ne pourrait donc plus se doter des infrastructures dont la population a besoin (p. ex. écoles). Certains projets d’intérêts publics pour réaménager intelligemment certaines zones dans nos villages seraient bons à jeter aux oubliettes. Quant aux vignerons et aux autres entreprises, ils auraient la plus grande peine à faire les rénovations et modifications nécessaires à la poursuite de leurs activités (p. ex. agrandissement des caves, nouveaux espaces de dégustations et de vente). De porte-parole vivant du savoir-faire vaudois, Lavaux deviendrait une maquette totalement figée.

Face à ce défi, vos autorités communales s’engagent. Sur propositions des soussignés, le Conseil communal de Bourg-en-Lavaux a voté une motion appelant à rejeter l’initiative. La Municipalité s’est investie en faveur du contre-projet et fera campagne. Mais cette votation ne se gagnera pas qu’en Lavaux: il faudra convaincre tout le canton. Nous ne gagnerons en outre pas sans les habitants de la région. Nous avons donc besoin de vous, de votre engagement, de vos idées, de votre réseau, de votre capacité de conviction… et de vos dons. Vous trouverez toutes les informations sur la page du comité de campagne indépendant «non à l’initiative de trop, oui au contre-projet»: http://www.non-a-sauver-lavaux-3.ch/ .

Texte cosigné par Florence Gross, qui copréside avec moi le comité «Non à l’initiative de trop, Oui au contre-projet», paru dans «La Feuille», journal de la commune de Bourg-en-Lavaux.

 

3 réflexions au sujet de « «Sauver Lavaux 3»: Non à l’initiative de trop, oui à un contre-projet équilibré »

  1. Je prends l’excuse de ce billet pour vous demander qqch de personnel. Pourriez-vous changer le thème de votre site ?

    Cela doit bien faire 2 ou trois ans (plus ?) que je vous vois avec la même tête ici. Je crois savoir que vous avez vieilli (comme nous tous) depuis :o)

  2. Ping : Mais que pourra-t-on construire en Lavaux si l’initiative de trop est acceptée? | Jean Christophe Schwaab

  3. A messieurs dames les pourfendeurs de l’initiative « Sauver Lavaux 3 »

    Pourquoi soutenez-vous un contre-projet qui n’existerait pas sans l’initiative, puisque tout est parfait en l’état ?
    Et puis : une phrase, la phrase de trop, en dit long sur une certaine malhonnêteté de vos « Dix arguments ». Vous dites : « C’est le travail des vignerons qui a transformé une nature insignifiante en un fabuleux paysage. » Ça c’est le top du culot et de la mauvaise foi. Ce ne sont pas les vignerons qui font venir les stars mondiales de tout poil sur les rives du Léman. Ce n’est pas une nature insignifiante non plus.
    Alors votre propagande, non merci.

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