No billag = no switzerland !

Une poignée d’ultralibéraux allergiques à la solidarité confédérale veut supprimer la redevance billag et avec elle la SSR et toutes les radios-TV locales et régionales. Leur initiative « no billag » (qui n’a même pas de titre dans une langue nationale) causerait un tort considérable à la Suisse.

En effet, notre pays doit pouvoir compter sur une offre médiatique diversifiée et équilibrée pour plusieurs raisons. Tout d’abord, en raison de sa diversité culturelle et linguistique. Aujourd’hui, la Suisse romande fait partie des gagnantes de la répartition de la redevance : les Romand en bénéficient plus qu’ils n’en paient. Et c’est bien normal, car la protection des minorités linguistiques et la paix des langues passent par un effort des Suisses-allemand majoritaires.

La petite taille de notre pays est aussi un argument fort en faveur du service public audio-visuel. En effet, produire des programmes radio-TV pour une zone aussi petite que la Suisse romande ne serait tout simplement pas rentable. Les produire pour des radios-TV locales qui couvrent des zones encore plus restreintes le serait encore moins. Sans mandat de service public financé par la redevance, tant la SSR que les radios-TV régionales disparaîtraient et personne ne les remplacerait, car, selon le texte de l’initiative, les pouvoirs publics auraient l’interdiction totale de financer la radio et la télévision. Les programmes radio-TV destinés aux romands seraient donc produits… à Paris, pour autant qu’il y en ait ! Pis, certains grands événements sportifs, comme le Tour de Romandie cycliste ou les courses de ski alpin, ne pourraient tout simplement plus avoir lieu, faute d’infrastructures radio-TV que la SSR est la seule à pouvoir fournir. Quant à la couverture audio-visuelle de grands événements populaires comme la Fête des Vignerons ou la Fête fédérale de lutte, on pourrait tout simplement l’oublier, car aucun prestataire privé n’investirait, à plus forte raison s’il ne reste plus que des producteurs français pour « couvrir » ce qui se passe chez nous.

Enfin, notre démocratie directe a besoin de diversité médiatique. En effet, avant de voter, les citoyens doivent pouvoir s’informer en détails, et comparer les positions et les analyses afin de se faire leur propre avis. Pour cela, il faut des médias nombreux, divers et présents sur tout le territoire. Or, avec la saignée que connaît actuellement la presse écrite, cette diversité médiatique est en péril, ce qui renforce encore les arguments en faveur d’un service public de qualité. Pis, l’initiative « no billag » veut carrément biffer ces phrases de notre Constitution : « La radio et la télévision contribuent à la formation et au développement culturel, à la libre formation de l’opinion et au divertissement. Elles prennent en considération les particularités du pays et les besoins des cantons. Elles présentent les événements de manière fidèle et reflètent équitablement la diversité des opinions. » Les initiants veulent donc explicitement affaiblir notre démocratie et la diversité de notre pays.

Le 4 mars, je voterai NON à « no billag » et vous recommande d’en faire de même.

 

Texte paru aujourd’hui dans « Le Courrier Lavaux-Oron« .

 

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