Le salaire minimum réduira la «facture sociale»

Les montants de la «facture sociale» font régulièrement parler d’eux dans notre canton. Les communes se plaignent de manière récurrente de leur augmentation… et surtout du fait qu’elles n’aient pratiquement aucun pouvoir sur eux. La droite du parlement cantonal annonce d’ailleurs vouloir s’y attaquer à grands renforts de roulements de tambours. Or, ceux qui déplorent l’augmentation des dépenses sociales ne lèvent que rarement le petit doigt lorsqu’un objet fédéral entraîne un report de charges sur les dépenses sociales (on peut penser aux révision de la LACI ou de l’AI), ou, comme c’est le cas du salaire minimum, permettent de les diminuer. Car le salaire minimum légal est un moyen efficace pour garantir un revenu décent. Et qui dit revenu décent, dit augmentation des recettes fiscales et surtout diminution de la dépendance aux aides étatiques: aide sociale, revenu d’insertion, subventions pour les primes LAMAL, autres mesures de soutien comme les bourses d’étude pour les jeunes en formation, etc.. Cette intervention de l’Etat s’apparente à un subventionnement de l’économie, à une socialisation des coûts: les entreprises qui comptent sur de très bas salaires pour arrondir leurs bénéfices délèguent leur responsabilité à l’Etat… et aux contribuables.

Un revenu décent pendant la vie active… et après!

Mais le salaire minimum permet aussi de garantir un meilleur revenu non seulement pendant la vie professionnelle, mais aussi pour la retraite. Et, garantir de meilleures rentes AVS et du 2ème pilier, c’est diminuer les dépenses des prestations complémentaires, elles aussi à la charge des cantons.

D’ailleurs, les recettes des assurances sociales seront sensiblement améliorées grâce à l’initiative. Selon avenir.suisse, qu’on ne peut pas soupçonner de sympathies syndicales, l’augmentation de recettes sera d’environ 126 millions de francs par an pour l’AVS, chiffres corroborés par une étude d’Unia menée par un ancien professeur à la HES de Lucerne[1]. Selon les calculs d’Unia, les assurances sociales devraient au total bénéficier d’une augmentation de recettes de quelque 300 millions de francs.

Les contribuables gagnants

Le salaire minimum est donc une opération gagnant-gagnant pour l’Etat, qui verra ses dépenses sociales diminuer et ses rentrées fiscales augmenter. Malheureusement, le Conseil fédéral n’a pas voulu étudier la question et l’a dit noir sur blanc en réponse à une interpellation de la conseillère nationale Jacqueline Fehr. Espérons que le Conseil d’Etat vaudois sera un peu plus curieux et qu’il répondra de manière détaillée à l’interpellation du député Stéphane Montangero.

Les initiants ont fait leurs calculs. Selon l’étude d’Unia précédemment évoquée, les dépenses d’aide sociale baisseront de 100 millions de francs dans tout le pays en cas de oui. On ne peut qu’espérer que les communes vaudoises et leurs association-faîtières saisiront cette chance de faire baisser la «facture sociale» sans péjorer la situation des personnes en difficultés.

Le salaire minimum légal ne doit cependant pas être soutenu uniquement parce que les collectivités publiques et les contribuables y ont intérêt, mais surtout parce qu’il améliorera concrètement la vie de centaines de milliers de travailleurs et de leurs familles.

Une réflexion au sujet de « Le salaire minimum réduira la «facture sociale» »

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