Le travail doit en valoir la peine

Bien des travailleurs pauvres ont un revenu disponible à peine supérieur à celui qu’ils auraient s’ils ne travaillaient pas du tout et dépendaient entièrement de l’assistance publique. Ce qui signifie qu’une personne dépendant de l’aide sociale qui fait le choix de se réinsérer dans le monde du travail n’améliorera pas sa situation financière. Bref, à ce tarif, le travail n’en vaut guère la peine.
Pour les personnes concernées, c’est extrêmement problématique, car rester à l’aide sociale diminue les chances de retrouver un jour un emploi. L’Etat en subit aussi les inconvénients, car les bénéficiaires l’aide sociale n’ont pas intérêt à en sortir. Or, elle coûte de plus en plus cher : ses dépenses ont été multipliées par 3,5 en 15 ans et ce n’est pas la révision de la LACI, qui a expédié à l’aide sociale plusieurs centaines de personnes d’un seul coup, qui va améliorer la situation.
C’est là qu’interviennent les prestations complémentaires pour familles (PC familles), soumises au vote le 15 mai. Il s’agit d’un complément de revenu d’au maximum 33’000.—Fr. par an (en moyenne 7’800.—Fr. par famille concernée) versé aux travailleurs pauvres avec enfants de moins de 16 ans. Contrairement à l’aide sociale, qui diminue avec la croissance du revenu d’un éventuel emploi (ce qui fait que le revenu disponible stagne), les PC familles s’ajoutent au revenu du travail, dans le but d’encourager la reprise d’une activité lucrative sans diminuer le revenu disponible. Dans ce cas, plus les personnes concernées travaillent, plus leur revenu disponible augmente, alors que tel n’est pas le cas avec le système actuel. Bref, travailler en vaut de nouveau la peine. En outre, les PC familles sont bien plus adaptées à la situation des personnes qui travaillent que l’aide sociale, en particulier parce qu’elles n’ont pas besoin de mesures de réinsertion.
Comme les familles de travailleurs pauvres sont encouragées à retrouver du travail grâce aux PC familles, elles ont moins, voire plus du tout besoin de l’aide sociale. 900 familles (2’600 personnes) pourraient ainsi en sortir et les dépenses d’aide sociale à la charge des contribuables du canton et des communes diminueraient d’environ 48 millions par an. La «facture sociale» à la charge des communes diminuerait d’environ 13 millions. Certes, ces diminutions ne suffisent pas à financer complètement les PC familles. Le surcoût est donc financé par une cotisation paritaire minime sur les salaires d’à peine 0,06%, ce qui correspond à seulement 3.—Fr. par mois pour un revenu annuel de 50’000.—Fr.
Le PC familles sont un progrès social indispensable pour soutenir les familles de travailleurs pauvres (1 actif sur 10!). Elles soutiennent efficacement ceux qui veulent s’en sortir et encouragent les personnes à l’aide sociale à retrouver un travail. Le 15 mai, oui aux PC familles!

2 réflexions au sujet de « Le travail doit en valoir la peine »

  1. Ping : Un projet sans nouvel «effet de seuil» | Jean Christophe Schwaab

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