Une offensive pour la formation continue: des bons de formation de 5000.-Fr.
Pour la rentrĂ©e parlementaire, j’ai dĂ©posĂ© une motion au grand conseil pour que le canton dĂ©livre des bons de formation continue de 5′000.-Fr. Ă chaque titulaire vaudois d’un CFC ou d’un diplĂ´me de culture gĂ©nĂ©rale. La formation continue est en effet très inĂ©galitaire: y ont surtout accès les personnes dĂ©jĂ bien formĂ©es et qui disposent d’un revenu Ă©levĂ©. Avec les bons de formation continue, soutenus notamment par l’USS et la SociĂ©tĂ© des employĂ©s de commerce, il est possible de rĂ©duire certaines barrière financière Ă la formation professionnelle supĂ©rieure.
Voici le texte de la motion dĂ©posĂ©e aujourd’hui:
Motion pour une offensive de formation continue: des bons de formation de 5′000.—Fr. pour tous les titulaires de CFC!
La formation continue améliore les chances des salarié-e-s de réussir dans leur métier et dans la société. Pour les jeunes professionnels, les diplômes sanctionnant une formation professionnelle supérieure constituent une façon efficace d’apporter la preuve de leurs capacités et de leur expérience sur le marché de l’emploi. En outre, les entreprises disposent ainsi de personnel très qualifié. L’Etat y trouve aussi son compte, notamment par le biais de rentrées fiscales plus importantes.
Actuellement, la formation professionnelle supérieure souffre d’un manque de financement. Cette filière de formation duale, fondée sur la pratique, ne lutte pas sur pied d’égalité avec la filière des écoles supérieures et des hautes écoles spécialisées, financée essentiellement par les pouvoirs publics. La formation professionnelle supérieure, où des professionnels mettent directement en pratique les enseignements théoriques et acquièrent de l’expérience, constitue la pépinière de la principale base de notre économie. Il y a lieu de réduire les obstacles financiers à l’accès à la formation continue dont souffre cette classe nombreuse.
Il est avéré que les bons de formation sont une incitation à poursuivre des activités de formation continue supplémentaires et qu’il en est fait usage. Selon une étude récemment publiée par l’OFFT (Wolter/ Messer, Formation continue et bons de formation, résultats d’une expérience menée sur le terrain, Berne, février 2009; disponible ici en allemand), il s’agirait même de l’instrument incitatif le plus efficace. Il est aussi vrai que quiconque a suivi une première formation continue en fréquentera très vraisemblablement d’autres. Ainsi, l’introduction de bons de formation modifiera positivement et durablement l’attitude des gens face à la formation continue.
Nous avons de bonnes raisons de soutenir la demande de formation continue en favorisant les jeunes qui terminent une formation du secondaire II: plus l’incitation intervient tôt, plus son effet est durable et rentable. Lorsque l’on se trouve dans une période de difficultés économiques, il est en outre particulièrement important de soutenir les jeunes travailleuses et travailleurs, plus durement touchés par le chômage que la moyenne.
La formation continue est capitale tant pour l’aptitude au placement des salarié-e-s que pour la compétitivité de l’économie. Il est donc tout à fait justifié d’y consacrer davantage de fonds publics. Ces montants restent néanmoins raisonnables: sur la base d’environ 4000 CFC, CFC cantonaux et diplôme d’écoles de culture générale délivrés chaque année dans notre canton et en supposant un taux d’utilisation des bons de 40 pour cent, nous obtenons un budget annuel supplémentaire d’environ 8 millions de francs annuels pour des bons de formation continue de 5000 francs.
Par la présente motion, nous demandons au Conseil d’Etat de présenter un exposé des motifs et projet de loi ou de décret réglant l’octroi de bons de formation de 5000 francs à toutes les personnes ayant terminé une formation professionnelle initiale sanctionnée par un certificat fédéral de capacité (CFC) ou une formation similaire du degré secondaire II (p. ex. école de culture générale), sous condition de ressources. Ces bons de formation peuvent être utilisés dans les cinq années qui suivent la fin du degré secondaire II pour s’inscrire à une formation professionnelle supérieure menant à un titre reconnu par la Confédération ou le canton.
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28 août 2009 at 23:22
Et qui paie?
29 août 2009 at 8:47
L’Etat doit investir ces sommes et les prendre dans son budget de fonctionnement. Un franc dĂ©pensĂ© dans la formation en rapporte au minimum deux (c’est d’ailleurs probablement plus avec la formation continue). Parmi les retombĂ©es attendues: Plus de rentrĂ©es fiscales, moins de chĂ´mage, plus de productivitĂ©, plus d’innovation, plus d’arrivĂ©es et de crĂ©ations d’entreprises attirĂ©es par la main d’oeuvre très qualifiĂ©e.
1 septembre 2009 at 7:47
Certes, mais ce n’est pas en donnant 5000 francs Ă tout le monde que la productivitĂ©, les salaires et le retombĂ©es fiscales vont augmenter. Tout cela me semble bien thĂ©orique et typiquement socialiste: on arrose tout le monde, sans tenir compte des besoins, sans contrĂ´le et au frais du contribuable…
1 septembre 2009 at 8:11
Philippe, c’est Ă croire que vous faites exprès de mal comprendre mes propos. Si tel Ă©tait le cas, vous auriez compris:
-qu’il s’agit de “bons” (donc pas d’un montant distribuĂ© Ă tout le monde sans distinction),
-utilisables pour une formation professionnelle supérieure (termes précisément définis par la loi sur la formation professionnelle)
-reconnues par l’Etat (donc sous contrĂ´le),
- utilisables pendant un dĂ©lai dĂ©fini (5 ans dès l’obtention du CFC) et
-distribuables “sous conditions de ressources” (donc pas n’importe comment)
- aux dĂ©tenteurs de CFC (dont pas Ă n’importe qui).
Mais Ă©videmment c’est beaucoup plus facile de critiquer quand on a pas lu les texte que l’on critique.