Victoire anti-nucléaire au grand conseil vaudois

Le grand conseil a débattu cet après-midi de la réponse du conseil d’Etat à mon interpellation concernant la demande faite par ATEL (devenue Alpiq suite à la fusion avec EOS) de construire une centrale nucléaire.
Le conseil d’Etat y a répondu plutôt mollement et surtout de manière insatisfaisante. Certes, il compte remplir le mandat constitutionnel de l’art. 56 en encourageant les énergies renouvelables. Mais, au lieu d’intervenir directement pour un retrait de la demande d’Alpiq (comme l’a fait par exemple la ville de Genève), il se contente d’espérer que cette demande sera retirée. Bref, une attitude indigne d’un gouvernement. Lorsqu’on espère que quelque chose n’arrive pas, on ne peut en effet se contenter d’espérer que cela n’arrive pas, surtout si c’est en se basant sur des conjectures. Et d’autant plus si on aurait les moyens d’agir directement, ce qui est le cas du canton de Vaud, qui détient des participations dans Alpiq via Romande Energie et y délègue des administrateurs.

Mécontent de cette réponse, j’ai donc déposé, de concert avec mon collègue vert Yves Ferrari, la détermination ci-après, qui a été acceptée par le grand conseil, malgré l’opposition du conseil d’Etat. Lequel a d’ailleurs fini par admettre au cours du débat (ce qu’il n’avait pas fait dans sa réponse écrite, se contentant d’évoquer l’avis… du conseil fédéral), qu’il est d’avis «qu’on ne pourra pas se passer de nouvelles centrales nucléaires à court terme». Ce qui est une ânerie et un oreiller de paresse.

Détermination

Le Grand Conseil souhaite que le Conseil d’Etat prenne des mesures actives pour que les entreprises productrices d’électricité directement ou indirectement en mains du canton appliquent l’art. 56 de la Constitution cantonale visant à se passer de l’énergie nucléaire, notamment en exigeant des administrateurs délégués par l’Etat qu’ils s’engagent pour le retrait de la demande d’autorisation de construire une centrale nucléaire déposée par Alpiq.

Lausanne, le 3 mars 2009, Yves Ferrari et Jean Christophe Schwaab

RĂ©ponses du conseil d’Etat aux interpellations.pdf

5 réponses à “Victoire anti-nuclĂ©aire au grand conseil vaudois”

  1. Fred affirme:

    Je ne suis pas un partisan du nuclĂ©aire, mais j’aimerais quand mĂŞme, de temps en temps, que les politiciens, et pourquoi pas ceux de gauche vu que la droite semblent aveuglĂ©e Ă©galement, me dise, concrĂŞtement, par quelles mesures ils comptent garantir l’approvisionnement en Ă©nergie du canton, et de manière plus gĂ©nĂ©rale de la suisse.
    Car il ne faut pas se leurrer, suivant l’Ă©volution de la demande, de la lĂ©thargie pour imposer des constructions moins gourmandes, de l’incapacitĂ© Ă  transformer les bâtiments cantonaux, nous courrons aux devants de problèmes en Ă©nergie grave. Et le jour ou les coupures devront ĂŞtre imposĂ©es par secteur pour garantir l’approvisionnement de secteurs sensibles, les politiciens imprĂ©voyants sauteront.

  2. jcs affirme:

    Vous avez raison, Fred. C’est maintenant qu’il faut se dĂ©cider pour l’assainissement Ă©nergĂ©tique et les Ă©nergies renouvellables. Pas dans 10 ou 20 ans. Or, le nuclĂ©aire n’est qu’un oreiller de paresse qui permet de retarder ces dĂ©cisions urgentes. Je vous recommande la lecture des documents du PSS sur le sujet:
    http://www.sp-ps.ch/index.php?id=15&action=detail&uid=3432&L=1
    http://www.sp-ps.ch/index.php?id=17&action=detail&uid=3398&L=1&referer=%2Findex.php%3Fid%3D17%26L%3D1

  3. Fred affirme:

    Ces deux articles sont bien jolis, mais ou sont les chiffres?
    Je veux bien croire, que le nuclĂ©aire est remplaçable, mais Ă©tant dans l’industrie et ayant eu pour client des promotteurs des Ă©nergies renouvelable, je sais un peu ce qu’il en retourne et il faut plus que juste affirmer qu’on peut le faire pour me convaincre.
    Où sont les mesures proposées pour y arriver? Les obligations à la construction écologique? Les investissements dans le renouvelables hydrolique surtout?
    Parce que l’Ă©olien bute sur des Ă©colos qui trouve les Ă©oliennes moches, et le solaire est un peu limitĂ© par notre climat.
    Ce que tu m’as montrĂ© lĂ  n’est que du blabla politicien, ce n’est pas ce que j’attends, ni ce qu’attendent les gens.
    Il est Ă©galement complĂ©tement oubliĂ© le nuclĂ©aire nouveau, celui qui utilise les dĂ©chets…encore une fois, la suisse avant du potentielle mais rate le coche, car trop bloquĂ©e sur des idĂ©ologie de grands-parents.
    Parce qu’il ne faudrait pas oublier que la suisse dĂ©pend de ces importations pour l’Ă©nergie, et que le canton de vaud dĂ©pend des autres pour les siennes. Quand ca va nous tomber sur la gueule, ca sera trop tard pour jouer Ă  “on ne savait pas”. Me semble en plus que le ministre en charge de ces choses est socialiste, il fait quoi l’ami pour gĂ©rer cela? Pas assez actif Ă  mon avis.

  4. Philippe affirme:

    @ Fred: le ministre de l’Ă©nergie en Suisse s’appelle Moritz Leuenberger, socialiste….

    ABE

  5. Fred affirme:

    @Philippe
    Je le sais bien, je ne vois pas trop ce que votre rĂ©ponse, qui n’en est pas une, vient faire ici.

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