Nombreux sont les socialistes à s’enthousiasmer pour l’initiative lancée aujourd’hui pour un «revenu de base inconditionnel» (ou allocation universelle, ou encore impôt négatif). Il est vrai que ses objectifs sont de prime abord séduisants: garantir à chacun un niveau de vie décent et supprimer la pression à accepter n’importe quel emploi. Or, à mon avis, cette proposition est un miroir aux alouettes qui pourrait avoir des conséquences désastreuses sur les salaires, les conditions de travail, l’égalité des chances et les assurances sociales, thèmes chers aux socialistes s’il en est.
Selon ses partisans, le revenu de base inconditionnel devrait se monter à environ 2000 à 2500 francs par mois (le texte de l’initiative ne contient aucun chiffre). C’est là qu’est le premier écueil: ces faibles montants ne sont pas un revenu décent. On me rétorquera que l’aide sociale verse actuellement des montants de cet ordre de grandeur, parfois même inférieurs. Mais même s’il s’agit d’une pratique actuelle, ce ne sont pour autant pas des revenus décents, ni suffisants. Pour un revenu véritablement suffisant, il faut plutôt compter sur 4000.—Fr. par mois, comme le demande l’initiative pour le salaire minimum.
Baisse des salaires au lieu de la suppression des emplois précaires
Les partisans du revenu de base prétendent que ce revenu doit «libérer de l’obligation de gagner sa vie» et entraînerait la disparition des emplois précaires ou mal payés, car, puisque le revenu de base garantit le minimum vital, plus personnes ne voudra de ces emplois. Or, c’est probablement le contraire qui se produirait. Comme ces faibles montants ne suffiront pas à atteindre le premier objectif de l’initiative, à savoir garantir des conditions de vie décentes, leurs bénéficiaires seront obligés de travailler quand même, malgré le revenu de base. La pression d’accepter n’importe quel emploi ne disparaîtra donc pas. Pis, le revenu de base incitera les employeurs à baisser drastiquement les salaires, arguant que «le revenu de base est déjà garanti»! Les «bénéficiaires» du revenu de base ne seront donc pas libérés de «l’obligation de gagner leur vie» et ils devront se contenter de salaires plus bas. Le revenu de base aura un effet pervers supplémentaire, celui de baisser la valeur du travail. Le salaire, c’est en effet la contrepartie de la mise à la disposition de la force de travail. Si les salaires baissent à cause du revenu de base, la valeur du travail baissera elle aussi.
Droit au travail nié
Enfin, le revenu de base inconditionnel aurait pour grave défaut d’exclure définitivement bon nombre de travailleurs du marché du travail (dont on nierait alors le droit au travail): ceux dont on ne jugerait pas la capacité de gain suffisante (p. ex. en raison d’un handicap, de maladie ou de faibles qualifications) n’auraient qu’à se contenter du revenu de base. Les femmes, qui, à compétences égales, gagnent moins que les hommes, pourraient elles aussi être incitées à se contenter du revenu de base, ce qui les tiendrait éloignées du marché du travail. L’égalité en prendrait un sacré coup!
Pour ces raisons, il est incompréhensible que des syndicats comme Syna (membre de travail.suisse) soutiennent le revenu de base inconditionnel. Heureusement, aucun syndicat membre de l’USS n’est tombé dans le piège.
Conséquences négatives pour les bénéficiaires des assurances sociales
Le revenu de base devrait, selon ses partisans, aussi remplacer plusieurs assurances sociales, dont l’assurance-chômage ou l’assurance-invalidité. Or, les 2000 à 2500.—Fr. par mois prévus sont largement en-dessous de certaines prestations sociales actuelles. Pour les personnes concernées, l’introduction du revenu de base signifierait une diminution du pouvoir d’achat.
Bref, le revenu de base inconditionnel est pire qu’une fausse bonne idée. Son acceptation serait une catastrophe pour les salariés. Il convient donc de s’y opposer dès maintenant.
Bonjour,
Votre argumentation est hélas ce qu’on retrouve souvent à gauche (voir ce que j’écrivais à ce sujet ici http://wp.me/p1peJJ-76 ). Pourtant, il me semble que le revenu de base inconditionnel apporte des éléments qui ne sauraient laisser indifférent les hommes et femmes de gauche (notamment l’éradication de la pauvreté).
D’une certaine manière, vous exprimez vos doutes et vos craintes de manière synthétique dans votre dernier paragraphe : l’acceptation du revenu de base « serait une catastrophe pour les salariés ». C’est un choix de défendre les salariés versus les précaires, et de laisser croire aux précaires qu’un jour aussi, ils auront cette chance d’être un salarié…
Vous placez le droit au travail comme LE droit sacré. Vous dites que le droit au travail serait nié par l’instauration du revenu de base inconditionnel. Je dis moi aujourd’hui que les droits fondamentaux de la personne sont niés et que cela ne semble émouvoir personne pour autant.
Ainsi, l’article 25 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (http://www.un.org/fr/documents/udhr/#a25) stipule que : « Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l’alimentation, l’habillement, le logement, les soins médicaux »
Il n’est à aucun moment indiqué que le travail soit un préalable à ces droits fondamentaux. Cela me semble l’un des dysfonctionnement majeur de nos sociétés de considérer que la situation de précarité est admissible, l’exclusion une banalité. Pour « faire société » il faut commencer par ne jamais accepter que certains en soient exclus. Après, éventuellement, on peut discuter. Mais les conditions de vie dignes ne sont pas négociables.
Quant à savoir si pour le salarié le revenu de base inconditionnel serait une mauvaise nouvelle… Finalement, les conditions de travail étant ce qu’elles sont devenues par la raréfaction (durable) de l’offre sur le marché de l’emploi, on peut considérer qu’un revenu de base inconditionnel permettrait de rétablir un rapport de force plus juste entre employeur et employé.
Chacun sachant ses besoins de base couverts, il pourrait refuser ou quitter un emploi qu’il ne jugerait pas digne, ou aux conditions déplorables. Chacun pourrait aussi choisir une activité de son choix, pas forcément dans le secteur marchand. La dignité n’est pas dans le travail. La dignité est dans la Liberté de choisir son activité, qu’elle soit rémunérée ou non.
Je comprends que le revenu de base inconditionnel vous choque : il rompt le lien emploi-revenu. On change de paradigme. On ne perd plus sa vie à la gagner.
Cordialement,
Il y a quand même un problème dans votre argumentation: le revenu inconditionnel à 2000 francs n’éradiquerait pas la pauvreté, parce que franchement, il ne s’agit pas là d’un revenu décent. Il ne s’agit pas non plus de conditions totalement « dignes », que vous prétendez pourtant « non négociable ». Quant à savoir si l’on « perd sa vie » à la « gagner » c’est un point de vue que je ne partage pas non plus.
Je n’ai pas évoqué le montant dans mon argumentation. Il doit évidemment être en adéquation avec les objectifs exposés, je vous rejoins sur ce point.
Quand on est dans votre cas ou le mien, avec des métiers que nous avons choisis et plutôt épanouissants, on peut ne pas trouver qu’on « perd sa vie à la gagner ». D’autres exerçant des fonctions qui prennent en charge nos tâches les plus ingrates et/ou les plus pénibles ne partagent sans doute pas cette optimisme.
C’est tout à fait juste. Il faut cependant éviter qu’un revenu de base entraînant une baisse des salaires ne maintienne la pression sur les personnes peu qualifiée pour qu’elle acceptent n’importe quel emploi, qui plus est à des conditions inférieures celles qui auraient existé sans revenu de base. A mon avis, la gauche doit plutôt concentrer ses combats sur l’amélioration des conditions de travail et d’accès au marché de l’emploi.
Je vous suis dans une partie de votre argumentation. Le principal problème, et le piège dans lequel beaucoup risquent de tomber, est la question du montant. Pour résumer, un montant suffisamment haut pour en vivre décemment est une idée que nous pouvons soutenir, alors qu’un revenu trop bas pour que l’on puisse se passer de travailler incitera probablement, comme vous le dites, les employeurs à baisser leurs salaires et ne fera que reporter sur l’Etat les marges ainsi dégagées par les entreprises.
Mais j’ai de la peine à comprendre votre argumentation concernant le droit au travail. En effet, nous vivons dans une société de travail de plus en plus stressante. Faut-il estimer que le travail est une denrée chère au point de vouloir l’imposer à tous? Ne faut-il pas plutôt veiller à ce que chacun puisse choisir un emploi à sa convenance, ce qui finira je l’espère par faire pression sur les employeurs pour leur faire améliorer les conditions de travail. Avec une allocation de base universelle suffisamment haute, nous mettons les emplois en concurrence face aux travailleurs, puisque ces derniers ne sont plus dans l’obligation de devoir les prendre pour survivre. Cela ne pourra qu’augmenter la qualité desdits emplois.
On voit bien le problème que vous soulevez de l’exclusion de certaines catégories de travailleurs. Cependant, j’ose croire que des mesures incitatives pourraient être prises dans le but de compenser cet effet. Mais il s’agit de spéculation.
En bref, ma question serait de savoir si vous « préférez » un revenu inconditionnel à 4’000 CHF ou un salaire minimal à 4’000 CHF, dans la mesure où ces deux positions varient sur le rapport au travail.
Meilleurs messages.
Je préfère le salaire minimum, car cela n’aurait pas d’effet négatif sur les autres salaires (contrairement au revenu de base) et cela correspondrait à une rémunération pour ce qu’est le travail: la mise à disposition d’une force de travail en échange d’un salaire.
Il est vrai qu’on pourrait envisager des mesures incitatives pour éviter que les personnes peu qualifiée ou considérées (à tort ou à raison) comme « peu ou pas employable ». Mais cela ne résoudrait à mon avis pas le problème principal: avec un revenu de base, les employeurs pourraient prétendre que « les besoins de base sont couverts » et baisser tous les salaires, surtout ceux des emplois les moins qualifiés. Les incitations n’auraient alors pour effet que d’inciter à accepter des emplois encore moins bon qu’actuellement. En outre, cela ne diminuerait pas la pression d’accepter un emploi à tout prix, alors que c’est là l’un des objectifs du revenu de base (objectif louable).
Cher Monsieur Schwaab, merci de vous intéresser à cette initiative. En effet le débat sur le montant du revenu de base (rdb) est nécessaire : comme le décrivait bien A. Gorz (qui lui aussi au départ ne trouvait pas l’idée d’un rdb bonne, puis y est venu : lire ici http://www.societal.org/docs/55.htm), le rdb doit être réellement suffisant (et en effet, 2’500,- pour vivre dans les villes notamment, n’est juste pas tenable actuellement) : mais l’initiative ne fixe pas de montant, justement !
Elle ne fait que stipuler que ce revenu « doit permettre à l’ensemble de la population de mener une existence digne et de participer à la vie publique » ! C’est donc tout à fait clair ! Voir le texte ici : http://www.admin.ch/ch/f/ff/2012/3905.pdf
J’espère que vous aurez le réflexe intellectuel d’au moins accorder cela.
Quant à la question du « droit à travailler », elle n’existe que dans les lubies socialistes, et encore, merci de me citer où un fondateur du socialisme a pu avancer une telle idée.
Certes le prolétariat a peut-être manifesté pour réclamer le droit de se faire exploiter, mais il n’y a nulle part mention (légalement, juridiquement, etc.) de droit à être obligé de faire quelque chose, de même qu’il n’existe pas de droit à être acheté. En effet, le droit au travail ne peut être que le droit à exercer une activité choisie, que personne ne peut nous acheter ou nous enlever.
C’est ce que veut provoquer l’instauration du revenu de base dans notre société, une vie libérée de l’obligation de vendre sa force de travail pour vivre dignement.
Tout socialiste qui tient la route devrait donc, d’après moi, soutenir cette idée, et se battre aux côtés des initiant-e-s pour que le montant qui lui sera dévolu soit assez élevé pour ne pas provoquer les dangers que vous relever de manière tout à fait pertinente !
L’association BIEN-Suisse, dont je fais partie du comité, sera sans doute très intéressée à continuer le débat avec vous.
Merci de votre attention.
M. Cart, vous savez aussi bien que moi qu’une fois une initiative populaire acceptée, il faut tenir compte de la volonté des initiants pour l’appliquer. Or, la volonté des initiants est on ne peut plus claire sur le montant souhaité: 2000 à 2500.–Fr. Ce qui est largement iinsuffisant pour garantir une « existence digne », ravi que vous en conveniez! En outre, vous n’êtes pas sans savoir quelle est la majorité parlementaire qui serait chargée de faire la législation d’application de l’initiative dont le texte (le lien est dans mon billet, vous l’avez aussi constaté) ne contient pas de montant ne serait certainement pas encline à inscrire un montant réellement « suffisant » dans la loi.
Cela dit, les questions de montants sont à mon avis accessoires. Je m’oppose surtout au principe du revenu de base, car, à mon avis, il fait peser un grand danger sur les salaires et sur les assurances sociales, mais sans remédier à la pression d’accepter les emplois précaires. Au contraire.
Enfin, je suis ravi de savoir qu’un membre des Verts sache aussi bien ce qu’un « socialiste digne de ce nom » doit avoir comme position.
Mis à part ça, un de mes précédents billets sur le sujet montre que je suis ouvert au débat sur le sujet http://www.schwaab.ch/archives/2011/06/04/allocation-universelle-panacee-ou-miroir-aux-alouettes/ Et je dois bien reconnaître à l’initiative de BIEN-CH le mérite de lancer un débat intéressant ce dont je me réjouis!
Bien cordialement
Je me réjouis de pouvoir participer à cette campagne de signatures.
Pour tous ceux qui s’y intéressent et que les débats contradictoires ne font pas peur, retrouvons nous à EcoAttitude mercredi 23 mai à 17:30 h pour une séance de travail.
Campagne passionnante en effet. Elle permettra de sonder le degré de conscience et d’intérêt des citoyens les plus instruits pour les problèmes économiques, sociaux et culturels.
J’ai l’impression qu’ y aura de nombreuses notions à revoir. Le travail, la valeur du travail, le travail comme objet de chantage ou de reconnaissance. Le travail comme service ou comme marchandise etc.
Avec lui, les rapports et conditions pour le réaliser deviennent à leur tour instruments de domination, moyen de relation positive ou cause conflictuelle.
Le travail est devenu le centre de toutes nos préoccupations,de toutes nos spéculations. Peu importe s’il est fonction de productivité, s’il satisfait le productivisme, s’il est inutile et hautement rentable, s’il sert une cause matérielle ou fictive…
Mais on ne parle plus du travail comme d’une activité créatrice, experte excrétée par une mobilisation massive de ses savoirs et expériences, de son investissement dans la facture, de son implication dans la défense de la cause ni on ne considère la qualité de l’exécution qu’on ne quantifie même pas.
Avec cela, il faudra aussi revoir l’esprit du contrat , de faire la différence avec le contrat négocié et le contrat standardisé où l’on vient obligatoirement à standardiser ou à normer les demandes de services qui limitent les offres en réponse.
Il y aura beaucoup de questions qui seront soulevées et celle du financement du RdB est sur toutes les lèvres légitimement posée.
C’est la clé de répartition dans la fiscalité et les ressources qui requièrent une réponse que les autorités dirigeantes devront apporter.
La lutte pour l’égalité de traitement, de revenus et de promotion ne trouverait-elle plus son moteur avec le RdB? Qu’en disent les féministes?
Il y a des droits fondamentaux immatériels qu’on n’évoque pas.
Il y a aussi ce paradigme du droit érigé en objet de mérite qui se gagne par fractions dans les luttes…
C’est bien l’ordre social actuel qui est en cause. Le projet du revenu inconditionnel de base fait le procès de notre société basée sur des ordres de marche émanant des élus incapables et soumis aux oligarques industriels et financiers du monde entier.
arlene-Beatrix Dupraz
Et qui vous donne le droit de « faire le procès de notre société » ? C’est cette même société….à méditer à l’occasion, avant de vouloir changer le monde !
Ah ces chers socialistes, tellement accrochés à leur pouvoir d’achat et à leur droit au travail qu’ils en oublient même les objectifs, créer une société libérée, seine et heureuse. Ça peut sembler un tant soit peu naïf à première vue mais c’est à mon avis vous, Monsieur Schwaab qui êtes tombé dans un piège. Le piège des institutions qui s’autosuffisent et se complaisent dans leur mission alors qu’en fait leur mission est de disparaître. Votre idéologie, je pense, est à l’image d’une machine qui a un moment donné était nécessaire et qui maintenant travaille pour perdurer mais qui jamais plus ne soigne la source des maux ni n’améliore quoi que ce soit, de peur de perdre sa raison d’exister. Votre manque de vision me fait de la peine, condamner une idée révolutionnaire avec des arguments simplistes comme les votres n’est ni porteur d’espoir, ni même réaliste quand l’on constate avec recul l’échec retentissants de vos politiques, notamment sur des sujets qui pourtant vous tiennent à cœur comme la redistribution ou encore l’égalité des chances. Vous pouvez toujours remettre la faute sur la droite, le fait est qu’il faudra toujours compter avec eux. Enfin, ma femme et moi vivons (par choix) avec un revenu mensuel pour les deux de 4800.-, nous arrivons même à mettre environ 1’000.-par mois de côté pour nos projets futurs. Alors je vous invite chez nous Monsieur Schwaab pour vous offrir un bon repas et pour vous montrer combien nous sommes dignes et heureux.
M. André, je n’ai jamais prétendu qu’il était impossible de mener une existence digne et heureuse avec des revenus inférieurs à la moyenne. C’est une question d’appréciation personnelle et chacun est libre. Cependant, vous devez bien admettre que pour de nombreuses personnes, ce n’est pas le cas. C’est leur point de vue et avoir un revenu très inférieur à la moyenne n’est pas leur choix. Vous faites ce choix, en êtes content et c’est tant mieux pour vous. Mais cela ne vous autorise pas à imposer ce choix à d’autres, qui souhaitent faire d’autres choix. Certes, on peut discuter de la pertinence de la société de consommation actuelle, de ces incitations à consommer à tort et à travers et parfois n’importe quoi n’importe comment, mais vous devez bien admettre que la majorité s’en contente. Et la préfère même à un autre modèle. C’est un fait dont il faut tenir compte, que cela nous plaise ou non! D’ailleurs vous pouvez constater la détermination avec laquelle se battent les personnes menacées de perdre leur emploi: même si ces personnes pourraient faire les même choix que vous, visiblement, elles ne le souhaitent pas et refuse de voir leur pouvoir d’achat baisser. Peut-être que la qualité de vie dont elles se réclament ne vous plaît pas. Peut-être n’est-elle pas exempte de défaut. Mais ce n’est pas à vous de décider à leur place. Ni à moi, d’ailleurs.
Je vous lis et je vous entends mais vous vous méprenez sur un point, il ne s’agit pas d’imposer un revenu plafond à 2500.-, mais bien d’assurer un revenu de vie, un revenu de base pour s’assurer une dignité inconditionnelle. Si les gens veulent plus parce qu’il veulent partir en voyage, acheter une voiture, une maison, de la viande tous les jours ou le dernier ipad c’est très bien, ils le peuvent, à condition de travailler. Par contre si des gens font le choix de la simplicité volontaire alors le revenu des base leur permettra de vivre librement en faisant en donnant de leur temps, ou pas au bien commun, sans peur d’un jour se retrouver dans la misère. Quand à la détermination des gens qui se battent pour garder leur emploi, évidemment qu’ils se battent car sinon ils risquent d’être non seulement marginalisés mais ils risquent en plus de ne pas pouvoir payer leurs loyers ou leurs commissions à la fin du mois, évidemment qu’ils ont peur.Donnez leur 10’000.- pour une famille de 4, vous verez pourquoi ils sortent dans la rue. Croyez moi cela ne sera plus pour le propre confort ou pour la protection de leur pouvoir d’achat, mais bien pour le bien commun, pour des valeurs communes, parce qu’enfin on pourra se permettre d’être solidaire sans la peur de tout perdre. Monsieur Schwaab, vous n’avez pas répondu à mon argument principal, qu’elle est votre vision d’avenir, qu’elle est votre rêve à long terme. Ne restez pas figé, réfléchissez y vraiment, vous verrez que vous y avez tout à y gagner!
Ma vision d’avenir? Le socialisme démocratique! Malheursement place me manque pour en faire un portrait complet (pour autant que cela soit possible
) Les billets publiés sur ce blog en donnent un aperçu (c’est en tout cas mon objectif), même s’il est probablement incomplet et manque de cohérence d’ensemble. Mais il est vrai qu’ils sont surtout centrés sur l’actualité et moins sur les débats de société. Il faut cependant relever que le débat sur le revenu de base est de haute tenue et très intéressant. Un des mérite de l’initiative est d’ailleurs de l’avoir lancé.
oui, débat très intéressant, merci de l’avoir abordé. Pourvu qu’il continue, notre société à besoin d’avantage de débats qui font sens. C’est quand même plus constructif que de se concentrer sur les moutons noirs…
L’avantage de cette tribune est que les arguments principaux sont réunis. Les promoteurs du revenu de base, dont je suis, doivent répondre à des objections sérieuses, différentes des raisons « pour » le revenu de base.
Le pb de fond de nos économies est le manque très ancien d’investissements pour créer des emplois. Pour créer un emploi moderne en Europe, il faut réunir, en moyenne, 100k€ (2-3 millions d’euros pour les emplois high tech). Sans capital technique, marketing, organisationnel, et humain, une personne ne peut produire plus de valeur que les salaires minimaux et leurs charges sociales et impôts, et donc l’emploi n’existe pas ou disparaît.
Du fait du manque d’emplois, progressivement les entreprises ont avantagé les salariés les plus doués ou les plus « souples » et ont rejeté hors de l’économie compétitive les moins souples et les moins doués.
Le revenu d’existence, comme les allocations chômage, finalement servis par la nation, sont d’abord un prélevement de solidarité. Mais c’est aussi le revenu du capital commun, accumulé pendant des siècles, et qui fait que nos pays sont riches, capital sans lequel les actifs qui travaillent ne seraient pas assez productifs pour produire leur rémunération au sens large, charges sociales et impôts compris.
De mon point de vue, il faut d’abord maintenir les règles de salaire minimum, pour éviter, ce qui s’est observé partout en tous temps, que ce soit celui qui contrôle le bien rare, ici l’emploi, récupère la subvention au détriment du destinataire ciblé. Dans le contexte emplois manquants, donner la possibilité aux bénéficiaires, ne serait que pour une partie d’entre eux, de concurrencer les personnes en place, conduirait inévitablement à une baisse générale des rémunérations nettes.
La solution que je préconise est fondamentalement, de donner la possibilité aux entreprises en croissance sur leur masse salariale (par ce qu’elles ont su se construire des atouts et les mettre en valeur par leurs salariés et leur management), d’accueillir en formation les disponibles qui le souhaitent, pour se former, créer, assembler et partager le capital existant dans ces entreprises qui réussissent. Le nombre de personnes accueillables à un moment donné tiendrait compte de la taille de la société, de ses cotisations chômage et des revenus et indemnités reçus par les accueillis en formation concrète dans l’entreprise. Plus l’entreprise paierait des cotisations nettes des indemnités versées élevées, plus elle pourrait accueillir de disponibles ayant de faibles indemnités.
Une grande liberté symétrique pour les parties permettraient à chacune de vérifier que les conditions sont favorables à la co-création plus rapide d’emplois pour les accueillis et la croissance de l’entreprise.
Il n’y aurait pas à craindre que les entreprises en croissance abusent de cette situation, comme le font les entreprises qui végètent ou qui sont à la limite du dépôt de bilan ou qui trichent sur les charges et impôts, car leur capacité à accueillir de nouveaux disponibles dépendront totalement de l’embauche des premiers accueillis, quand il est devenu plausible pour l’entreprise que la valeur créée et vendue avec eux paye tout le monde, salariés, entrepreneurs, actionnaires et collectivités.
Au contraire de la tentation de certains, il ne faut pas rendre obligatoire cette formation (qui pourrait avoir, en parallèle, une part de formation classique, en alternance, selon les besoins concrets convenus par les parties) en entreprises de croissance, car dans la plupart des économies riches, il n’y aurait pas, actuellement, compte tenu du retard de plusieurs décennies à la création de vrais emplois pour accueillir la population en croissance, assez de positions dans les entreprises en croissance, pas non plus très nombreuses en phase de croissance globale faible.
Par ailleurs, pour que le bon équilibre se trouve, il est important que beaucoup de bénéficiaires d’allocations diverses, ait envie de s’en contenter et de poursuivre des projets personnels et d’être leur auto-employeur. Les sommes évoquées pour le revenu d’existence ne peuvent donc pas être décrétées pour que tous les disponibles préfèrent s’en contenter.
Au contraire, elles doivent atteindre des niveaux où un équilibre se crée entre ceux qui souhaitent entrer en formation créatrice d’emplois dans les entreprises en vraie croissance, et ceux, qui à ce moment de leur vie, préfèrent garder leur temps pour leurs propres activités.
Presque aussi important, et pour les mêmes raisons, que la mise en place d’un revenu d’existence, il est important que le droit, régulé, aux allocations chômage, soit automatique en cas de démission.
Permettre à une personne en désaccord et sous stress dans son entreprise, de se lever et de la quitter en cessant d’accepter n’importe quoi, est une mesure d’hygiène fondamentale du marché du travail. Bien sur, les entreprises et les syndicats seront contre, chacun pour mieux contrôler leurs troupes. Mais on voit ce que cela donne depuis des décennies, un avantage fort aux insiders « souples » et un désavantage aux outsiders, aux innovateurs et aux grandes gueules.
Les allocations chômages doivent être considérées comme une modalité du revenu d’existence, qui a un plancher inconditionnel, et des variantes liées à des droits particuliers et forcément temporaires.
On ne doit pas craindre que l’économie s’effondre, car la plupart des salariés préféreront tenir que courir. Et les partants libéreront des emplois pour des disponibles. Mais les vrais gagnants seront l’ensemble des salariés, maintenant protégés des petits chefs et des jobs rétrogrades, car les entrepreneurs ne pourront plus se voiler la face devant les abus ni en profiter : les entreprises qui continueraient à maintenir des conditions inacceptables verraient leurs meilleurs éléments partir beaucoup plus facilement vers les bonnes entreprises en croissance et péricliteraient.
Selon moi, la synthèse du débat ouvert ici, c’est:
1/ surement de continuer à protéger les disponibles des tentations d’accepter n’importe quoi,
2/ de leur donner la possibilité de choisir librement et par essais libres concrets (le tour du compagnon et pas des entretiens où tout le monde bluffe) l’entreprise en croissance où ils co-créeront leur emploi moderne durable (mais jamais éternel),
3/ et un niveau de revenu d’existence que beaucoup, à un moment de leur vie, trouvent suffisant, compte tenu de la liberté d’agir et de créer de façon autonome qu’il donne à leur famille.
Laurent, tikilgs AT gmail DOT com
Cher Laurent, je suis assez d’accord avec vos conclusions. Il faut faire en sorte que personne ne soit obligé d’accepter n’importe quel emploi pour pouvoir vivre ou survire. Il faut également rétablir un certain équilibre sur le « marché du travail « , qui n’a actuellement rien d’un marché, étant donné que les employeurs sont les seuls qui peuvent exercer un véritable choix.
Malheureusement, je pense que le revenu de base n’est pas le bon moyen pour atteindre cet objectif. C’est même pire, il aurait à mon avis des conséquences trop négatives pour qu’on s’y aventure!
cher Jean Christophe,
ce sont des gens comme vous qui on phagocyté et dévoyé le parti socialiste. Engagez-vous plutôt dans un parti libéral-radical, qui correspondrait mieux à vos idées.
De quoi parler vous, vous me faits rire avec vos aidé simpliste et filopolitique a fin de soutenir ou pas un projet . Comment vous pouvez parler au nom d’un pauvre car jamais dans votre vie vous n avez eu faim . Tout ce que je constate sur le sujet un pragmatisme qui n ira pas plus loin que la théorie et une autosatisfaction de se rendre utile et justifie son existence .
Si vraiment vous voulez voire la pauvreté suisse venez me visiter moi mère de deux enfants qui vie avec 780 frs par mois, sens compter les factures. Et ne me parler pas de la dignité « c’est quoi ça « .
Sa faits des années que espoir est partie avec la dignité , javais 95 kg a présent je fais 45 kg ,
Est vous digne d’être suisse ? Moi je vous répondrais une fois quand ont aura pas le ventre vide
Cordiale salutations d’une famille suisse si fière et si pauvre.
Je comprends les préoccupations que vous avez de nivellement par le bas des salaires.
Cependant, il convient de ne pas oublier que le texte de l’initiative ne défini pas de montant !!
Il me semble qu’il y a moyen de le choisir pour « mener une existence digne » comme le dit le texte précis. Ces chiffres de 2000 à 2500 ne sont que ceux qui ont été employés pour faire quelque simulations. Ils ne sont pas « coulé dans le bronze » !
Je trouve que l’on parle assez peu des avantages d’un revenu de base inconditionnel. Des problèmes que le revenu de base inconditionnel peut résoudre et que le système actuel ne peut pas !
Pour faire un choix raisonnable. Il convient de peser tous les avantages et inconvénients de chaque coté. Je pense qu’un système parfait n’existe pas.
Et si le revenu de base inconditionnel était moins pire comme solution ?
Cela fait un siècle que l’on tente de remplacer les ouvriers dans les usines par des machines, les employés de banques et les fonctionnaires par des guichets informatiques, les caissières de supermarchés et les contrôleurs de train par des portails automatiques….
Cette politique de la rationalisation n’est pas cohérente. Nous voulons des emplois pour les humains ou pour les machines?
Je pense qu’à l’avenir, il ne sera pas possible de garantir un emploi pour tous. La rationalisation est un succès, il n’y a plus rien à faire ! Ce n’était pas le but ?
Trouver des solutions pour travailler moins et avoir plus de temps pour soi ?
Que fait-on ? … on utilise le temps gagné pour produire encore plus avec toujours mois…… pour sur-produire…
Que fait-on d’une surproduction ? On tente de l’écouler par la manipulation mentale du consommateur. (la publicité)
Il existe des chaires universitaires de neuromarketing. Est-ce légitime que le contribuable finance lui même sa manipulation mentale ?
Ce système économique tourne pour lui même. Il ne sert plus les humains, il les consomme comme il consomme les ressources naturelles de la planète.
Les psy disent que près du tiers de leur consultations concerne des maladies du travail (stress, burn out…) Il est temps de ralentir un peu le rythme.
Le revenu de base inconditionnel permet de découpler travail et revenu.
Il permet de financer:
- la création artistique comme alternative au droit d’auteur mis à mal dans notre société de l’information
- des biens communs, des logiciels libres (sur lesquels ce site web tourne), l’encyclopédie wikipédia et mille autres projets collaboratifs.
- les soins aux personnes âgées pour qu’elles puissent rester à la maison et ne pas aller en EMS (ce qui fait baisser les coûts de la santé)
- l’éducation des enfants en restant avec eux à la maison plutôt qu’en les laissant se faire éduquer par la TV. C’est certainement profitable à toute la société. Il ne faut pas oublier que les enfants aussi reçoivent un revenu de base. Devenez riche faites des enfants.
- les régions périphériques. L’argent et les emplois ne sont plus centralisés dans les grands centres urbains. C’est un bon moyen de lancer des mini-entreprises sans prendre de risques et de diminuer l’engorgement des infrastructures de transport. (il y aussi des économies à faire dans ces Méga infrastructures)
- toute activité qui est maintenant bénévole car il n’existe actuellement aucun moyen pour la financer.
Je terminerai par une question:
Qu’est ce qui est le plus utopique ?
- Un revenu de base inconditionnel ?
- Un système économique basé sur une croissance infinie dans un monde fini ?
Cher Martouf, ne vous méprenez pas! Si l’initiative abouti et est acceptée, la législation devra définir le montant. Or, qui le fera? La majorité de droite du parlement, eh oui! Vous vous doutez bien qu’elle ne prendra pas de décision favorable aux personnes aux bas revenus… En outre, de qui devra-t-elle s’inspirer pour fixer les montants? De l’avis des initiants! Or, si ceux-ci avancent un chiffre, même s’il n’est pas dans le texte de l’initiative, il jouera un rôle dans le débat sur la législation d’application. Et, comme il n’existe pas de recours pour des initiants qui estimeraient que leur texte très vague a été mal interprété, la parlement serait libre d’instaurer un revenu de base bien inférieur à ces 2000 ou 2500 francs. Je vous laisse imaginer les dégâts! Si les initiants avaient vraiment voulu assurer leurs arrières, ils auraient dû inscrire le montant du revenu de base dans le texte de l’initiative. C’est ce que les syndicats ont par exemple fait dans l’initiative pour un salaire minimum, afin d’éviter de mauvaises surprises au niveau de la loi d’application…
Cela dit, vous avez raison de poser la question de la pesée des intérêts. Le système actuel n’est-il au fond pas pire que le revenu inconditionnel? En ce qui me concerne, j’ai fait cette pesée d’intérêt (cf http://www.schwaab.ch/archives/2011/06/04/allocation-universelle-panacee-ou-miroir-aux-alouettes/ ) et suis parvenu à la conclusion que le système actuel, même s’il est grandement perfectible (en particulier au niveau des conditions de travail, de la redistribution des richesses et des effets sur l’environnement), est malheureusement meilleure que le revenu de base, même si ce dernier part sur de bonnes intentions.
En ce qui concerne les activités que le revenu de base pourrait « financer », je tiens à relever ceci. La liste que vous citez fait planer une menace pour l’égalité des sexes. Autrefois, les tâches de soins et d’éducation étaient fournies gratuitement par les femmes. Les travaux plus prestigieux et donc rémunérés étaient l’apanage des hommes. Un des grands progrès (qui n’est pas achevé, je le concède) a été de faire un pas d’une part vers le partage de ces tâches entre les sexes et d’autre part de commencer à la rémunérer (pas encore à leur juste valeur, c’est vrai, mais ça progresse aussi). S’il y avait un revenu de base, il y a fort à parier que les femmes, dont les revenus sont moins élevés à cause des inégalités salariales (20% à compétences égales), abandonnent leurs emplois rémunérés pour se consacrer à ces tâches d’éducation et de soins, laissant, à nouveau, aux hommes mieux payés les tâches plus prestigieuses. Bref, ce serait un sacré recul pour l’égalité des chances! Cela explique d’ailleurs que de nombreux féministes s’opposent au revenu de base.
En ce qui concerne la création artistique ou les biens communs, il n’y a à mon avis pas besoin de revenu de base pour les financer ou pour qu’ils existent. L’Etat peut en effet soutenir la création artistique (même si c’est vrai qu’il y a encore du progrès à faire en la matière), grâce aux impôts. Quant aux biens communs gratuits comme les logiciels libres, leur essor actuel montre qu’il est tout à fait possible d’en créer sans revenu de base. Il s’agit plutôt de les protéger pour qu’ils restent libres, gratuits et communs et donc ne soient pas confisqués à des fins de profit. Mais ça, c’est un autre débat.
Quant à la question des utopies, une chose est à mon avis sûre: ceux qui ont prôné que les ressources arrivaient à leur terme et que la croissance (en particulier démographique) avait atteint un seuil intolérable se sont toujours trompés. Malthus parlait d’une population limite pour la Terre à 1 milliard. Il s’est largement trompé. Certaines ressources sont limitées, c’est vrai et il faut faire en sorte de ne plus en dépendre. Mais la capacité d’innovation des humains, elle, est illimitée! Mais on peut aussi retourner la question en ce qui concerne le revenu de base: il faudra bien des richesses pour produire de quoi financer le revenu de base. Or, si la population croît, il faudra bien que les richesse pour le financer croissent aussi….
Alors si je calcule (d’après 2500.-). Je suis mère au foyer, mon mari a un emploi à revenu moyen. Donc il pourrait arrêter de travailler et avec un enfant (625.-) on arrive à 5625.-!!! mais c’est magnifique, on y gagne!
Voilà une vision des choses… ça fait pas peur??
il est clair que pour certains revenus le calcul peut être intéressant à première vue. Mais que se passera-t-il si, pour une raison ou une autre, un revenu d’appoint s’avère nécessaire et que tous les salaires ont baissé? A mon avis, il vaut mieux s’engager pour augmenter tous les salaires (p. ex. grâce à l’initiative pour un salaire minimum) et prendre des mesures pour favoriser le pouvoir d’achat des familles que de s’aventurer dans des expériences certes séduisantes à première vue (votre commentaire le démontre bien), mais qui pourraient avoir des conséquences très négatives sur les salaires et sur les assurances sociales.
dans le calcul, personnellement je n’aurais pas besoin de revenu d’appoint, je ne suis pas gourmande lol, et une baisse de salaire ne « me » concernerait pas vu qu’en théorie j’ai mes « 2500.- » assuré si je ne travaille pas!
Je pense que malheureusement de nos jours c’est de plus en plus du chacun pour soi et peu de monde aurait conscience ou même envie de prendre conscience des répercutions que ça pourrait avoir sur les assurances sociales et salaire, et ça c’est une réalité, vous voyez? Mais vous avez tout juste à part ça, si tout le monde le voyait comme ça, ce serait parfait mais…!
ce qu’il vaudrait mieux, c’est d’améliorer le système existant au lieu de mettre en place des choses dont on ne sait pas les répercutions à long terme . Je pense à des réductions d’impôts, des aides plus conséquentes aux revenus modeste mais sans pour autant que le montant de l’aide permette de vivre et passez moi l’expression, permettrait de « glander » lol!
Tout à fait d’accord avec vous. Dans le canton de Vaud, il y a par exemple les prestations complémentaires pour familles, qui améliorent le revenu des familles de « travailleurs pauvres »: http://www.schwaab.ch/archives/2011/04/10/le-travail-doit-en-valoir-la-peine/ . Il est encore trop tôt pour en tirer un bilan (la mesure vient d’entrer en vigueur), mais c’est certainement une piste intéressante.
Dans une économie de la rareté comme on avait il y a encore quelques dizaines d’années, le travail est une *absolue* nécessité. Et de la rareté découlent des besoins qu’il faut à toute peine combler.
Mais avec les avancées dans notre monde (occidental), nous avons modifié la donne, et sommes passés à ce qui est techniquement une société d’abondance. Le problème n’est plus de travailler à combler nos besoins primaires, mais d’organiser au mieux la société, mieux répartir notamment, afin que ces besoins primaires de certains ne soient pas dédaignés.
Tout comme nous avons des obligations morales de ne pas tuer ou blesser, nous avons une obligation morale d’assistance aux personnes en danger, et malheureusement, nos systèmes (occidentaux toujours) ont bien du mal à remplir ce dernier point. Complexité, lourdeur, humiliation, et constamment ce mode de pensée de la rareté dans un monde d’abondance, c’est une horreur en marche, un rouleau compresseur destructeur.
La société de consommation c’est la transition longue et douloureuse de ce mode de pensée de la rareté dans un monde d’abondance. Je consomme, j’accumule, je possède, j’ai, par peur de manquer.
Passons à un monde du « être ». Je ne suis pas ce que je possède…
Et dans ce monde de l’abondance, si on s’assure qu’il n’y ait pas de personnes en danger, le travail est bien moins une nécessité, c’est une activité que d’autres nous commandent en échange d’une rémunération. À charge du demandeur de proposer un échange qui nous convienne.
Bien sûr le demandeur pourrait diminuer la rémunération si cela convient au fournisseur, où est le problème? Les différences entre entreprises et associations s’amenuiseraient de fait.
Bien sûr cela augmenterait la compétitivité de la zone concernée, quel avantage incroyable!
Bien sûr cela permettrait plus facilement à certains de se consacrer à d’autres tâches, comme l’éducation des enfants. Le statut des femmes demanderait peut-être à encore une fois être défendu, tout comme celui des handicapés ou des minorités. Mais à un moment il faut constater que ces défenses passent aussi par d’autres moyens: combattre les stéréotypes par exemple, en mettant en avant des rôles plus positifs, en sortant des clichés. C’est déjà partiellement le cas dans les médias actuels, et c’est pas trop tôt.
Bien sûr, le travail deviendrait moins une nécessité. C’est là peut-être qu’il y a danger… pour le mode de pensée de certains. Ceux qui se sont battus pour le droit au travail, ceux qui ne pensent *que* au monde du travail, ceux là sont coincés dans cet instrument de torture. Quelle horreur!
Comment les faire évoluer? Peut-être attendre une génération? C’est souvent le cas avec des évolutions majeures, il faut une génération pour que le mode de pensée précédant soit remis en cause de manière définitive.
La transition économique arrive peut-être enfin à sa fin (dans le monde occidental), mais que de blocages dans les esprits!
Les anciens contre les modernes, on n’en sort jamais!!!
jcs, c’est très intéressant effectivement!!
Bonjour,
il me semble que vous ne connaissez pas trop le revenu d’existence…
car, tout en respectant votre opinion, je pense qu’au contraire, l’humanisme de cette mesure accomplit pleinement la promesse du socialisme et du liberalisme philosophique.
Le socialisme, comme le libéralisme philosophique, ont un thème encore plus fort que le travail, c’est l’émancipation humaine et, considérer qu’un humain, qu’un citoyen ne peut s’intégrer qu’à partir du moment où il fournit une production vendue en monnaie, est pour moi une aliénation.
A partir du moment où, ensemble, nous produisons de quoi subvenir à nos besoins de base, chacun doit pouvoir choisir son activité dans le secteur marchand ou dans le secteur non marchand voire un mix entre les deux.
Il s’agit bien de l’introduction d’un nouveau droit. Celui de disposer de son temps de vie limité pour expérimenter le chemin de son propre bonheur qu’il soit source d’une production à vendre sur un marché ou pas. L’avènement d’un revenu d’existence est pour moi la reprise de la progression de l’humain vers son émancipation. Pour ceux qui veulent des chiffres, plusieurs hypothèse on été calculé dont la plus crédible pour moi ce trouve ici : http://www.allocationuniverselle.com
Quand on a instauré les 15 jours congés payés et la semaine des 40 heures en 1936, on n’a pas commencé par 5 semaines et 35h.
On a introduit un nouveau droit et ensuite on l’a fait progresser.
Il s’agit donc ici d’entamer le même processus. On appelle cela la « révolution immobile ». Le montant du revenu d’existence est calculé de telle façon qu’il n’y est ni augmentation des prélèvements, ni diminution des allocations. Ainsi, un citoyen se verra donc pourvu d’un revenu qui ne sera plus lié à une activité marchande mais à sa condition d’humain.
L’étape suivante consistera à faire progresser ce droit de telle façon à pouvoir dire non à une activité marchande.
Nous pourrons ainsi rechercher une activité non pour AVOIR un revenu mais PARCE QUE nous en aurons un. Et là, pour moi, cela change tout !
Il s’agit donc moins du montant (puisque avant comme après chacun disposera des mêmes revenus),
mais de la CREATION D UN NOUVEAU DROIT, qu’il s’agit ensuite de faire augmenter.
C’est un germe que l’on introduit et qui ensuite va transformer tous les rapports sociaux
En fait, il s’agit plus d’une revalorisation des bas salaires maintenus artificiellement bas par le « chantage à la faim ».
En effet, le fait de pouvoir percevoir un revenu d’existence va permettre, en fonction de la progression de sa hauteur,
de dire « NON » a ses emplois mal payés ou précaires.
Du coup, trois solutions s’offriront à notre société :
1- Automatisation, mécanisation de la tache,
2- Augmentation des bas salaires pour retrouver de la main d’œuvre
3- Suppression pure et simple de ces emplois qui ne servaient finalement qu’à faire de l’argent sur le dos des plus précaires
L’instauration d’un Revenu d’existence se fera sans baisse des revenus globaux :
revenu d’activité+revenu d’existence+allocations.
Par contre, ceux qui voudront faire le choix d’exercer une activité non marchande pourront enfin CHOISIR LEUR VIE.
Le revenu d’un humain ne proviendra plus seulement de la VALORISATION du travail MARCHAND mais aussi de LA VALORISATION des activités NON MARCHANDES. Pour moi cela est un bien ! Celui qui voudra exercer un travail marchand pourra toujours le faire et celui qui ne le veut ou ne le peut pas pourra choisir une activité non marchande. C’est la fin de la dictature du travail marchand comme seule source de richesse !
C’est la sortie progressive d’un productivisme acharnée qui ne crée des activités que pour verser des revenus au prix du sacrifice des humains, de la nature et de tout ce qui n’est pas monétaire !
Je suis gérant d’une coopérative de travailleurs handicapés et j’ai longtemps présidé des structures d’insertion par l’économique.
J’ai aussi travaillé pour établir des bilans dans la durée sur les personnes qui sont rémunérés via un travail d’insertion…
Personnellement, je vois des personnes handicapées OBLIGEES de venir travailler dans la douleur
voire parfois se mettre en danger parce que justement leur allocation adulte handicapée est insuffisante …
Bien sûr, ceux qui le peuvent et qui le veulent, sont bienvenus dans les entreprises !
Mais ceux qui ne viennent que chercher un salaire, contraint et forcé par la nécessité,
vivent une indignité, un esclavage, le retour au travail forcé, à la corvée…
on est loin du socialisme de JAURES, de BLUM, …
Quelques chiffres issus de mon expérience de 25 ans
dans le domaine de l’insertion par l’économique :
-30% des allocataires ont eu un accident de vie et remontent très vite vers le marché du travail
-30% des allocataires ont de très importants handicaps sociaux, psychologiques et pathologiques qui demanderont un énorme travail et parfois plus de 5 ans de travail d’insertion mais finalement vont y arriver….
- 40% par contre ne retravaillerons jamais.
Parce qu’ils ne seront jamais en situation de pouvoir travailler sous pressions
dans un métier qu’ils n’auront pas choisis.
La question de fond est : A-t-ton besoin de tout le monde pour produire dans le secteur marchand ? Non bien sûr !
Mais la vraie question derrière est : Acceptera-t-on de donner un revenu à un humain qui n’a pas participé directement à le produire ?
Oui, là est la vraie question.
Et bien moi je crois que tout le monde a à y gagner que des humains exercent d’autres activités que des activités marchandes.
Un revenu d’existence permettra d’assurer une demande de base solvable pour tous les citoyens et du coup,
ils pourront payer ceux qui auront choisit une activité marchande qui permet de produire ce que les autres ont besoin.
Quand on sait que 97% des transactions en monnaie servent uniquement à la spéculation financière,
et seulement 3% à l’économie réelle, on est en droit de demander pourquoi eux et pas nous ?
Si en plus, on avance que 85% de la monnaie en circulation est une monnaie de crédit
qui ne sert qu’à doper les marchés financiers, on peut se dire que ce crédit (credere = croire) pourrait tout à fait servir
à financer le revenu d’existence ce qui donnerait à nos entreprises locales de véritables marchés locaux et en plus utiles à la population.
Dire que le revenu d’existence va inciter les femmes à n’être plus que des mère au foyer est du même ordre
que celui qui avait définit, en 1936, que les hommes allez devenir des alcooliques à cause des congés payés !
Encore une fois, c’est à chacun de choisir son propre bonheur !
D’autant plus que le revenu d’existence devenant progressivement un revenu d’autonomie,
les femmes pourront aussi s’émanciper, si elles le souhaitent, du pouvoir financier de leur Mari !
Le revenu d’existence permettra de plus en plus de dire non » au secteur marchand.
Bien au contraire, cela permettra de donner une force de plus à la négociation salariale, que se soit pour les dirigeants comme pour salariés ou leurs syndicats. Ils auront plus de poids pour négocier les conditions de travail des salariés puisque ceux-ci pourront exercer leur droits de grèves …
avec une perte moindre de salaire grâce à leur revenu d’existence !
Quand aux entrepreneurs, ils pourront retrouver une dynamique économique nouvelle face au dumping social et environnemental
encore trop présent dans le reste du Monde
et encore une fois, je le répète, le revenu d’existence se mettra en place sans HAUSSE DE PRELEVEMENT NI BAISSE DES ALLOCATIONS PERCUES
POUR MOI C’EST LA PREMIERE VRAI BONNE IDEE DU XXIEME SIECLE. IDEE QUI POURRAIT BIEN NOUS AMENER DANS UNE SOCIETE POST PRODUCTIVE, ECOLOGIQUE ET REELLEMENT HUMAINE, car chacun pourra choisir le chemin de son propre bonheur dans le respect du bien commun et des libertés individuelles
Son acceptation en tant que revenu d’existence d’abord introduirait un nouveau droit qui, progressant vers un revenu d’autonomie, remettrait en marche le grand projet de l’émancipation humaine fondement même de l’humanisme historique.
Il est fort possible que mes connaissances du revenu de base soient limitées. Je fonde cependant mon argumentation sur le texte de l’initiative tel que publié dans la feuille fédérale, sur lequel je serais éventuellement appelé à me prononcer lors de la votation populaire. Je me fonde en outre sur les avis et précisions apportés par les initiants, dont on sait qu’ils sont déterminants pour l’interprétation d’un texte légal au demeurant fort vague. Il est possible que ces quelques éléments ne correspondent pas à l’idée que vous vous faites ou que d’autres personnes se font du revenu de base, mais, en l’espèce, je m’exprime sur un projet concret. Or, le projet concret qui pourrait être soumis au vote est bourré de défauts. Selon les initiants, tant des hausses de prélèvements que des baisses d’allocations sont prévues pour financer leur modèle. Il est en outre fort possible que leurs prévisions financières diffèrent d’autres modèles de calculs. Mais c’est de leur projet et de leur avis dont il faut tenir compte et pas d’éventuels autres modèles et propositions, qui ne seront, eux, pas soumis au vote.
Cela dit, je partage votre analyse sur de nombreux points. Oui, il faut supprimer le travail précaire. Oui, il faut augmenter les bas salaires. Oui, il faut supprimer la pression à accepter n’importe quel emploi. Oui, il faut en finir avec une politique « d’insertion » qui ne fait au final que mettre sous pression des travailleurs dont aucun employeur ne veut. Oui, il faut améliorer les conditions de travail, diminuer le temps de travail, combattre le stress au travail. Oui, il faut mieux répartir les richesses. Oui, il faut en finir avec la spéculation financière déconnectée de l’économie « réelle ». Mais ces objectifs peuvent à mon avis être atteints avec d’autres moyens, des moyens qu’aucun socialiste ne renierait. Alors qu’à mon avis, le revenu de base comporterait plus de désavantages que d’avantages et ne permettrait pas d’atteindre les objectifs – louable – que se fixent ses partisans.
mais alors d’accord sur toute la ligne!!
Frédéric, ce que vous écrivez me parle beaucoup. Merci!
Merci pour votre réponse.
Restons donc sur le principe de la mise en oeuvre pour tous les citoyens d’un revenu inconditionnel déconnecté de la participation à la production vendue en monnaie.
Pourquoi et pour quoi réduirions nous les revenus d’un citoyen uniquement aux revenus issus de la vente en monnaie d’une production ou bien de la redistribution d’une partie de celle ci au travers d’une incompréhensible jungle fiscale et une tout autant incompréhensible jungle d’allocations ?
C’est vrai, qu’au début du siècle dernier, dans une société qui avait besoin de tous pour produire le nécessaire de chacun cela avait du sens de prendre au plus riche pour donner au plus pauvre tout autant d’ailleurs que le fait d’exiger de chacun une contre partie en travail marchand puisque celui que ne produisait plus prenait une part du nécessaire à celui qui produisait pour lui.
Mais aujourd’hui, grâce au travail cumulé de nos ainé-e-s, nous savons que nous n’avons plus besoin de tous pour produire le nécessaire et d’autre part les quantités de productions par unité de temps augmentent inversement au temps contraints nécessaires à leur production.
Cela veut dire que de façon systémique, rien ne permettra de revenir au plein emploi (qui d’ailleurs n’a jamais existé à part peut être pendant quelques années après la guerre.
Nous savons aussi, que le travail se partage de moins en moins du fait de la montée de l’automatisation des systèmes de production mais aussi de l’arrivée des robots ( et ce n’est pas de la science fiction !). La troisième révolution industrielle ( lire Rifkin 2011) gènère d’énergie, d’information et maintenant de production au travers de système décentralisé proche des centres de consommation et nécessitant moins de mains d’oeuvre pour les produire et les maintenir que les systèmes qu’ils remplacent. Comme les militaires, les paysans, hier les ouvriers et demain les employés, la production du secteur marchand n’occupera plus tout le monde … et tant mieux ! Il nous faut juste inventer une nouvelle civilisation qui le rendra possible. Comme nous sommes passer de l’ancien régime à la social démocratie, nous passerons de la social démocratie à une nouvelle civilisation, qu’il nous faudra rencontre
Ne va rester dans le secteur marchand, que ceux qui auront des talents capables d’assurer la conception, la réalisation et la distribution production la plus optimisées. et c’est normal puisque nous nous devons d’optimiser au mieux la rareté de l’énergie, des matières premières et du temps limité des humains.
Il nous faut donc valoriser tout ce temps libre qui ne sera plus marchand et qui en même temps pourra apporter de véritables valeurs ( valor = forces de vie) à notre société.
Instaurer une revenu inconditionnel permettra de choisir son activité PARCE QUE l on a un revenu plutot que de ce battre pour en trouver POUR avoir un revenu.
Cumulable avec un revenu d’activité, cela permettra à des millions d’humain de choisir leur vie, leur activité, le chemin de leur propre bonheur tout en assurant à tous une demande solvable permettant à nos entreprises de pouvoir satisfaire leur besoin au niveau local.
Cette (r)évolution est au moins aussi importante que le passage de l’esclavage au salariat. C’est le passage du salariat au partenariat.
Toute la doctrine socialiste et libérale philosophique ont prévu ce moment historique de la fin du travail forcé et l’avènement de l’activité choisie libératrice et émancipatrice … Quand la ferons nous ensemble ?
quand le ferons-nous ensemble? quand le monde des Bisounours existera, désolé! Et c’est pas avec l’évolution qui est telle qu’elle est qu’on va y arriver, c’est complètement utopique mais c’est beau de rêver et ça l’humain en a besoin!
bravo et merci pour ce texte inspiré
Sur le montant d’un revenu de base inconditionnel :
Les initiants articulent le chiffre de 2500.- par mois et par personne adulte, et la moitié pour les enfants – à titre d’hypothèse, ce n’est pas coulé dans le béton. En tous cas il faut un montant plus ou moins suffisant pour vivre.
2500fr, c’est juste au-dessus du « seuil de pauvreté relatif « (Fr. 2378.-) tel que décrit dans le rapport de l’Office fédéral de statistique de mars 2012 « La pauvreté monétaire de la population résidente de la Suisse de 2008 à 20010″.
2500 fr pour une personne seule, cela ne permet pas de vivre sans activité lucrative dans les localités où les loyers sont élevés. Mais les personnes qui vivent seules dans leur logement ne sont quand même pas la majorité de la population – à 2 ou 3 on peut s’en tirer…
Dans les barêmes d’aide sociale, on arrive plus ou moins aux mêmes ordre de grandeur pour une personne seule: forfait pour l’entretien 977 Fr. + loyer + caisse maladie.
Mais…pour 4 personnes, par exemple 2 parents et deux enfants, le forfait pour l’entretien est seulement de Fr.2090.- et les allocations familiales comptent comme ressources…Le revenu de base serait très favorable aux familles !
Bien entendu, il faut obtenir un salaire minimum légal à Fr. 4000.- , et rapidement, ce n’est en rien contradictoire avec le projet de revenu de base.
Le revenu de base pourrait remplacer une bonne partie des prestations actuelles des assurances sociales – mais pas toutes ! Seulement les versements de rentes ou indemnités journalières jusqu’au montant du revenu de base. Et pas les prestations en nature – notamment en ce qui concerne les personnes handicapées. La dessus tous ceux qui militent pour le revenu de base sont d’accord !
Article très intéressant, je le recommande.
Pourquoi la gauche bloque-t-elle sur le revenu de base inconditionnel ?
http://jeffrenault.wordpress.com/2012/03/20/pourquoi-la-gauche-bloque-t-elle-sur-le-revenu-de-base-inconditionnel/
Couplez votre merveilleuse idée avec la libre circulation et les socialistes/utopistes (dont ne fait pas partie M. Schwaab -heureux de le savoir-) auront sauvé le monde!
Je vous félicite et mets le chocolat dans le papier aliminium avec mes amis les marmottes.
Que vous le vouliez ou non, M. Schwaab, 2000 à 2500.- c’est suffisant pour vivre dignement, c’est à dire subvenir à ses besoins primaires. Oui je vous l’accorde, si pour vous vivre dignement c’est habiter dans une grande maison en Lavaux, c’est le minimum, d’accord, 5000.- pour une personne seul. Aaaah la gauche caviar, c’en est presque rigolo ! Vivement un parti socialiste qui reviennent à ses vraies valeurs !
Que vous le vouliez ou non, Jean, bien des familles à l’aide sociale doivent se contenter de ces montants et ne considèrent pas que cela suffise pour vivre dignement. Je déduis cependant de votre position que, pour vous, un salaire minimum à 4000.–Fr par mois, c’est trop? Et si je vous lis jusqu’au bout, un tel montant, pour un salaire, c’est la « gauche caviar »?
Une famille à l’aide social touche plus que 2000.- en comptant les avantages qui vont avec (subvention du loyer, défiscalisation, allocations,…) Effectivement, 4000.- c’est trop et je suis loin d’être le seul pour un salaire minimum mais pas à ce montant. Comme je l’ai déjà écrit sur un autre poste j’ai vécu avec 2000.- seul très dignement, j’ai mangé à ma faim., pratiqué des loisirs, parti en week-end,… Vous savez très bien où je voulais en venir avec la gauche caviar, vous êtes probablement l’un des politiciens le plus pris en exemple sur cette question. 4000.- permet de vivre confortablement, pas dignement.
«4000.- c’est trop», dites-vous. C’est navrant. Vous souhaitez donc imposer à tous les salariés un standard de vie qu’ils ne considèrent, eux, pas comme suffisant. Libre à vous de considérer qu’un revenu inférieur permet de vivre confortablement. C’est votre choix et votre droit Mais comment osez-vous imposer ce raisonnement à d’autres? Au nom de quoi seriez-vous plus malin que les salariés qui souhaitent 4000.–Fr. au moins? Avec ce genre de prise de position, vous vous rendez complice de ceux qui pratiquent la sous-enchère salariale, les salaires de misère, etc.
Un ado de 16 ans qui vit chez ses parents et ne veux pas faire d’efforts en choisissant le premier travail qui lui vient mais gagne le même salaire que j’ai eu après 7 ans d’études sans un sou aura une vie on ne peut plus confortable. C’est vrai que les pays pratiquant le SMIC ne connaisse pas la sous-enchère salariale ! La meilleure arme contre ce problème est clairement l’allocation universelle, vous en êtes donc bien plus complice en la refusant ! Si un standard dit « suffisant » c’est se payer un smartphone deux fois par année, une voiture plus ou moins sportive et j’en passe, oui je l’assume totalement, ce n’est pas vivre dignement mais confortablement. Vous avez été partisan des lieux publiques sans fumée, augmenter les impôts, tenter de faire passer la caisse unique, des exemples comme ça y en a pleins, donc sur la question « j’impose ma vision » vous êtes un bien meilleure exemple !
« imposer à tous les salariés » Déjà je ne veux pas imposer quoi que ce soit à tous les salariés (tout simplement car nous somme tous différent et que ne vivons pas dans un système communiste) mais surtout je n’ai jamais dis que je voyais un SMIC à 2’500.- (simplement dit qu’on pouvait vivre dignement avec cette somme) mais 4’000.- correspond à un bon salaire voir plus pour une personne seul et jeune qui démarre la vie active (ensuite il y a les avantages fiscaux et les allocations), ça ne correspond donc pas à un salaire minimum en Suisse. Dans votre logique, suite à mon parcours mon premier salaire aurait dû correspondre en tout cas à 5’500 – 6’000.-. A ce prix, j’avais 27 ans, je n’aurai aucun job, je serai probablement rester 5 ans stagiaire ou j’aurai été obligé d’accepter le SMIC à 4’000.-. Après ça on se demande qui se rend complice de la sous-enchère salariale ! Donc vive l’allocation universelle, la seule solution !
Pascal C., « philosophe » valaisan, disait que pour survivre, il suffisait de pain et d’eau
Tout à fait d’accord avec toi, Reto! C’est vrai que les philosophes (valaisans ou pas) qui s’essaient en politique font souvent assez de dégâts. De même que les politiciens qui s’essaient à la philo
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Pourquoi une personne qui ne travaille pas obtiendrait-elle un revenu?
Parce qu’un être humain a besoin d’un revenu pour vivre … que ce revenu provienne d’un travail salarié ou pas ne change pas grand chose au besoin fondamental !!
Par ailleurs, plein de gens obtiennent déjà un revenu sans travailler, mais plein de gens aussi travaillent sans avoir vraiment de revenu : la moitié de la poupulation mondiale vit du travail de la terre .. avec mois d’un dollar par jour, pour le plus souvent, 70h d’un boulot pénible qui les tue avant qu’ils aient l’âge de la retraite … ce qui résoud, du coup, le fait de devoir leur octroyer un revenu à ce moment là.
Enfin, on sait très bien qu’il n’y a pas de travail pour tout le monde, en tout cas pas dans nos sociétés industrielles, d’autant moins que si on arrếtait de produire toutes les saloperies dont on a pas besoin, qui pillent les ressources naturelles de manière insoutenable, qui polluent et qui nous asservissent à des besoins inventés par la pub … c’est pas 20% de chomeurs qu’on aurait, mais 70% …. et le problème c’est que les ressources naturelles seront bientôt dilapidées, et que la pollution, le réchauffement climatique, et toutes les autres joyeusetés dispensées pour notre belle société du travail font qu’on devra, bientôt, arrêter de produire tout ces trucs dont on n’a pas besoin … même si ça fait grincer des dents ceux qui ont leur petit train de vie « gauche/caviar » ou « droite/blingbling »…
Donc, « Pourquoi une personne qui ne travaille pas obtiendrait-elle un revenu? » … parce que persister dans un autre sens, c’est criminel, schyzoprène et/ou complètement indigne de l’humanité qui devrait tous nous habiter (en principe, quoi..)
Salut JC,
En lisant les réflexions de certains sur le revenu de base inconditionel, je ne peux m’empêcher de penser à ce brave Sénèque, qui, tout en étant l’un des hommes les plus riches de Rome, vantait les vertus de la pauvreté et de l’existence austère; on peut certainement vivre avec 2500 CHF par mois, mais peu le font (ou le feraient) par choix et c’est là que le problème commence….
En effet, il y aura nécessairement un conflit entre celui qui veut vivre dignement pour 2500 CHF et celui qui veut vivre « plus » dignement et qui réclamera une augmentation de son salaire, argumentant que les 5000 CHF qu’il touchait auparavant pour son travail n’en valent en fait plus que 2500 CHF. Le patron pourrait généreusement augmenter le salaire de son employé, augentation qu’il devrait bien sûr répercuter au choix sur les autres employés en les licenciant ou alors en augmentant le prix de ces produits, réduisant ainsi le pouvoir d’achat de celui qui ne vit qu’avec 2500 CHF….Dit autrement, un revenu de base inconditionel passe nécessairement par un gel des prix pour assurer que les 2500 CHF permettent de vivre dignement et par une dévalorsation de travail. L’URSS fonctionnait aussi un peu comme ça…avec le résultat qu’on connaît.
Je pense que les philosophes devraient s’abstenir de faire de la politique !
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Bonjour Messieurs,
en lisant les échanges ping-pong sur ce site, je remarque qu’il y manquent quelques éléments de réfléxion. L’allocation universelle (AU) est une idée qui ne vient pas d’hier, beucoup y ont réfléchi depuis des années et se jeter dans ce débat avec le peu d’arguments récoltés en quelques semaines ne peut pas en élever le niveau.
Aucune AU ne peut se concevoir sans réaménager TOTALEMENT toute la fiscalité, notamment directe (celle sur les salaires, les bénéfices et sur la consommation). ZTiut économiste sait qt ,
Bonjour Messieurs,
en lisant les échanges ping-pong sur ce site, je remarque qu’il y manquent quelques éléments de réfléxion. L’allocation universelle (AU) est une idée qui ne vient pas d’hier, beucoup y ont réfléchi depuis des années, et se jeter dans ce débat avec le peu d’arguments récoltés en quelques semaines ne peut pas en élever le niveau.
Aucune AU ne peut se concevoir sans réaménager TOTALEMENT toute la fiscalité, notamment directe (celle sur les salaires, les bénéfices et sur la consommation). Tout économiste sait que la valeur d’un bien et d’un service se réalise exactement à un seul moment : la vente finale; c’est là qu’il y a plus-value, c’est là qu’il est juste de prélever ce dont la société a besoin pour fonctionner selon ses idéaux, ses lois, ses besoins…C’est là qu’on peut prélever ce dont on a besoin pour redistribuer une AU. Il va de soi que les salaires baisseront (mais pas nécessairmenent d’autant que l’AU), et c’est souhaitable, les coûts de la production indigène diminueront drastiquement, elle battra tous les prix à l’exportation (puisqu’il n’y a plus de taxe cachée dans les prix). L’AU, c’est un tout qui permettra enfin d’avoir d’autres problèmes et pas toujours les mêmes (salaire-chômage-misère…) L’AU demande une reformulation des images qu’on a de l’être humain selon qu’on se regarde soi-même ou qu’on regarde autrui ! L’AU viendra de toute façon….qu’on le veuille ou non.
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Le concept d’AU permet de maintenir les écarts de richesses dans une limite qui ne met pas en péril la démocratie et la cohésion sociale, tout en préservant au mieux la possibilité pour chaque individu de s’enrichir matériellement par son travail. Cette limite résulte « mécaniquement » de la répartition – partielle mais substantielle – des richesses au moyen d’une AU dont le montant est fixé au niveau permettant à chaque individu de subvenir à ses besoins primaires sans devoir travailler. Ce principe a donc pour effet de concilier le droit à la propriété avec le devoir de partage.
Source : http://www.allocation-universelle.be
La meilleure répartition des richesse est un objectif indispensable et louable, mais qui peut être atteint par d’autres moyens, en particulier une fiscalité réellement redistributive ou des assurances sociales efficaces. L’allocation universelle, en revanche, n’empêche pas les salaires abusifs et, en faisant pression sur tous les salaires, elle risque de rendre plus difficile une meilleure répartition des revenus du travail. Ce défaut pourrait en outre être aggravé par l’initiative suisse, que les partisans proposent de financer par l’abolition des assurances sociales et la TVA, impôt qui n’est justement PAS redistributif.
Mais c’est précisement cela l’AU :
- elle est financée par une fiscalité plus redistributive ;
- elle constitue une assurance sociale plus efficace.
Permettez-moi de douter fortement du fait que la TVA soit un impôt redistributif! Quant au fait qu’une allocation universelle serait une assurance sociale « plus efficace » que les actuelles, je ne pense pas que cela soit le cas: les montants prévus sont inférieurs aux indemnités que verse par exemple pour un salaire médian l’assurance-chômage ou l’assurance-accident.
Merci de vous instruire avant de parler. Ce soir, au lieu de la série culte du moment, regardez:
http://www.kultkino.ch/kultkino/besonderes/le_revenu_de_base_film_francaise
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Monsieur Schwab,
Vous qui êtes un défenseur du droit du travail, que pensez-vous des gens qui n’aiment pas le travail, qui pensent qu’il y a mieux à faire que de perdre sa vie à la gagner, qui n’ont pas trouver leur chemin dans le monde du travail, qui n’arrivent pas à se lever le matin, préfèrent se consacrer à des activités productives non rémunérées ou à des hobbies improductifs?
C’est bien ces gens-là qui sont l’enjeu de l’initiative, qui présente le risque d’inciter trop de gens à cesser de travailler et n’est donc peut-être pas viable économiquement.
Certains pensent que les réfractaires au travail sont des malades qui n’ont pas compris le sens de la vie, dignes de l’étiquette « Invalidité », ou des délinquants qu’il faudrait interner dans des camps, ou bien simplement des gens qui posent un problème et qu’il faudrait continuer à faire surveiller par des « conseillers ORP » ou des assistants sociaux? Avez-vous de la sympathie pour les réfractaires au travail et pensez-vous qu’il faudrait leur donner de quoi vivre tranquillement?
Etant donné que vous n’abordez pas la problématique principale que pose cette initiative dans votre argumentaire, vous êtes un peu hors sujet, désolé de vous le dire.
Monsieur Schouwey, je vous remercie d’avoir pris le temps de me donner votre avis, même si vous considérez mon texte comme « hors sujet ».
Personnellement, je ne suis pas d’avis qu’on règle les problèmes à coup de formules creuses du genre « perdre sa vie pour la gagner ». J’estime que le travail est nécessaire, tant pour la réalisation personnelle de chacun que pour produire les richesses que la société, en particulier l’Etat social, doit se charger de redistribuer. En revanche, cela ne signifie pas que j’approuve les méthodes actuelles qui visent à « forcer » les sans-emplois à se réinsérer à tout prix ni celles qui visent à classer les « réfractaires » comme « invalides ». Une lecture d’autres billets de ce blog vous aura d’ailleurs certainement permis de vous en rendre compte.
Or, vous avez raison, le revenu de base peut conduire à écarter, de leur gré ou pas, de nombreuses personnes du marché du travail. Peut-être que cela réjouira certaines d’entre-elles. D’autres ne s’en réjouiront en revanche pas. En outre, moins il y aura de travailleurs, moins il y aura de moyens pour financer… le revenu de base et autres prestations sociales. Si je ne suis pas partisan de l’ »obligation de travailler à n’importe quel prix », je m’oppose aussi à un système qui exclurait de nombreuses personnes du marché du travail, sans leur laisser de quoi vivre décemment et en leur faisant croire que les autres les financeront.
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