Et maintenant, les retraités!

L’avenir des retraites est au cœur de l’actualité. Une tentative d’affaiblir le 2ème pilier à peine repoussée, la discussion se focalise sur le 1er, l’AVS. Après s’être attaqués aux actifs en tentant de baisser leurs futures rentes LPP, les partis bourgeois s’en prennent désormais aux retraités. Sur la table: une limitation de l’indexation des rentes au renchérissement, donc une diminution de leur pouvoir d’achat.
Les partisans de l’affaiblissement des assurances sociales ont commencé par tenter de monter les retraités contre les actifs, en prétendant que l’on puise dans le capital de prévoyance des retraités actuels pour assurer celui des futurs retraités. Fort heureusement, cet argument qui ne reposait sur aucune base sérieuse n’a pas pris et l’ampleur du rejet de la baisse des rentes démontre que les retraités ont en majorité voté en faveur des actifs.
Nouvel objet, nouveaux arguments, mais la stratégie reste la même: monter les actifs contre les retraités. Pour faire passer la pilule de la baisse des rentes AVS, la droite tente de faire croire aux actifs que, s’ils n’acceptent pas de baisser les rentes des retraités actuels, eux-mêmes ne toucheront plus rien. Il est temps de mettre un terme à ce petit jeu, qui ne peut, à terme, que nuire à la solidarité entre les générations et miner la cohésion sociale. Si un référendum doit être lancé contre la 11ème révision de l’AVS, les retraités actuels auront besoin du soutien des actifs.
Car défendre une AVS solide est indispensable au vu de la situation actuelle de bon nombre de retraités. En effet, un retraité sur deux n’a que l’AVS comme revenu. Diminuer l’indexation des rentes aurait donc des conséquences très néfastes sur le pouvoir d’achat d’un grand nombre d’aînés et entraînerait un report de charges sur les prestations complémentaires et de l’aide sociale. En outre, la pauvreté refait son apparition chez les personnes âgées. Selon une étude menée par le Conseil Suisse des Aînés et Pro Senectute, près de 100’000 personnes âgées connaissent des difficultés financières et plus de 45’000 retraités sont pauvres, une tendance qui est croissante.
Défendre l’AVS est d’autant plus important que, contrairement à ce que ses détracteurs ressassent à longueur d’année, ses finances sont saines. Les prévisions alarmistes annonçant d’énormes déficits ne se sont pas réalisées: pour 2007 l’OFAS avait prévu que l’AVS ferait un déficit de 2,5 milliards… Mais cet exercice s’est achevé sur un bénéfice de 1,5 milliard. La crise financière de 2008 a certes laissé des traces, mais cette dégradation n’est que passagère: les pertes en 2008 sont uniquement le fait de la chute des marchés financiers. L’AVS aura certes besoin d’un financement supplémentaire aux environs de 2020, mais, dans tous les cas, ce besoin ne justifie en aucun cas l’attaque contre le pouvoir d’achat des retraités que prévoit de voter la majorité bourgeoise du Parlement fédéral.
En votant massivement contre la baisse des futures rentes du 2ème pilier, les retraités ont montré leur solidarité avec les actifs. Aux actifs maintenant de montrer leur solidarité en rejetant la 11ème révision de l’AVS avec la même détermination.

Texte paru aujourd’hui dans « 24 heures« 

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