La majorité du grand conseil a peur du peuple. Et ne croit pas en ses propres arguments.

Le grand conseil débattait cet après-midi du paquet fiscal du gouvernement, comprenant, en vrac, des mesures (soutenues par le PS) pour les familles modestes et de la classe moyenne, quelques adaptations techniques incontestées, l’introduction d’un «bouclier fiscal» pour les hauts revenus et l’introduction de la réforme de l’imposition des entreprises II dans la législation vaudoise. Ce joli paquet joliment ficelé n’a qu’un objectif: faire avaler une pilule que les vaudoises et les vaudois ont pourtant nettement refusé dans les urnes en février dernier. Pourtant, à entendre la plupart des intervenants bourgeois, ceux-ci sont intimement convaincus que ces mesures sont bonnes pour l’emploi et les PME. En outre, nombreux furent ceux à prétendre que, depuis l’acceptation de la réforme au niveau fédéral et sa mise en application dans la quasi-totalité des cantons, les circonstances ont à ce point changé et la concurrence intercantonale à ce point augmenté que, cette fois, les vaudois accepteraient probablement la réforme si elle leur était à nouveau soumise.
Il n’en demeure pas moins que la majorité bourgeoise a maintenu le principe du paquet et refusé de scinder les lois, ce qui aurait permis un vote populaire séparé sur les objets. Vote que la majorité semblait pourtant sûre de remporter. Mais puisqu’elle a maintenu le paquet, c’est donc qu’elle n’est pas si convaincue que cela par ses propres arguments. Ou alors, c’est qu’elle les sait erronés, voire mensongers.

2 réflexions au sujet de « La majorité du grand conseil a peur du peuple. Et ne croit pas en ses propres arguments. »

  1. Ce sont deux choses différentes: Les éléments du paquet fiscal vaudois sont tous indépendants des uns et des autres. Il serait parfaitement possible d’en refuser un et d’accepter les autres, sans que ceux-ci deviennent obsolètes. Par exemple, la position du PS est de soutenir les allègements pour les familles et les points incontestés de la réforme de l’imposition des entreprises II et de refuser la réforme de l’imposition des dividendes et le bouclier fiscal. Les allégements pour les familles n’ont en effet pas besoin du bouclier fiscal pour exister.
    En revanche, le paquet des bilatérales (coupler le vote sur le renouvellement de la libre circulation des personnes à son extension à la Roumanie et à la Bulgarie) est une seule et même question: Si le peuple suisse dit non à un seul de ces deux objets, le risque est très important de voir l’UE dénoncer tous les accords bilatéraux. Lier les deux objets, c’est dire la vérité à l’électeur: c’est tout ou rien.
    Et ce fut aussi un coup de maître politique: l’UDC et l’ASIN sont hésitantes et divisées, alors qu’elles avaient annoncés le référendum à grand bruit. L’ASIN a même renoncé à faire décider sa base et voilà que ses membres fuient vers les démocrates suisses.

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