Pouly, Polli et le paquet fiscal de février

La chaîne de boulangerie Pouly avale sa concurrente Polli. En plus de nous rappeler que les lois du marché sont impitoyables, cet événement nous livre quelques informations très intéressantes.

Par exemple, que Pouly SA emploie 570 employés. Et n’est donc pas une PME. Mais aussi, que son unique actionnaire est son fondateur, M. Aimé Pouly. Il bénéficiera donc de la réforme de l’imposition des entreprises II. Car les actionnaires possédant au moins 10% d’une société de capitaux verront leur dividendes imposés à 60% seulement, alors que les salariées et salariés sont, comme chacun sait, imposés sur l’entier de leur salaire. Et le resteront.

Les boulangeries indépendantes des quartiers et des villages -de vraies PME- sauront apprécier à sa juste valeur ce cadeau fiscal à une chaîne qui leur mène la vie dure. Elles l’apprécieront d’autant plus qu’elles n’en verront pas la couleur, car ce sont en général des raisons individuelles…

Le 24 février, nous ne sommes pas fous: Votons NON à la réforme de l’imposition des entreprises II!

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2 réflexions au sujet de « Pouly, Polli et le paquet fiscal de février »

  1. Permettez-moi de vous rappeler que M. Pouly a commence par livre du pain en bicyclette, avant de devenir le patron de l’entreprise que vous mentionnez. C’est donc un « self-made man » (on n’a pas tous la chance d’avoir un papa rentier de l’Etat…), qui, contrairement a vous et a vos collegue syndicalistes, cree des places de travail.
    En refusant la reforme fiscale, vous refusez egalement tous les autres points de la loi, qui sont par ailleurs tres importants.
    Et pourquoi vous sentez-vous obliger de toujours opposer un projet avec un autre (AVS et impots, etc). C’est du pure populisme socialiste, et l’on sait malheureusement ou ce genre de propagande nous mene…
    (Desole, pas d’accent sur mon clavier)

  2. Je n’ai rien contre M. Pouly en personne. S’il a fait son succès tout seul, tant mieux pour lui. Ne connaissant pas les conditions de travail et de salaire de son personnel, je ne vais pas prendre position sur la qualité des emplois qu’il a créé. Ce qui me choque, c’est qu’une réforme que l’on vend comme étant favorables aux PME ne profite en fait qu’à des patrons de grandes entreprises à des lieues d’être dans le besoin. Cela ne les incitera pas à créer des emplois (ils en créent déjà sans et ce n’est pas l’impôt qui est déterminant dans la volonté d’investir cf. notre discussion sous: http://www.schwaab.ch/archives/2007/11/21/les-8400/ ). Vider les caisses de l’Etat et grever l’AVS pour cela n’en vaut pas la peine.

    Et oui, j’oppose l’AVS à la réforme de l’imposition des entreprises II. Car ce paquet fiscal a un effet sur l’AVS. Ces chiffres ont d’ailleurs été confirmés par son plus chaud partisan, M. Merz en personne.

    Votre haine des syndicats vous aveugle. Voici un petit exemple d’emplois créés par les syndicats: L’entreprise SAPAL voulait fermer son site de l’ouest lausannois il y a quelques années. Suite à une grève et l’intervention de la FTMH (devenue Unia) et aux propositions que firent les membres de la commission d’entreprise, le site fut sauvé, fait désormais des bénéfices et réengage. Ce genre d’exemples abondent.

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