Haro sur le Haury
Aujourd’hui, M. Haury, dĂ©putĂ© libĂ©ral exclu de son parti et passĂ© chez les pronuclĂ©aires d’Ă©cologie libĂ©rale, dĂ©veloppait sa motion pour que les Ă©coles testent systĂ©matiquement si leurs Ă©lèves ont consommĂ© du Cannabis. Si toutefois ils parviennent pour en consommer Ă se soustraire du champ des camĂ©ras de surveillance que demandent M. Haury et ses amis
…
Mais il n’y a pas eu de dĂ©bat: M. Haury n’a pas jugĂ© bon de dĂ©battre de son texte et l’a fait renvoyer sĂ©ant en commission. Il a probablement jugĂ© que le dĂ©bat n’Ă©tait pas nĂ©cessaire, puisqu’il s’est dĂ©roulĂ© hors-parlement, par mĂ©dias interposĂ©s.
Je veux pour autre preuve que cette proposition de M. Haury n’Ă©tait faite que pour Ă©pater la galerie (ce qui est, il faut l’admettre, une rĂ©ussite totale, sa proposition ayant notamment fait la une du matin orange) cet extrait du rapport du prĂ©posĂ© fĂ©dĂ©ral Ă la protection des donnĂ©es et Ă la transparence concernant les tests obligatoires de dĂ©pistage de la consommation de cannabis auxquels certaines entreprises soumettent tous leurs apprenti-e-s, voire tou-te-s leurs employĂ©-e-s de moins de 40 ans (p. ex. les CFF).
«Les résultats des tests de dépistage disent si une personne a été en contact avec de la drogue. Notons à ce propos qu’il suffit parfois que la personne ait touché de la drogue avec ses mains pour que le résultat du test soit positif. Les tests ne permettent pas de savoir si quelqu’un a véritablement consommé de la drogue. La consommation de certains médicaments (p. ex. sirop contre la toux) peut aussi entraîner un résultat positif. Les tests de dépistage peuvent encore donner des résultats positifs plusieurs semaines après la consommation de la drogue, bien que la substance prise n’ait depuis longtemps plus aucun effet. Le test ne permet donc pas de déterminer à quel moment précis la drogue a été consommée.
La consommation de drogues dures ne peut être décelée qu’à court terme par des tests urinaires. Certaines personnes abandonnent pour cette raison les drogues douces au profit des drogues dures ou de l’alcool, dans le simple but de contourner les tests de dépistage. Un résultat négatif ne signifie donc pas qu’il n’y a pas eu consommation de drogues. Les résultats ne sont par conséquent pas fiables, ou ne le sont qu’après la répétition, fastidieuse et coûteuse, des tests. Il ne faut pas que l’employeur prenne des mesures à l’encontre d’un apprenti sur la base d’un seul test de dépistage. (…)
Dans différents cas, les tests de dépistage n’ont pas eu d’effet dissuasif; en d’autres termes, ils ne réduisent pas les risques en matière de sécurité liés à la consommation de drogues. Au contraire, ils risquent même de servir de «modes d’emploi» pour consommer de la drogue sans se faire «pincer». » (p.5 du rapport)
Comme on peut le constater, ces tests ne sont pas fiables, on peut dĂ©duire tout et son contraire de leur rĂ©sultat, bref, vouloir les introduire systĂ©matiquement dans les Ă©coles n’est pas seulement scandaleux, mais farfelu. EspĂ©rons que les Ă©cologistes-libĂ©raux-pronuclĂ©aires fonderont leurs prochaines propositions sur des arguments un peu plus sĂ©rieux. Et ne renâcleront pas Ă en dĂ©battre devant le plĂ©num du Parlement.
12 décembre 2007 at 18:58
Oui, mon soutien aussi sur ce point…
P
13 décembre 2007 at 9:27
Ah ben comme quoi tout arrive!