Une déduction injuste, absurde et qui coûte 1,4 milliard? NON!

1450246_10152715031784897_598405457_n L’initiative de l’UDC dite «pour les familles» devrait plutôt s’intituler «vider les caisses de l’Etat au profit des familles aisées». En effet, elle propose que la minorité de familles dont un seul parent travaille et qui n’ont aucun frais de garde d’enfants bénéficient tout de même d’une déduction fiscale. Or, qui dit «déduction» dit: avantage pour une minorité de contribuables aisés. En effet, environ 30% des familles ne paient pas d’impôt fédéral direct et environ 40% ne paient pas d’impôt cantonal ou communal. Ces familles ne verraient donc pas la couleur de cette déduction. En revanche, les contribuables très aisés en bénéficieraient largement. Pour les familles de la classe moyenne concernées par l’initiative, la facture fiscale ne baisserait que de quelques dizaines de francs par an. Quant aux familles monoparentales, une réalité que l’UDC semble ignorer, l’initiative les exclut purement et simplement de son champ d’application, indépendamment de leur revenu. Ce n’est certainement pas ainsi que l’on soutient efficacement les familles.

Cette déduction n’est pas seulement injuste, elle est aussi absurde, car une déduction doit avoir pour objectif de compenser une dépense. Or, la proposition de l’UDC veut que l’on puisse déduire… des frais inexistants. C’est un peu comme si on permettait à celui qui travaille à côté de chez lui de déduire des frais de transport fictifs. C’est absurde et injuste par rapport à celui qui doit réellement assumer de tels frais!

Mais surtout, l’initiative de l’UDC sera fort coûteuse. Selon la Conférence des directeurs cantonaux des finances, elle provoquerait une perte cumulée d’au moins 1,4 milliard de francs par an pour la Confédération, les cantons et les communes. Pour le canton de Vaud et les communes vaudoises, la facture se montera à 80 millions de francs. Il n’y a que deux options pour compenser cette perte colossale: 1. réduire les prestations destinées à la population, y compris aux familles, ou 2. augmenter les impôts ou la dette publique. Or, la situation financière inquiétante des pays voisins devrait plutôt nous inciter à la prudence. Le bon sens recommande donc de dire NON à une initiative aussi coûteuse qu’injuste.

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Il est intéressant de constater qu’une bonne partie des adversaires de «1 à 12» ne pipent mot des pertes fiscales qu’engendrerait l’initiative dite «pour les familles» et ne semblent pas s’en inquiéter (quand ils ne soutiennent pas cette initiative), alors que ces prévisions de pertes fiscales reposent sur des prévisions beaucoup plus fiables que celles sur lesquelles reposent les scénarios-catastrophes qu’on nous promet en cas de «oui» à la justice salariale. Ces prévisions de pertes fiscales sont en outre admises par les partisans de l’initiative de l’UDC. Par exemple, toute à ses pamphlets contre «1 à 12», l’USAM reste coite sur une initiative dont on sait pourtant avec précision qu’elles coûtera très cher aux collectivités publiques. C’est bien la preuve que ces soudaines vocations de défenseurs des recettes fiscales ne sont ni crédibles, ni durables.

6 réflexions au sujet de « Une déduction injuste, absurde et qui coûte 1,4 milliard? NON! »

  1. Il y a une différence terrible entre vous et les personnes comme moi: je suis capable de dire que vous avez raison alors que vous n’en êtes pas capable.

    Il est malheureux de voter socialiste parce que l’on fait partie du parti. C’est sectaire, détestable et pour couronner le tout: anti-démocratique.

    Ceci pour vous dire que vos arguments font pencher la balance assez clairement du côté du non et ainsi que je pense voter ainsi.

    Salutations,

    Richard

  2. Comment vous croire ? Il y a quelques années, vous prédisiez le pire pour la Suisse avec le sauvetage des banques.

    Aujourd’hui, les banques ont fait rapporter des milliards à la caisse fédérale (et aux contribuables ; presque 4 milliards ne serait-ce qu’aujourd’hui) et c’est les lois que les socialistes ont contribué avec l’UDC à faire voter qui ont contraint ces mêmes banques à licencier et délocaliser. Vous vous êtes trompé à l’époque… pourquoi donc devrions-nous vous faire confiance aujourd’hui ?

    • Pardonnez-moi, Noel, mais je ne vois pas où vous voulez en venir. De quelles lois votées par le PS et l’UDC parlez-vous exactement? Quand au « sauvetage des banques », pourriez-vous être plus précis? Je me rappelle avoir déploré que l’Etat soit contraint de voler au secours d’UBS et pas « des banques » et constater qu’il n’avait pas le choix de le faire, celle-ci présentant un risque systémique.
      Cela dit, oui, il m’arrive de me tromper, comme tout un chacun. Il m’arrive d’ailleurs régulièrement de le reconnaître sur ce blog.

      • Noel,

        Aujourd’hui, UBS ne font que récupéré les fonds pourrit qu’ils avaient cédés à la banque Nationale, afin de ne pas être entrainé dans les difficultés. Et maintenant, s’ils les rachètent, c’est qu’ils ont une valeur enfin c’est ce que je comprends! Si quelqu’un peut me confirmer que c’est bien comme cela que ça se passe, voir m’expliquer pourquoi UBS reprend ces titres pourris. Je serais très content.
        Merci

  3. Ce qui me dégoute, c’est pas tant que ces gars gagnent autant (finalement, si des entreprises privées sont assez connes pour payer des gars autant alors que d’autre pourraient faire le job tout aussi bien avec un salaire moindre…. )… non, ce qui me dégoute c’est que quand un des ces gars déduit 3’000.- de frais de déplacement de son revenu imposable, il gagne 1’200.- d’impôts alors que quand moi je déduis 3’000.- je ne gagne que 300.- ! Ce qui me choque c’est que des gars comme ça peuvent avoir des plans de caisse de pension leur permettant d’assurer plus de 800’000.- de salaire et que les cotisations sont entièrement déductibles du revenu imposable (sans compter les monstrueux rachats d’années que ces gars peuvent faire qui n’ont rien à voir avec la préparation de la retraite mais avec un placement juteux puisque ces rachats sont entièrement déductible du revenu (40% de gain fiscal), échappent ensuite à l’impôt sur la fortune (mine de rien dans les 1% par an) et sont ridiculement taxés à l’encaissement du capital à la retraite (dans les 8% à Genève, bien moins dans certains cantons de Suisse centrale). Alors plutôt que de vous attaquer à ces salaires certes grotesques, faites déjà en sorte de faire cesser ces avantages fiscaux indécents…. Ou alors dites carrément que vous trouvez normal que mon boss paie au final ses frais de déplacement 1’800.- (3’000.- – 40%) alors que je paie les miens 2’900.- (3’000.- – 10%)

    Effectivement tout avantage conféré par le biais d’une déduction du revenu imposable est une arnaque… enfin plutôt un avantage fait aux gens aisés plutôt qu’aux petits contribuables. Je ne cesse de le répéter mais il faudra encore du chemin pour que les gens comprennent ! Comme il est relevé dans le texte ci-dessous, avec cette initiative, les familles ne payant pas d’impôt car leur revenu sont trop bas ne verront pas le début d’une aide. Et celles qui paient peu d’impôt seront bien moins aidées que celles qui paient plus d’impôts car leur revenus sont plus hauts (le taux d’imposition étant progressif). Mais cela beaucoup de gens ne l’ont pas encore compris ! Combien de fois du reste n’entend-on pas « Ces frais sont déductibles de l’impôt !! » C’est faut !! Archifaux ! Rien n’est jamais déductible de l’impôt mais déductible du revenu imposable, ce qui n’est pas la même chose ! Ainsi, une déduction de 1’000.- du revenu imposable peut faire économiser 400.- d’impôt à un gros contribuable et seulement 100.- à un petit ! Si on voulait vraiment être équitable on trouverait une solution où les montants seraient réellement déductibles des impôts. Le système généreux dirait, par exemple, que 40% des frais de déplacements sont déductible des impôts (donc dans mon exemple des 1’000.-, que l’on soit riche ou pauvre, on verrait sa facture fiscale diminuer de 400.-). Le système moins généreux prévoirait une déduction de 10% (pour 1’000.- de frais, gros comme petit contribuable pourraient déduire 100.-). La première solution pourrait peut-être contenter la droite puisque son électorat ne se verrait réduire ses gains fiscaux (mais bon, ils gueuleraient probablement en raison des pertes fiscales). En revanche, il est clair que la deuxième solution serait impossible pour la droite en raison de la perte de l’avantage fiscal. Enfin bref, Mesdames et Messieurs les socialistes, à quand un système fiscal équitable dans lequel il n’existe plus d’éléments déductibles de revenus mais des crédits d’impôts proportionnels à ces éléments et identiques pour tout le monde ? J’ai déjà plusieurs fois posé la question mais personne ne m’a jamais répondu à ce jour…

  4. Si ca ne tenait qu’à moi, il n’y aurait aucune déduction pour les coûts liés à la « prise en charge » des enfants. Dans le cas de l’initiative, je ne vois en effet pas pourquoi on devrait pouvoir déduire des frais qui en réalité n’existent pas; mais je ne vois pas non plus pourquoi on peut déduire des frais de crèche, celle-ci permettant aux parents d’avoir un revenu plus conséquent car pouvant travailler, et peuvent donc (en général) payer les frais de crèche. Le vrai problème est que les gens souhaitent avoir des enfants tout en conservant le style de vie qu’ils avaient avant d’en avoir, ce qui ne peut fonctionner sans l’intervention de l’État. Ces gens oublient qu’un « certain style de vie » n’est pas un droit de l’homme…

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