Il faut des mesures pour diminuer le stress au travail

Le Secrétariat d’État à l’économie (SECO) vient de publier une enquête sur l’évolution du stress au travail et sur ces causes (Le stress chez les personnes actives occupées en Suisse – Liens entre conditions de travail, caractéristiques personnelles, bien-être et santé, Berne 2010). Ses conclusions sont inquiétantes: on constate notamment la très nette augmentation de la part des salarié(e) s qui subissent du stress sur leur lieu de travail (de 27 % à 34 % entre 2000 et 2010) et du nombre important de salarié(e)s qui doivent prendre des substances soit dopantes, soit calmantes pour «tenir le coup» face aux cadences de travail difficiles et/ou «décompresser» le soir après le travail. Ainsi, 32% des salarié(e)s ont dû prendre des médicaments en lien avec leur travail. La moitié n’en prend qu’exceptionnellement. Un quart a une consommation occasionnelle et le dernier quart consomme régulièrement. Si la grande majorité des salarié(e)s concernés estiment pouvoir «parfaitement» maîtriser le stress au travail, cette part est en net recul depuis la dernière étude.
Ces chiffres confirment malheureusement les études précédentes et nos constats comme quoi le monde du travail devient de plus en plus difficile et ce malgré les taux élevés de satisfaction au travail constatés en Suisse. Ils s’inscrivent enfin dans un contexte où la vie professionnelle est le principal facteur de stress chez les personnes qui disent en souffrir.
La publication de cette étude est l’occasion pour l’USS de réitérer ses exigences de mesures pour limiter les conséquences du stress au travail, dont les coûts annuels ont précédemment été estimés à 10 milliards de francs par an par le SECO (étude «le coût du stress en Suisse», 2000), mais que l’étude dont il est ici question n’a pas réactualisés. Cette étude nous donne également d’excellents arguments dans le cadre de toutes les discussions actuellement en cours sur l’organisation du temps de travail (révision des règles sur le temps de travail dans la LTr, horaires d’ouverture des magasins, en particulier des échoppes de station-service, modèles d’organisation du temps de travail «basé sur la confiance», travail sur appel, etc.).
Nous souhaitons ainsi supprimer les modèles d’organisation du temps de travail qui génèrent du stress, par exemple le travail sur appel, le temps de travail «basé sur la confiance» ou la disponibilité permanente, en particulier grâce aux natels, aux smartphones et à la multiplication des heures de piquet. Notre engagement contre la précarisation des rapports de travail et les bas salaires, eux aussi facteurs de stress, voit également sa pertinence renforcée par cette étude.
D’une manière générale, l’étude confirme la pertinence de notre engagement en faveur d’une baisse du temps de travail par une augmentation du droit aux vacances et une baisse générale de la durée hebdomadaire du travail. L’étude du SECO a en effet souligné qu’un temps de travail trop élevé, en particulier quotidien, est un facteur important de stress. Elle confirme également que les entreprises qui augmentent le temps de travail à cause du cours de l’euro font fausse route aussi du point de vue de la santé des salarié(e)s. La possibilité de prendre des pauses en fonction des besoins est également un facteur propre à diminuer le stress.
L’USS demande enfin une amélioration des droits de participation des salarié(e)s, car l’étude du SECO a montré qu’être impliqué dans les décisions est un des facteurs qui permet de diminuer le stress.

2 réflexions au sujet de « Il faut des mesures pour diminuer le stress au travail »

  1. Mobbing ou burnout ???!! A méditer.

    J’ai connu ce genre d’ambiance à la poste

    http://www.mobbing-zentrale.ch

    Merci à Madame et Monsieur HOFMANN pour leur gentillesse et leur disponibilité. J’apprécie leur assemblée générale annuelle à Berne

    Président: Me Heinz Hofmann, avocat, Eisengasse 9D, 3065 Bolligen, tél. + fax 031 921 11 09, E-mail: info[at]mobbing-zentrale.ch

    Secrétaire et trésorière: Marianne Hofmann, lic. ès lettres, traductrice, 3065 Bolligen, tél. + fax 031 921 11 09, E-mail: info[at]mobbing-zentrale.ch

    http://www.mobbing-zentrale.ch/transite.htm

    15 octobre 2011

  2. Ce que je trouve intéressant dans ce débat, c’est le double language des employés: « Je veux des conditions de travail qui ne me stressent pas, mais je veux aussi pouvoir m’acheter une pizza surgelée à 3 heures du matin ». A méditer…

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