Un mauvais tour joué aux apprenti-e-s vaudois-e-s?

La nouvelle loi vaudoise sur la formation professionnelle (nLVFPr) sera soumise au Grand conseil dans les prochaines semaines. Ayant suivi cet important dossier depuis le début (j’étais notamment membre de la commissino parlementaire), j’en reparlerai régulièrement sur ce blog.
La majorité de droite de la commission parlementaire prépare un mauvais tour aux apprenti-e-s vaudois-e- s et à leur famille: la suppression de la prise en charge de la demi-prime d’assurance-maladie pas l’employeur. Avec la loi actuelle, l’employeur doit payer la moitié de la prime LAMAL à la charge de ses apprenti-e-s. Une prestation importante, si l’on considère le faible salaire des apprenti-e-s (selon une enquête d’Unia, 52% des apprentis sont insatisfaits de leur salaire), le pouvoir d’achat des familles toujours plus menacé et la hausse constante des primes d’assurance-maladie. Les élus bourgeois proposent pourtant de supprimer cette demi-prime, pour la remplacer par une d’allocation de 80.—Fr. par mois (soit beaucoup moins que la moitié de la prime cantonale de référence – 150.—Fr. environ), allocation qui plus est plafonnée (les apprentis gagnant plus de 1200.—Fr. par mois en seraient exclus). Si cette proposition scandaleuse passe la rampe, cela veut dire concrètement que les apprentis vaudois verront leur pouvoir d’achat réduit de plusieurs dizaines de francs par mois à l’entrée en vigueur de la loi. Pour certains (notamment les apprentis âgés de plus de 18 ans – c’est le cas de la majorité d’entre eux – et ceux travaillant dans les branches aux salaires d’apprentis plus élevés que la moyenne, p. ex. hôtellerie-restauration), la perte de pouvoir d’achat pourra dépasser 10%! C’est intolérable! En outre, cette proposition de la droite introduirait un nouvel « effet de seuil »: Ainsi, un apprenti qui bénéficierait d’une hausse de salaire qui lui ferait dépasser le plafond prévu pourrait, au final, voir son pouvoir d’achat diminuer malgré la hausse salariale, car il ne bénéficierait plus de l’allocation. Absurde!
Plus choquant encore: grâce à cette mesure, les entreprises formatrices économiseraient plusieurs millions sur le dos de leurs apprentis et de leurs familles, alors que, grâce au fonds pour la formation professionnelle prévu dans la nouvelle loi, elle toucheront 15 millions de plus.
Qu’on le dise clairement: la suppression de la demi-prime ne créera ou ne sauvegardera pas la moindre place d’apprentissage. Malgré son existence, les entreprises vaudoises n’ont jamais autant créé de nouvelles places que ces dernières années.
Le parti socialiste s’opposera donc avec vigueur à cette attaque révoltant contre le pouvoir d’achat des apprentis et de leur familles. Aujourd’hui, les syndicats vaudois ont annoncé que, si la majorité de la commission devait l’emporter devant le plénum, ils lanceraient une initiative populaire pour que tous les employeurs du canton (pas seulement les entreprises formatrices) prennent en charge jusqu’à la totalité des primes d’assurance-maladie de tous les jeunes en formation (pas seulement des apprentis)! Je soutiendrai cette initiative si elle devait être lancée et m’engagerai pour que le PSV en fasse autant. Mais espérons qu’elle ne sera pas nécessaire, que la majorité du Grand conseil soit raisonnable et renonce au mauvais tour que les élus bourgeois de la commission veulent jouer aux apprentis vaudois!

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