Zürich: Il faut tirer rapidement les leçons de la débâcle socialiste

Le PS zurichois a subi une déroute d’une rare ampleur, perdu 7% de son électorat et 17 sièges au parlement cantonal. On croyait seulement le parti radical capable d’une telle débâcle. Deux tiers de ces pertes vont à la droite (aux verts libéraux) mais une bonne partie va aux verts «traditionnels», clairement à gauche dans le canton de Zurich. Jusqu’à présent, les pertes socialistes vers les verts restaient modérées, voire inexistantes.
A six mois des élections fédérales, tous les socialistes de Suisse doivent tirer les leçons de la débandade de nos camarades zurichois et, car il est malgré cette défaite toujours crédible (et nécessaire!) de vouloir devenir le premier parti des chambres fédérales, agir pour inverser la tendance. C’est possible à condition d’agir vite avec une stratégie claire.

Sans être un grand connaisseur de la politique zurichoise, je peux toutefois avancer les explications suivantes à la déroute du PS ZH :

Le PS ZH est une des ailes les moins à gauche du PSS. Il a notamment soutenu le travail dominical dans les gares et son président Martin Naef rejeté la caisse unique et sociale. Sur ces deux points, le PS ZH a même fait publiquement campagne contre la position du PSS. Résultat, deux défaites pour le parti suisse, dont une pour quelques voix (le travail dominical). Le PS ne gagne que lorsqu’il a un profil clair et est fidèle à ses valeurs fondatrices. Et il ne doit surtout pas tendre vers le centre, comme le lui conseille le politologue Andreas Ladner dans la «Mittellandzeitung». C’est dans des canton où il est profilé à gauche que le PS gagne des sièges et des suffrages (VD, TI, pour prendre des exemples récents).
Les verts de ZH sont en tout cas au moins aussi à gauche que le PS, si ce n’est plus sur de nombreux sujets, et ont un profil beaucoup plus clair. Ils n’ont pas de profil trompeur «ni-à-gauche-ni-à-droite», car les verts sont clairement à gauche et les verts libéraux clairement à droite. Ils ont aussi mené une campagne beaucoup plus mobilisatrice. C’est un point important pour le PSS, qui doit désormais cesser de d’inclure systématiquement les verts dans ses campagnes. Les verts n’ayant guère de positions qu’ils n’ont pas copié-collé sur celles du PS, ce n’est pas au PS de les aider à se profiler sur des propositions qui sont en réalité les nôtres.

Le PS est un parti de gouvernement, mais n’arrive pas à mobiliser ses électeurs pour les élections parlementaires, alors qu’il a besoin de groupes forts dans les parlements pour soutenir l’action des ses élus à l’exécutif. A ZH (comme dans le canton de Vaud, d’ailleurs), les listes pour le Conseil d’Etat font de bien meilleurs résultats que celles pour le grand conseil. Les deux ministres socialistes zurichois sont même brillamment réélus au premier tour. A nous de faire comprendre aux électeurs qu’un forte présence au gouvernement n’est guère utile sans large soutien au Parlement. A cela s’ajoute le fait que le PS souffre particulièrement lorsque ses ministres ne sont pas en phase avec les positions du parti ou de ses alliés, notamment les syndicats. Ainsi, avec ses prises de position pour augmenter l’âge de la retraite ou privatiser la sécurité ferroviaire, Moritz Leuenberger fait à mon avis plus de mal au parti qu’il ne lui rend service en empêchant M. Blocher de faire main basse sur le département des infrastructures. A Zurich, Régine Aeppli a plus d’une fois fâché les syndicats et la gauche du parti en prenant des positions bourgeoises, notamment en matière de formation professionnelle.
Quant aux alliés en général, l’exemple zurichois montre qu’un PS déconnecté des syndicats et des associations se plante (le PS fait par exemple 1er mai à part en ville de Zurich…).

Le PS doit mieux valoriser son action au gouvernement et ses positions sur les thèmes actuels, notamment écologiques. Il doit revendiquer chaque succès comme étant le sien, ne pas assumer les échecs autres partis et expliquer clairement que, chaque fois qu’il perd sur un objet, c’est parce que ses élus n’étaient pas assez nombreux.

Enfin, le PS ne doit pas se réjouir lorsqu’il perd, même si le camp rose-vert se renforce. Hans-Jürg Fehr s’est ainsi «réjoui» de la «progression globale» de la gauche et des verts, au lieu que de revenir sur les raisons de la catastrophe. L’engagement socialiste ne saurait se résumer à provoquer à nos dépens le succès d’autres formations.

 

A lire aussi: Le commentaire de Jacques Guyaz sur domainepublic.ch et le communiqué de presse du PSS.

6 réflexions au sujet de « Zürich: Il faut tirer rapidement les leçons de la débâcle socialiste »

  1. ja, genau! rapidement!!

    was uns interessieren würde, warum schreibst du in deinem blogtitel eigentlich
    Socialiste?…. mit einem fragezeichen?

    mit sozialistischem? gruss 😉

  2. Komisch, dass du der erste bist, der mir diese Frage wegen Fragezeichen stellst… Naja, der Fragezeichen ist da, damit meine LeserInnen sich die Frage stellen « Der ist ganz klar ein Sozialist oder? Und was bin ich? Auch ein Sozi? Warum? »… Spannende Fragen gell?

  3. Il y en a certains qui n’ont rien compris. Helmut Hubacher, ancien président du PSS, se plaint aujourd’hui dans la Basler Zeitung que la défait du PS zurichois est due à une ligne trop syndicale. Et l’ancien conseiller national de regretter la position du PS contre la libéralisation du travail dominical dans les gares, qui lui aurait coûté des voix à ZH. Mais notre brave camarade Helmut semble oublier que justement le PS ZH était favorable à cette libéralisatioin. Peut-être que s’il avait pris une position plus sensée, le PS ZH aurait fait comme les sections cantonales qui se sont engagées à fond contre le travail du dimanche: il aurait progressé…

  4. nun lieber jc,

    das ist ja alles gut und recht. aber du beantwortest damit die frage nicht….wir sind immer noch gespannt auf deine wirkliche antwort.

    keep on rockin 😉

  5. Ich habe meiner Ansicht nach die Frage mehr als beantwortet. Mir scheint aber, dass du möchtest, dass ich etwas Bestimmtes sage. Oder?

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