5 réflexions au sujet de « Réquisitoire contre smartvote: la suite »

  1. La raison est simple et je l’ai expliquée sur mon blog il y a quelques jours.

    Si on compte les questions concernant les aspects « de droite », elles sont souvent très marquées d’une part et moins nombreuses que les autre. Quelqu’un même pas trop de gauche ne va donc avoir que peu de questions pour « faire des points ».

    Par contre, si on regarde le social ou l’environnement, il y a plus de question et certaines acceptables par une très grande majorité. Il est donc facile à chacun de faire des points.

    En conséquence, quelqu’un de droite aura (presque) dans tous les cas des points un peu partout. Ce n’est pas le cas pour les personnes de gauche qui auront quasiment aucune point sur la droite.

    Pour moi, le gros problème c’est le graphique car il laisse penser à un positionnement sur l’échiquier politique. S’il n’y avait que les questions et les remarques des candidats, la lecture serait plus fine et donc plus signifiante. Bref, un outil qui me semble bien léger pour des prétendus scientifiques

  2. Il s’est passé une histoire similaire lors de l’élection du conseil des étudiant-e-s de l’uni de Berne. On n’y pouvait voter qu’en ligne et, comble de la bêtise, on pouvait directement envoyer comme bulletin de vote la liste de noms crachée par smartvote (il n’y avait qu’à cliquer pour envoyer cette liste). Ce fut une victoire magistrale de la droite, car toutes les questions ne portaient pas sur la politique des hautes écoles, mais il y a avait aussi des questions si générales que les bourgeois pouvaient avoir un score assez centriste, donc apparaître sur de nombreuses listes, même si les électeurs-trices ne voulaient pas vraiment voter à droite. Bref, une catastrophe démocratique.

  3. J’ai lu l’article de M. Meyer paru dans le 24heures du 17.02.07.
    Il m’a semblé qu’il a raison sur un point: les questions sont les mêmes pour tous les candidats et ce n’est pas le score sur le spider qui compte. Bien que smartvote n’est certainement pas un outil idéal pour “choisir” son candidats “idéal”, cet outil permet néamoins de classer les candidats les uns par rapport aux autres.

    J’ai par ailleurs l’impression que même si smartvote était un outil vraiment indiscutable sur le plan méthodologique (que personne, moi compris, ne peut expliquer en détail), beaucoup continuerait à le critiquer car le résultat ne les avantage pas. Je prends pour exemple la carte de positionnemment parue le 13.02.07. On y voit une gauche groupée et une droite dispersée. Je ne ferais pas comme Mme Miauton d’analyse tès poussée (ou poussive), mais il me semble que les questions smartvote portent avant tout sur l’actualité, ceci ne veut dire qu’une chose: les divers mouvements qui composent la gauche sont d’accord sur un très grand nombre de dossiers. Quant à la droite,sa dispersion ne m’étonne nullement, mais je demande à revoir le même tableau après que tous les candidats soient sur smartvote.

  4. Suite à la colonne de Mme Miauton, M. Martinet, candidat vert, répond aujourd’hui dans le courrier des lecteurs du « Temps »: http://www.letemps.ch/template/courrier.asp?page=21&article=200883

    Pour en faciliter la lecture et renforcer le débat, je reproduis ici la colonne de Mme Miauton et la réponse de M. Martinet, en espérant que le temps me pardonnera cette petite entorse au droit d’auteur:

    Les Verts, cheval de Troie
    Marie-Hélène Miauton, mh.miauton@bluewin.ch
    Vendredi 16 février 2007

    Mercredi paraissaient dans 24 heures les résultats de Smartvote pour les élections cantonales vaudoises toutes prochaines. Inutile d’expliquer ce système désormais bien connu qui permet l’analyse du profil politique des candidats et la comparaison rapide au sien propre. Certains politiciens, pourtant grands militants de la transparence en toutes choses, adressent moult reproches à cet outil mais c’est sans doute la limpidité des positionnements révélés qui les gêne. Les Verts par exemple y campent résolument à gauche alors que la population les situe dans un juste milieu de bon aloi, qui en fait des gens hautement fréquentables pour tous ceux qui répugnent aux endoctrinements partisans.

    Déjà l’analyse (parfaitement objective celle-là) des votes des conseillers nationaux durant les législatures fédérales l’avait démontré: les Verts obtenaient une note moyenne de 9,64 sur 10 vers la gauche, tout comme Josef Zisyadis et son POP. Et à Fribourg, lors des élections cantonales de l’automne dernier, les trois candidats écologistes se situaient à l’extrême gauche sur les graphiques de Smartvote, aux seuls côtés du socialiste Steiert. Les médias qui omettent de faire leurs gros titres de ces informations aussi croustillantes que répétées révèlent indirectement combien ladite «vague verte» leur semble plaisante. Mais ils maintiennent ainsi dans l’erreur les citoyens qui restent persuadés que les écologistes sont des gens de l’équilibre, capables d’insuffler un peu de bon sens à la Gauche et d’humanité à la Droite. La vérité est que les convictions environnementales des Verts dissimulent des positions unilatérales sur tous les autres sujets qu’ils influencent dans leurs votes aux législatifs cantonaux et fédéraux.

    Les Vaudois qui croient disposer le 11 mars d’un choix étendu allant d’une gauche plus ou moins dure avec la liste socialo-popiste à une droite plus ou moins affirmée avec la liste d’entente des radicaux, libéraux et UDC, en passant par un juste milieu pragmatique avec les Verts, sont dans l’erreur. Ils n’ont d’option qu’entre un bloc de gauche et un bloc de droite, c’est tout. Et les plus doctrinaires des candidats ne sont pas là où l’on pense. En effet, le profil sur Smartvote de la radicale De Quattro et du libéral Leuba, tous deux accusés d’incarner une aile ultra, est le plus équilibré, rayonnant autour de la centralité, alors que les deux Verts, de même que les socialistes et le popiste, n’occupent que la partie gauche du graphique, montrant ainsi une idéologie pure et dure ne souffrant aucune nuance salvatrice ni faille dans l’arsenal doctrinaire. Ne nous y trompons pas. Si les Verts vaudois font liste à part, ce n’est pas parce que la promiscuité avec l’extrémisme popiste les choque mais bien plutôt parce qu’ils se sentent désormais aptes à faire route seuls en cessant d’être les porteurs d’eau d’une gauche dont ils partagent toutes les idées. Smartvote en apporte la preuve absolue, dans les cantons comme au niveau fédéral. Vive Smartvote!

    Ne pas trop se fier aux sondages…
    Philippe Martinet, député Les Verts, Nyon (VD)
    Mercredi 21 février 2007

    La fièvre électorale semble monter au front de Marie-Hélène Miauton (LT du 16 février) et surtout lui faire perdre la distance critique qu’elle devrait conserver face aux outils qui, comme Smartvote, tentent de réduire les positions des élus à: «Etes-vous de gauche ou de droite?» Les doutes clairement exprimés par le politologue René Knüsel auraient pourtant pu l’inviter à davantage de prudence.

    Première question de Smartvote: «Etes-vous pour la retraite à 67 ans?» Possibilités de réponse: «Oui» ou «Non» (il n’est même pas tenu compte des commentaires possibles). Vous pensez que l’âge de la retraite doit dépendre de la pénibilité du travail (cf. accord social conclu dans le bâtiment)? Vous estimez que cet âge doit être flexible? Passez votre chemin: les sondeurs ne s’embarrassent pas de telles nuances… N’est-il vraiment pas possible de libeller des questions selon non pas deux mais les trois pôles du développement durable?

    Certes, Smartvote indique bien l’orientation générale des candidats, mais de là à qualifier ce type d’outil de «limpide» ou de «parfaitement objectif»… On peut se demander si ce n’est pas à cause de ce genre de raccourcis que Mme Miauton s’était si lourdement trompée dans ses pronostics sur le vote des Suisses lors d’un récent scrutin sur l’Europe.

    Quant à cette diabolisation des Verts vaudois et la logique de blocs qu’elle croit déceler, cela correspond vraiment mal à la réalité de la vie politique réelle, tant au sein du gouvernement que du parlement, où, depuis fort longtemps, plus personne ne prétend détenir le monopole du «bon sens et de l’humanité». Il est par contre certain que la bonne collégialité du gouvernement actuel, avec les magistrats sortants Jacqueline Maurer et Charles-Louis Rochat, est difficile à imaginer avec ceux qui promettent aujourd’hui à la fois des baisses d’impôts et des investissements massifs dans les crèches, les transports ou la chaîne pénale.

    © Le Temps, 2007 . Droits de reproduction et de diffusion réservés.

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