Marché des places d’apprentissage, la détente ou le miroir aux alouettes ?

Selon le récent « baromètre des places d’apprentissage », il y a plus de places d’apprentissage et moins de jeunes qui en cherchent. Mmes Leuthard (conseillère fédérale) et Renold (directrice de l’OFFT) peuvent-elles donc plastronner ? Les syndicats avaient-ils tort de s’alarmer ? Et ont-ils tort de continuer à peindre le diable sur la muraille (voir le communiqué de l’USS) ? Malheureusement pas.

Quelques progrès…
Certes, il faut saluer la hausse du nombre de places d’apprentissage et de contrats signés, ainsi que la diminution du nombre de jeunes sans aucune solution à la sortie de l’école obligatoire. Mais ce n’est de loin pas encore assez !

Un optimisme trompeur
A lire le « baromètre » d’un peu plus près, on constate qu’il y a moins de jeunes que l’an passé à s’intéresser une place d’apprentissage (-3’500), malgré des effectifs en hausse (+2’000 jeunes en fin de scolarité). Moins de jeunes pour un peu plus de places (+4’000), la situation s’améliore. C’est logique. Mais plutôt que de plastronner, l’OFFT ferait mieux de se poser cette question : pourquoi de plus en plus de jeunes se détournent-ils de la formation professionnelle ? Peut-être la pénurie de place de formation y est-elle pour quelque chose…

La démographie ne va pas règler le probème… 

En outre, Mme Leuthard et l’OFFT prétendent une détente encore plus rapide de la situation pour ces prochaines années. En effet, le reflux démographique aidant, il y aura de moins en moins de jeunes dès 2009. Moins de jeunes pour un nombre de places de formation constant ou à la hausse, là encore, la logique veut que la situation s’améliore. Malheureusement, une étude récente de l’institut suisse pour la pédagogie de la formation professionnelle (ISPFP) a démontré que les reflux démographiques sont toujours suivis d’une baisse du nombre de places d’apprentissage. Si cela se confirme, la situation ne va pas se détendre ces prochaines années, malgré l’optimisme de certaines.

Enfin, le déficit structurel du marché des places d’apprentissage ne se résorbe pas ; il manque toujours des places dans de nombreux métiers (notamment les métiers d’avenir) et régions (notamment les centres urbains), alors que des places restent vacantes dans d’autres métiers (mais il s’agit souvent des métiers où les salaires sont faibles et les conditions de travail médiocres, par exemple la restauration et l’hôtellerie, dont une entreprise sur quatre ne respecte pas les conventions collectives). Au final, plus de 22’000 jeunes doivent se contenter d’une « solution transitoire ». Malgré l’embellie, il faut donc poursuivre les efforts pour que chaque jeune trouve une place de formation qui lui convienne.

Alors quoi ?
Les syndicats (et moi avec !) ne baissent donc à raison pas les bras. En collaboration avec les organisations de jeunesse et la jeunesse socialiste, ils lancent la campagne « l’avenir tout de suite ! ». Plus d’informations…
Pour télécharger le résumé en français de l’étude de l’ISPFP (SIBP, Schriftenreihe Nr. 31), cliquer ici.

2 réflexions au sujet de « Marché des places d’apprentissage, la détente ou le miroir aux alouettes ? »

  1. Bonjour,

    Pourriez-vous me dire ce que vous pensez des personnes qui sont à l’aide sociale et au chômage et qui peuvent profiter de la mesure d’insertion sociale?

    D’après vous, cette offre est-elle nécessaire, répond-elle à la demande des personnes se trouvant à l’aide sociale, y aurait-il d’après vous une offre plus adéquate?

    Je me réjouis de vous lire.

    Avec mes meilleures salutations.

  2. Bonjour Willa

    C’est toujours assez difficile de cibler les mesures pour ces personnes et souvent, ces mesures ne leur permettent pas d’obtenir une formation professionnelle complète, alors que c’est justement ce qu’il leur manque pour se réinsérer. Dans tous les cas, il est important qu’il y ait des mesures pour ces personnes et qu’elles soient développées en période de crise.
    Mais en général, les mesures du marché du travail et le mesures de soutien aux personnes à l’aide sociale sont plutôt efficaces. Mais il est vrai que certaines sont plus efficaces que d’autres. Dans le canton de vaud, le programme FORJAD (réinsertion des jeunes à l’aide sociale sans formation) marche très bien et a permis à plus de 120 jeunes de se réinsérer durablement.

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