Des baisses d’impôt oui, mais des baisses équitables

Les baisses d’impôts, rabais fiscaux et autres allègements, sont à la mode. Malgré la dette publique encore importante (4 milliards), malgré les indéniables besoins de rattrapage en matière d’investissements et de prestations à la population, malgré les sacrifices infligés au personnel de l’Etat qu’il faudra compenser, c’est la baisse de la fiscalité qui occupe le devant de la scène. Il faut le regretter, mais en prendre acte.
Il y a deux méthodes pour baisser les impôts.


La première, celle de la droite et des milieux économiques, est celle du «plus vous avez, plus on vous donnera». C’est la baisse linéaire du taux d’impôt, c’est l’augmentation des déductions sur le revenu imposable, c’est la baisse de l’imposition des dividendes. Selon cette méthode, les contribuables aisés, les grandes entreprises, les gros actionnaires, profitent pleinement de la baisse d’impôt. Car plus on paie d’impôt, plus l’effet de la baisse est fort. La majorité des contribuables, elle, ne voit peu ou pas la couleur de la réduction de la fiscalité, notamment les milliers de contribuables trop modestes pour payer des impôts. C’est très injuste, car les revenus de l’Etat sont principalement redistribués aux gros revenus, qui n’ont d’ailleurs pas besoin d’une telle aubaine.

Une baisse équitable
L’autre méthode est celle que préconise le parti socialiste vaudois. C’est le rabais d’impôt de 500.—Fr. par enfant. Il ne s’agit pas de diminuer le revenu imposable, mais la somme à payer au fisc. Cette proposition a l’avantage d’être favorable aux bas et aux moyens revenus. En effet, pour une famille avec deux enfants qui paie 5000.—Fr. d’impôt sur le revenu, 1000.—Fr. de rabais d’impôt (2x 500.—Fr.) correspond à une baisse de 20%. En revanche, pour une famille similaire payant 20’000.—Fr. d’impôt, ces même 1000.—Fr. de rabais ne correspondent qu’à 5%. Et ainsi de suite. Cette baisse d’impôt est donc plus profitable aux bas et moyens revenus qu’aux revenus élevés. Les recettes de l’Etat sont ainsi redistribuées à celles et ceux qui en ont réellement besoin.

Une baisse raisonnable
Cette mesure devrait coûter environ 70 millions de francs et n’entraverait pas les autres mesures nécessaires (réduction de la dette, investissements, rétablissement des prestations à la population, geste en faveur du personnel de l’Etat), que les bons résultats des comptes 2007 rendent possibles.

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