Acquis et défis de la formation dans l’horlogerie

A l’occasion des 70 ans de la convention collective (CCT) de l’horlogerie, le syndicat Unia et l’événement syndical publient sous la direction de Jean-Claude Rennwald un livre retraçant l’histoire de cette CCT, ses principaux acquis et les défis qui jalonnent la branche («La convention collective de travail de l’horlogerie – D’où elle vient, ce qu’elle dit, ce qu’en pensent les travailleuses et les travailleurs»). J’ai rédigé le chapitre concernant la formation, surtout continue. Ce petit livre richement illustré peut-être commandé au prix de 15.—Fr. auprès de l’événement syndical ou, dans certaines librairies (surtout de l’arc jurassien) au prix de 21.—Fr. (pour commander: redaction @ evenement point ch)
 

Quelques réflexions sur la formation dans l’horlogerie:

«A long terme, il n’y a qu’un chose qui soit plus chère que la formation: pas de formation» disait J. F : Kennedy. La situation actuelle de l’horlogerie démontre à quel point il avait raison. Les entreprises de la branche ont totalement négligé la formation de la relève lors des années de crise (au point qu’il ne restait plus que les écoles professionnelles des collectivités publiques, qui, elles, avaient une vision à long terme). Conséquence: aujourd’hui, la pénurie de main d’œuvre est dramatique et les entreprises s’arrachent les ouvriers qualifiés.
Encore un échec du marché…
Cette situation contredit les fanatiques du marché, qui notamment à l’OFFT (qui publie toujours dans une de ses brochures cette ineptie «l’offre en places d’apprentissage reflète les besoins du marché à long terme»), ont longtemps prétendu et prétendent encore que l’Etat n’a pas à inciter les entreprises à former, car celles-ci sont seule juges de leurs besoins futurs. Durant les années de crises de l’horlogerie, si on avait incité les entreprises de la branche à former, il n’y aurait aujourd’hui pas de génération d’horlogers manquante. Encore un échec dont sont responsables les néo-libéraux.

Acquis syndicaux en matière de formation
Les syndicats ont, eux, toujours été du côté de la formation. Dans la CCT de l’horlogerie, ils ont notamment obtenu des jours de congé-formation (que je commente en détail dans le livre). Mais il y a encore du chemin à faire, notamment pour que le personnel non ou peu qualifié ait lui aussi accès à la formation continue. En effet, pour le moment, seuls les salariés déjà qualifiés peuvent réellement améliorer leurs connaissances. Or, ce sont les travailleurs peu ou pas qualifiés qui en auraient le plus besoin, histoire notamment d’améliorer leurs chances sur le marché de l’emploi. Qui sait, la bonne santé de l’horlogerie n’est peut-être pas éternelle.

Propositions patronales
En ce qui concerne la formation initiale, la Convention patronale rejoint fort heureusement le point de vue (mieux vaut tard que jamais!) d’Unia. Elle a présenté l’an passé des mesures pour former 2100 horlogers d’ici à 2010 et d’autres la semaine dernière pour offrir des apprentissages en deux ans avec attestation à des jeunes de faible niveau scolaire, leur donner ainsi leur chance sur le marché de l’emploi. Ces propositions sont, dans l’ensemble, positives. Cette nouvelle formation en deux ans sera reconnue au niveau national, grâce notamment à l’engagement des syndicats en faveur d’un nouveau titre de formation professionnelle destiné aux jeunes en difficultés scolaires. Cependant, quelques points essentiels restent à régler pour que cette nouvelle formation ne se transforme pas en voie de garage. Premièrement, la passerelle vers le CFC doit être assurée. Ensuite, l’encadrement individuel prévu par la loi doit être garanti. Les intentions de la convention patronale sont très claires sur ces deux points, mais Unia devra rester attentive à leur application. Enfin, il est capital que les nouvelles formations en deux ans avec attestation restent des exceptions destinées uniquement à la minorité de jeunes véritablement en difficulté. En effet, le CFC reste et doit rester le titre standard de la formation professionnelle initiale. Il ne faudra donc en aucun cas tolérer son remplacement par un titre de moindre qualification.

Le communiqué de presse d’Unia et de l’événement syndical

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