Les grandes entreprises financent exclusivement les partis bourgeois. Dans l’opacité la plus totale. Et à coup de millions. Résultat: lors des campagnes de votations, la gauche et les syndicats se battent souvent à un contre dix (parfois un contre vingt). Certes, une telle débauche de moyens ne suffit pas toujours à emporter le morceau, on l’a vu par exemple lors de la campagne contre la baisse des rentes du 2ème pilier. Mais il n’en demeure pas moins que cet argent a un impact, contrairement à ce que prétendent, la bouche en cœur, ceux qui en bénéficient. J’en veux pour preuve le fait que les patrons d’entreprises et les dirigeants des milieux économiques sont, en général, des gens raisonnables qui savent gérer leur argent. Si ça ne servait à rien, ils ne jetteraient pas autant de millions par la fenêtre!
La proposition du Crédit Suisse et de la Banque Raiffeisen de désormais financer tous les partis en fonction de leur nombre d’élus soulève un émoi au sein du PS. Dont de nombreux dirigeants sont tentés d’abandonner l’indépendance du parti, quasi seul en Suisse a faire preuve d’une indépendance totale par rapport aux entreprises. Même si elle paraît alléchante (la politique coûte de plus en plus cher, surtout avec l’UDC qui fait de la surenchère à coup de moyens illimités à l’origine douteuse) et propre à ne pas menacer l’indépendance du parti (CS et Raiffeisen proposent de donner à tout le monde selon des critères prétendument transparents), elle n’en demeure à mon avis pas moins inacceptable. Voici les raisons qui me pousseront à refuser cette «manne» lorsque le congrès du parti se prononcera (eh oui, au PS, ces décisions cruciales se prennent de manière démocratique, tous les partis ne peuvent pas en dire autant) : Lire la suite