Les fonds pour la formation professionnelle passent la Sarine!

Un résultat d’une votation cantonale est passé presque inaperçu en Suisse romande. Pourtant, le sujet mérite qu’on le relève: le succès du fonds pour la formation professionnelle zurichois. La nouvelle loi cantonale a en effet été largement acceptée en votation populaire (près de 60% de oui), malgré l’opposition de toute la droite (verts libéraux compris) et surtout des milieux patronaux, notamment de l’USAM, qui en avait fait une affaire de principe en lançant le référendum. C’est en effet la première fois qu’un grand canton alémanique se prononce sur ce sujet (SH avait rejeté un tel projet en juin dernier). Et le net succès du fonds zurichois donnera certainement des idées aux autres cantons germanophones. Il apportera aussi de l’eau au moulin des initiatives lancées par la jeunesse socialiste dans de nombreux cantons (dont BS et SG).
Il faut dire que ces fonds sont un réel succès. Dans les cantons romands qui les ont mis en place (GE, FR, NE, VS et JU) ils permettent de répartir les frais de la formation des apprenti-e-s non pas sur les seules entreprises formatrices, mais sur toutes les entreprises, y compris celle qui «resquillent» en profitant des efforts formateurs des autres. En cela, ils encouragement concrètement la création de places de formation pour les jeunes.
En Romandie, seul le canton de Vaud n’a pas (encore) de tel fonds. Mais, fort heureusement, la création d’un fonds est prévue dans la nouvelle loi cantonale pour la formation professionnelle, dont les travaux parlementaires débutent le 3 novembre (les documents soumis au grand conseil se trouvent ici). Je serai membre de la commission parlementaire et ne manquerai pas de revenir sur cet important sujet sur ce blog. Dans notre canton, l’introduction du fonds ne devrait toutefois pas être aussi ardue qu’à Zurich, car les milieux patronaux sont, contrairement à leurs homologues des bords de la Limmat, partisans d’un tel système. Ils ont en effet bien compris qu’il faut soutenir les entreprises qui forment la relève et faire payer celles qui négligent la formation professionnelle.

Retrait de mon postulat sur la pénurie de médecins

Au printemps passé, j’avais déposé un postulat demandant au conseil d’Etat d’étudier des mesures pour lutter contre la pénurie de médecins, notamment en augmentant le nombre de places de formation à l’université, ainsi que les places de stage pré- et postgradués dans les hôpitaux vaudois. Suite aux débat en commission, j’ai retiré ce postulat. En effet, le Conseil d’Etat a déjà pris des mesures pour palier à la pénurie de personnel soignant, en particulier de médecins de premier recours. Ces mesures ont été détaillées dans le rapport de politique sanitaire 2008 – 2012, publié en juillet (soit bien après le dépôt de mon postulat en avril). Mesures qui ont été complétées par la décision (prise entre temps, elle aussi) d’augmenter de 25% le nombre de places à la faculté de médecine. Il reste encore une série de point à régler, notamment en ce qui concerne le pilotage de la création de cabinet (p. ex. dans les régions périphériques, qui manquent de généralistes), mais le gouvernement a très clairement annoncé qu’il s’y atèle.

Mon postulat n’avait donc plus de raison d’être, sauf éventuellement pour informer en détail le Parlement -au prix de nombreuses séances- et produire pas mal de papier (rapport du conseil d’Etat, rapport(s) de la commission parlementaire). Je continuerai néanmoins à suivre le dossier, en premier lors des débats sur le rapport de politique sanitaire.

Comment transformer la privatisation de l’école en un attrayant « libre choix »?

Une initiative pour privatiser l’école publique vaudoise sera donc lancée cet automne. Cette initiative devrait demander l’introduction du bon scolaire, instrument permettant de subventionner la fréquentation de n’importe quelle école, y compris – et surtout- privée, école que l’on pourrait librement « choisir ». Les partisans de la privatisation sont malins. Ils évitent soigneusement de parler de « privatisation », de « libre marché », de « baisses des salaires des enseignants » ou de « subventionnement des bénéfices du privé avec de l’argent public », même si c’est bien de cela qu’il s’agit. Non, ils avancent masqués avec des arguments bien plus porteurs et bien moins connotés politiquement: le spectre de l’ »école à deux vitesses », la « meilleure qualité de l’école privée » et la « débâcle de l’école publique ». Mais aucun de ces arguments ne tient la route.

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163 «non» contre 6 «oui»

… c’est la baffe monumentale que l’assemblée des délégué-e-s du PSS a infligé aujourd’hui à la proposition néolibérale de Chantal Galladé (CN/ZH) en faveur du libre choix de l’école. Le PS est donc bien le parti qui se bat pour une école publique de qualité, contre une formation à deux vitesses et contre le subventionnement public des bénéfices du privé.

A nouveau, l’aile libérale du PSS a tenté de tirer le parti à droite. Et à nouveau, et comme à chaque fois, la base à répondu de la plus claire des façons.

Places d’apprentissage: L’OFFT crie victoire trop vite.

Hier, l’OFFT a publié son bisannuel «baromètre des places d’apprentissage», qui comporte quelques résultats réjouissants. Ce qui permet à l’office de crier victoire en parlant de «détente» sur le marché des places d’apprentissage.  C’est malheureusement loin d’être la réalité, comme le révèle une analyse approfondie des chiffres du baromètre.

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Harmoniser et renforcer les bourses d’étude

Les bourses d’études sont un pilier central de l’égalité des chances. Sans soutien de l’Etat, le choix de la formation, ainsi que celui de se former ou pas, ne dépendraient pas des projets et capacités personnels, mais du porte-monnaie. Malheureusement, le soutien aux études a longtemps relevé de la compétence exclusive des cantons, avec un soutien sporadique de Berne. Il y donc 26 systèmes de bourses d’études en Suisse. Il en résulte de nombreuses inégalités: deux jeunes suivant la même formation dans la même école peuvent se voir accorder des bourses aux montants très variables (avec des différences de parfois plusieurs milliers de francs), même si leur situation financière est comparable. Depuis des années, la faîtière suisse des associations d’étudiant-e-s, l’UNES, réclame donc une harmonisation des bourses d’études au niveau national. Les différences de traitement entre les bénéficiaires de soutien aux études des différents cantons sont en effet choquantes et injustifiées.
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Soutien socialiste au libre choix de l’école?

Quelle ne fut pas ma stupeur à la lecture du «matin dimanche» d’aujourd’hui: Chantal Galladé, conseillère nationale socialiste zurichoise, soutien le libre choix de l’école. Position (ultra)libérale s’il en est. Jusqu’ici, on trouvait des partisans de la libéralisation de l’éducation dans tous les partis (verts compris), sauf au PS. Les libéraux auraient-ils rompu la digue? Mais il faut se garder des conclusions hâtives, car:
• Cette prise de position de Mme Galladé n’est pas partagée par l’immense majorité des membres et élus socialistes. Par exemple, les élus socialistes vaudois ont récemment fait bloc contre une motion déposée par le parti libéral.
• Cette prise de position n’est pas socialiste. Plutôt que de prendre de pareilles positions, mme Galladé ferait mieux de réfléchir à adhérer à un autre parti.

Mme Galladé justifie sa position libérale par «pragmatisme». Elle prétend que l’école à deux vitesses serait déjà une réalité et qu’introduire le libre choix de l’école renforcerait l’égalité des chances. Ce raisonnement est à l’envers du bon sens. En effet, il n’y a pas d’école à deux vitesse; Juste des écoles privées, en général de moins bonne qualité que l’école publique, qui font des bénéfices parce que quelques parents, souvent par snobisme ou élitisme, sont d’accord de payer des écolages importants.
Il est totalement erroné de prétendre que le libre choix de l’école favorise l’égalité des chances, car il a exactement l’effet inverse.

Cette prise de position inconsidérée démontre que les socialistes zurichois n’ont décidément rien compris: Après s’être positionnés plus au centre qu’à gauche, ils ont subit coup sur coup deux retentissantes défaites électorales (aux élections cantonales, puis fédérales). S’ils persistent sur cette voie libérale, nul doute qu’ils en subiront d’autres.

Le débat était ce soir au menu de forum sur RSR la première.

Contrer l’offensive des «bons scolaires» et autres «chèques éducations»

Il y a deux semaines, grand conseil vaudois a nettement rejeté une motion du parti libéral qui souhaitait instaurer un fallacieux «libre choix de l’école» et mettre les établissements scolaires en concurrence. Cette proposition n’était que l’avant-poste d’une offensive plus vaste menée par le «Lobby parents suisses», mais largement soutenue dans les rangs libéraux, UDC, parfois radicaux et parfois verts. Bâle-Campagne votera cet automne et, selon la RSR, une initiative devrait être bientôt lancée dans la canton de Vaud. Il faut dire qu’un concept qui prône le «libre choix» a tout pour être séduisant. Il n’est donc pas inutile de rappeler que le financement public des écoles privées au moyen du «bon scolaire» (ou «chèque éducation») est incompatible avec un Etat démocratique, aggrave les inégalités sociales, est impossible à mettre en œuvre et s’apparente plutôt à un subventionnement des profits l’éducation-business.
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Postulat contre la pénurie de médecins.

(Postulat déposé aujourd’hui au grand conseil)
En octobre 2007, le Conseil suisse de la science et de la technologie (CSST) a publié un rapport indiquant que la Suisse ne forme pas assez de médecins et évite pour l’instant une grave pénurie, grâce à un afflux croissant de médecins formés à l’étranger. Le CSST conclu que le nombre d’étudiants en médecine devrait être augmenté d’au moins 20%. La pénurie se fait d’ores et déjà sentir dans certaines régions situées hors des centres urbains et concerne surtout les médecins «de famille».
Pourtant, les études de médecine connaissent un attrait croissant. Mais les facultés de médecine manquent drastiquement de places depuis plusieurs années. Certaines ont même instauré un numerus clausus pour limiter le nombre d’étudiants. Cette mesure d’économie à courte vue est en grande partie la cause de la pénurie actuelle. On ne peut donc que saluer la politique du canton de Vaud de ne pas introduire de numerus clausus à l’université de Lausanne, ainsi que son opiniâtreté à résister à la «mode» de la restriction d’accès aux études et de la dévalorisation de la maturité.

En conséquence, nous avons l’avantage de prier le Conseil d’Etat de présenter un rapport sur la pénurie de personnel soignant dans le canton, notamment de médecins et d’étudier des solutions pour y remédier, notamment en donnant à la faculté de biologie et de médecine les moyens d’accueillir plus d’étudiantes et étudiants en médecine et en augmentant le nombre de places de stages et de formation post-graduées dans les hôpitaux vaudois.