Le Grand Conseil vaudois a accepté en deuxième et définitif débat la loi d’application sur le frein à l’endettement (art. 165 de la nouvelle Constitution cantonale). Durant la totalité des débats, on a pu assister à un véritable passage en force de la majorité de droite. Même face à des questions qui relèvent du simple bon sens économique, l’idéologie bornée l’a emporté.
Ainsi la droite, après avoir peint le diable de la dette grecque sur la muraille (alors que la dette vaudoise ne représente que 6% du PIB cantonal alors que la dette grecque dépasse 115% du PIB ce de pays…) à imposé deux dispositions violant probablement les Constitutions cantonale et fédérale, ou qui sont à tout le moins très contestables. Lire la suite
Archives pour la catégorie finances publiques
Haras… les mottes
D’un côté, il y a le chef du département fédéral des finances, le libéral-radical Merz, qui, qui n’en est pas à son galop d’essai en matière de coupes budgétaires. Avec le plein soutien du groupe libéral-radical des chambres, tellement engoncé dans ses œillères du «moins d’Etat» qu’exiger une diminution des dépenses publiques est pour ainsi dire devenu le dada. Et qui ne peut donc que piaffer d’impatience à l’annonce du nouveau train de mesures d’économie annoncé par le conseil fédéral (économiser 1,5 milliard alors qu’on fait 2,7 milliard de bénéf’… cherchez la logique).
Et de l’autre, il y a tous les parlementaires libéraux-radicaux de la Broye, qui ne semblent pas se réjouir autant de ces nouvelles mesures d’économie. En effet, dès qu’une d’entre elles, la suppression du haras fédéral d’Avenches, a été rendue publique (de manière plutôt cavalière il est vrai), ils sont montés sur leurs grands chevaux pour défendre, mors aux dents, cette vénérable institution et condamner sa suppression qu’ils jugent «brutale» et «irréfléchie». Quel camp tournera sa bride lors de la prochaine assemblée du PLR?
Chronique de politique chronique parue dans le Tromblon.
Interpellation sur les effets des coupes budgétaires de la Confédération sur les transports publics vaudois
La Confédération, prise en otage par la stratégie du «moins d’Etat» et les promesses de cadeaux fiscaux (malheureusement en grande partie réalisées) de la majorité bourgeoise du Parlement fédéral, vient de lancer un nouveau plan de coupes budgétaires, qui pourrait avoir des effets négatifs sur de nombreuses lignes de transports publics vaudois, provoquer des reports de charges et sous-investissements dans les infrastructures de transport, malgré des besoins évidents. J’ai donc déposé aujoud’hui l’interpellation suivante: Lire la suite
L’UDC prend 17 millions aux familles vaudoises
La Confédération devait verser environ 200 millions de francs aux cantons, pour qu’ils puissent alléger la charge des primes d’assurance-maladie des familles, dont les primes ont explosé cet automne. Au Parlement fédéral, cette mesure a été coulée par la majorité UDC-PLR. Si elle ne l’avait pas été, les familles vaudoises auraient bénéficié de 17 millions de francs de réduction de primes. Le groupe socialiste au Grand Conseil a donc déposé au amendement au budget 2010, pour que les familles vaudoises qui subissent de fortes hausses de primes bénéficient bénéficient tout de même de ce coup de pouce. L’UDC, qui prétend parfois soutenir les familles, s’y est opposée. Au vote, égalité des voix. Le président du Grand Conseil, l’UDC Laurent Chappuis, a tranché en défaveur des familles. Ces subventions passent donc définitivement à la trappe.
(Les débats budgétaires se poursuivent…)
Droite vaudoise et sécurité publique: de la parole aux actes
A nouveau, la droite du grand conseil s’est opposée à une proposition socialiste demandant d’augmenter le nombre de postes de la police cantonale, qui, depuis des années, est en sous-effectif avéré et notoire (p. ex.: heures supplémentaires en très grand nombre dont la compensation est difficile). Pourtant, cette même droite aime à colporter à longueur d’année le mythe comme quoi la gauche serait «angélique» en matière de sécurité, et refuserait donc d’agir. Et certains députés de droite d’évoquer, pour preuve, le refus de la gauche et des verts de quelques projets de lois sur le port des cagoules ou le droit de manifester.
Or, ce n’est pas avec de nouvelles lois et autres mesures symboliques que l’on améliore la sécurité publique, mais en donnant les moyens aux forces de l’ordre de faire appliquer les existantes. C’est aussi leur donner les moyens d’être réellement présents, visibles et efficaces sur le terrain. Et cela exige plus d’effectifs, mesure concrète que propose le PS. Mais améliorer la sécurité des vaudoises et des vaudois a un coût, que la droite vaudoise (majoritaire) n’est visiblement pas prête à assumer, l’amendement ayant été refusé en premier débat.
Les débats budgétaires se poursuivent. (à suivre…)
Il paraît que qui paie commande…
Ça devient une manie. Investir des milliards de fonds publics pour sauver une entreprise privée de la débâcle où l’avait plongé la seule incompétence de ses managers néolibéraux, puis s’en désengager le plus rapidement possible. Sans avoir ne serait-ce que tenté d’exercer la moindre once d’influence, ni fait usage des droits que pourtant chaque investisseur mettant de telles sommes sur la table n’aurait de cesse d’exiger (en appliquant, lui, le slogan «qui paie commande»).
Il y a d’abord eu Swissair, dont le sauvetage – ou plutôt l’atterrissage un peu moins brutal que si on avait laissé faire le marché – a coûté 2 milliards de francs. Socialisation des pertes. L’on s’est ensuite empressé de céder à bas prix la compagnie qui lui a succédé à Lufthansa, pour que ce soit cette dernière qui encaisse les premiers profits. Privatisation des bénéfices.
Et voilà que ça recommence avec UBS. Plusieurs dizaines de milliards dépensés en quelques heures, pas le moindre début d’une volonté de veiller à ce que la banque utilise à bon escient l’argent public en ne retombant pas dans ses travers de course effrénée aux risques et aux boni, puis revente la plus rapide possible, avec pour seul argument que l’Etat n’a pas à détenir des participations dans le secteur privé. La revente dégage cette fois un petit bénéfice, certes, mais sans garantie qu’une nouvelle intervention publique au secours de la banque ne sera pas nécessaire d’ici quelques mois (intervention dont la probabilité sera d’autant plus élevée si – hors de tout contrôle public – UBS recommence à jouer au casino). Comme si l’idéologie néolibérale n’avait pas fait assez de dégâts ces derniers temps…
Belle résistance des étudiant-e-s contre la hausse des taxes
Les taxes universitaires sont le moyen le plus efficace pour faire des études supérieures un privilège. Et de diminuer le nombre d’étudiant-e-s. Les milieux économiques, economiesuisse (ainsi que son organisation de paille avenir suisse et autres dérivés) en tête, reviennent donc fréquemment à la charge avec des propositions de hausse des taxes. Avec des justifications diverses, allant de « y faut faire comme les unis américaines » au « ce qui est gratuit ne vaut rien », en passant par « c’est pas juste que les étudiant-e-s des unis payent si peu alors que le titulaire d’un CFC doit payer de sa poche des dizaines de milliers de francs pour faire une maîtrise ». Généralement, ce genre d’argument mal ficelé ne prend pas. Les étudiant-e-s se défendent et le public se rend bien compte que, dans un pays dont l’unique matière première est la qualité de sa formation, en limiter l’accès équivaut à se tirer une balle dans le pied.
Les partisans des taxes ont donc trouvé un autre argument, censé faire mouche, car prétendument « solidaire »: « il faut augmenter les taxes pour financer les bourses d’études, car elles sont trop basses ». Charles Kleiber, alors secrétaire d’Etat à la science et la recherche l’avait prôné en son temps et les adversaires de la démocratisation des études avaient applaudi. Et même reçu le soutien de l’AES, organisation d’étudiant-e-s judicieusement créée par M. Kleiber, aujourd’hui disparue. Tout ce beau monde y voyait enfin l’occasion d’évacuer la question des bourses d’études, ces milieux refusant de les augmenter, de les harmoniser, ou souhaitant les transformer en prêts (c’était avant que le surendettement des ménage ne ruinent les banques états-uniennnes…).
Malheureusement, l’EPFL a récemment repris l’idée. Toujours avec cet argument quasi-philanthropique des « étudiants qui aident les étudiants ». Fort heureusement, l’Agepoly, membre de l’UNES, se défend avec une pétition qui a recueilli plus de 2000 signatures. Espérons que cette démarche sera couronnée de succès!
La Confédération: toujours à votre service!
De: Département Fédéral des Phynances
A: Projet d’utilité publique c/o association citoyenne
Madame, Monsieur,
Nous avons examiné votre dossier et vous accordons une subvention de Fr. 825.50. Nous vous rappelons qu’en vertu des art. 13 et 52bis de la loi sur les phynances ainsi que des art. 1er, 1bis et 1ter de la loi sur les subventions, vous êtes tenus de nous fournir mensuellement un rapport détaillé de vos activités, de nous consulter avant toute décision importante et de procéder à une évaluation externe de votre projet par un bureau de consulting (à choix, mais à votre charge). Nous vous rappelons en outre que les frais salariaux ne peuvent excéder les 13,87% de la somme totale hors TVA et qu’aucun bonus n’est admis.
Salutations distinguées, etc.
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De: Département Fédéral des Phynances
A: UBS, 4ème boîte aux lettres à gauche en entrant, Jersey
M. le senior manager, lieber Hansruedi,
L’argent (68 milliards, comme convenu l’autre soir au stamm) a été viré sur le compte. Fais quand même un peu attention à ne pas le perdre comme l’autre fois.
Avec mes amitiés à Gudrun et tschau zäme à l’attention du Verwaltungsrat
Ce banquier, quel cas (y ment)!
Y’a des jours où je préférerai être citoyen-contribuable (surtout contribuable, à dire vrai) de Singapour ou des Îles Caïmans. Il faut dire qu’ils savent s’y prendre en matière d’intervention publique quand une banque est en danger. Singapour, d’abord. Alors que le conseil fédéral accepte de dépenser 68 milliards pour sauver l’UBS (tout en expliquant que 800 millions pour l’AVS flexible, c’est niet), il n’est pas question ni d’obtenir un droit de regard dans la gestion de la banque, ni d’entrer au conseil d’administration. C’est vrai que la finance, c’est devenu tellement la honte qu’on peut comprendre que ces braves gens ne veulent pas se salir les mains. En revanche, lorsque le fond souverain singapourien investit dans l’UBS, il entre dans le capital (avec tous les droits qui vont avec) et au conseil d’administration (avec tous les droits qui vont avec). Y’en a qui savent prendre soin de leurs sous. Et qui comprennent l’adage «qui paie commande».
Et, quand il s’agit de domicilier la société spéciale devant liquider tous les actifs «toxiques» d’UBS, pas question de la domicilier dans un paradis fiscal bien de chez nous, genre Zoug, Buchillon ou Wollerau. Les Îles Caïmans sauront faire ça bien mieux. Décidément, le savoir-faire helvétique fout l’camp.
Chronique de politique chronique parue dans le «Tromblon».
Visionnaires vs. pisse-vinaigre
Demain, le canton inaugure dans la liesse le métro M2. Parmi le concert (justifié) des louanges et des superlatifs, difficile de trouver une voix discordante. Même les opposants de naguère semblent être devenus des partisans convaincus (il faut dire qu’il y a de quoi s’enthousiasmer!). Et pourtant.
Souvenons-nous des débats qui précédèrent le vote des vaudoises et vaudois. Charles Favre, alors conseiller d’Etat responsable des finances, avait proposé posé cette condition, qui s’apparentait à une forme de chantage: « pas de M2 sans vente des actions de la BCV » (« 24 heures » d’hier le rappelle dans le portrait de Philippe Biéler qui n’est pas disponible en ligne). Le grand argentier radical n’acceptait la réalisation d’un des chantiers majeurs du service public vaudois qu’à condition de privatiser la banque cantonale. Il se servait ainsi abusivement d’un projet nécessaire au développement du canton pour faire passer en force une idée néolibérale. Quelques années et trois votes populaires plus tard, Vaud inaugure son métro avec fierté (même si la voie unique entre gare et Grancy démontre à quel ridicule peut mener l’orthodoxie budgétaire), la banque cantonale est restée majoritairement en mains publiques suite à la victoire du référendum socialiste… et Charles Favre n’a pas été élu au conseil des Etats, entraînant la perte d’un siège que les radicaux considéraient pourtant comme leur.

