Le canton de Vaud doit s’opposer à toute nouvelle centrale nucléaire

Le groupe ATEL a déposé une demande de concession pour construire une nouvelle centrale nucléaire, à Gösgen (SO), à moins de 80 km des frontières du canton de Vaud. Le lobby pro-nucléaire montre sa puissance, qui fait fi de la problématique des déchets, des dangers du nucléaire (dernier incident en date, Krsko, Slovénie, le 4 de ce mois) et de la pénurie d’uranium qui s’annonce. Mais elle pose la question du respect des décisions démocratiques par les autorités vaudoises, ainsi que sur la façon dont elles gèrent leurs participations. En effet, la nouvelle consitution cantonale prévoit, à son art. 56 al. 4, que les autorités «collaborent aux efforts tendant à se passer de l’énergie nucléaire». Et, à l’al. 3 du même article, elles «favorisent l’utilisation et le développement des énergies renouvelables». Ce que le nucléaire n’est pas. Or, via ses participations dans la Romande Energie et EOS, le canton détient de fait une part du capital d’ATEL, avec qui EOS est d’ailleurs appelée à fusionner. Nul doute qu’une telle fusion irait à l’encontre des objectifs constitutionnels votés par le peuple vaudois. C’est ce qui conduit le PSV à demander à ce que le processus de fusion entre ATEL et EOS soit suspendu. Les participations de l’Etat dans les entreprises électriques doivent servir activement la politique cantonale.
Faits intéressants, la ville de Genève a annoncé vouloir faire opposition à ce projet de centrale nucléaire et celle de Zürich a décidé de ne pas acquérir de nouvelles participations à la centrale de Gösgen.
J’ai donc développé aujourd’hui cette interpellation (08_INT_111.pdf) devant le Grand Conseil:

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Droit de recours des associations écologistes: Chercher les quérulents là où ils sont.

Les partisans de la suppression du droit de recours des associations de défense de l’environnement prétendent relancer la croissance économique en laissant bétonner le paysage sans craindre des recours infondés. Ils se trompent de cible. En témoigne cette anecdote, narrée par le Tages-Anzeiger d’aujourd’hui.
A la fin des années soixante, Alusuisse, souhaitait implanter un centre administratif et créer près de 5000 emplois à Meilen, sur la Goldküste zurichoise. Elle en fut empêchée par un comité d’habitants qui lançaient recours sur recours contre le dézonage nécessaire. Ce comité avait été créé par… Christoph et Silvia Blocher, nouvellement installés dans la commune et plutôt connus pour leurs positions défavorables au climat et à la protection de l’environnement. Pourtant, l’assemblée de commune, à laquelle pouvaient participer tous les citoyens, avait donné son aval à l’installation d’Alusuisse. Malgré ce soutien démocratique, le projet échoua, les emplois furent perdus.
Cela illustre parfaitement que ce n’est pas le droit de recours des associations de défense de l’environnement qui pose problème, mais bien les abus des recours de privés. D’ailleurs, les associations de protection de la nature gagnent la plupart de leurs recours, alors que l’immense majorité des recours privés est rejetée. En attaquant les associations écologistes, le parti radical et ses alliés UDC du conseil fédéral se positionnent clairement en faveur des quérulents privés et contre la protection de l’environnement.

Le dossier de l’ATE sur le droit de recours.