UBS: enfin la fin du casino?

Le coup est rude: 10’000 postes doivent être supprimés chez UBS, dont 2’500 en Suisse. Il est d’autant plus rude qu’il est le fait d’une banque qui fait peser un risque systémique sur notre économie, que les contribuables ont déjà dû sauver à grands frais et en quatrième vitesse et qui doit régulièrement faire appel à notre diplomatie pour se tirer des mauvais pas dans lesquels un management aveuglé par l’argent facile l’a fourrée. Une banque quasi-publique, donc. Et, bien plus, presque un symbole national.UBS compte certes sur des départs naturels et se laisse jusqu’en 2015 pour atteindre son objectif de réduction d’emplois. Il n’en demeure pas moins que des licenciements seront inéluctables, ils ont d’ailleurs déjà commencé. Les salariés concernés, même s’ils bénéficient d’un plan social dont les prestations sont supérieures à la moyenne, seront confrontés à un marché du travail difficile, avec un chômage de plus en plus fort dans un secteur bancaire qui réduit la voilure à tous les niveaux et dans tous les types d’établissements. A cette situation difficile s’ajoute le fait qu’UBS n’a averti les partenaires sociaux que très tard, alors que la décision de restructuration semblait prise depuis longtemps. Or les règles du Code des obligations sur les licenciements collectifs prescrivent que la procédure de consultation doit commencer dès que l’intention de licencier est établie, indépendamment de l’annonce à la bourse, aux actionnaires ou aux médias.

Il est donc capital que cette restructuration, si bien fondée soit-elle, ne débouche pas sur des licenciements. En effet, il serait cynique qu’une grande banque qui a suffisamment de ressources, suffisamment pratiqué la distribution de bonus abusifs et suffisamment bénéficié du soutien de l’État envoie d’un simple revers de la main autant de personnes au chômage et contribue à réduire un savoir-faire qui constitue un atout apprécié de notre place financière,

Il convient notamment, afin de sauvegarder les emplois, réduire les salaires globaux (variables et fixes) des dirigeants. En effet, l’écart salarial est beaucoup plus grand dans les banques que dans les autres secteurs économiques. Il est en outre indéfendable que le management continue à bénéficier de conditions extrêmement confortables alors que ses employés doivent se serrer la ceinture. 
Il est en outre capital de coordonner les procédures de consultations ouvertes sur ces deux prochaines années, afin que les partenaires sociaux puissent se prononcer sur la mesure globale et pas seulement sur des sous-projets.

Cette perte d’emplois massive montre à nouveau combien il aurait été utile que la Confédération entrât dans le capital d’UBS au moment où les contribuables ont été appelés à la rescousse. Ainsi, elle aurait eu son mot à et aurait pu intégrer plus efficacement les partenaires sociaux, dans les discussions qui ont mené à cette restructuration.

Cela dit, il faut saluer le fait qu’UBS redimensionne enfin sa banque d’investissement. Le temps donne – à nouveau – raison au PS, qui a toujours défendu la séparation de cette activité aussi risquée que gourmande en capital du reste des activités bancaires. En effet, la banque d’investissement, c’est le risque du capitalisme de casino : jouer gros en espérant de gros profits… pour souvent perdre gros. C’est cette spéculation à outrance, couplée à la tritrisation de créances bancales généreusement notées par des agences de notation plus complices que naïves qui a provoqué l’effondrement du système bancaire en 2008 et conduit UBS au bord de la faillite. Or, malgré cette expérience pas si ancienne, UBS recommence à spéculer sur des dérivés de créances immobilières (hôtels, centres commerciaux) aux USA, comme le dénonçait récemment le «Matin dimanche» (7.12.12). 
Au Parlement fédéral, les socialistes veilleront donc à ce que la Confédération fasse en sorte que les apprentis sorciers de la finance cessent définitivement de jouer avec le feu… et avec le reste de notre économie.

Texte paru dans le service de presse du PSS

3 réflexions au sujet de « UBS: enfin la fin du casino? »

  1. « Le temps donne – à nouveau – raison au PS »

    Vous êtes comme les tonneaux, il faut vous cercler avant qu’ils pètent…

    Par contre, la proposition du PS d’entrer dans le capital de l’UBS est une monumentale erreur. Heureusement votre parti est minoritaire et que cette fois, le temps ne vous donne pas raison.

  2. Cher M. Schwaab,

    Vous êtes le prince des raccourcis faciles… Je n’ai pas envie de m’éterniser, mais critiquer la diminution d’effectifs de l’UBS et la féliciter deux paragraphes plus bas est ridicule mais illustre bien le manque de pragmatisme de votre parti.

    Lea version suisse de réserves de capital, plus importante quand dans le reste du monde, contribue aussi à ce résultat.

    Je ne sais pas comment vous pouvez représenter les enployés de banques. J’imagine que c’est un emploi bien rémunéé et qui vous assure un avenur sans nuages, puisque grâce à vos décisions politiques, vous vous assurez d’en avoir de plus en plus besoin (des syndicats)

    Une Honte!

    Richard

    • @ Richard:

      Il ne reste plus qu’à souhaiter aux employés qu’ils ouvrent les yeux et qu’ils comprennent enfin que les syndicats sont une arnaque sans nom, qui ne servent qu’à verser des salaires à des politiciens de gauche….

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