Six semaines de vacances: c’est mérité et nécessaire!

Les salariés suisses ont bien bossé. Ils se sont même donnés sans compter. Les chiffres sont là pour le prouver: la productivité du travail a explosé de plus de 20% en 25 ans. Et ça continue: chaque année, ils font tellement d’heures supplémentaires que l’on pourrait créer 100’000 emplois à plein temps. Logiquement, ils devraient profiter des fruits de leurs efforts. Mais il n’en est malheureusement rien, car les salaires réels ont crû cinq fois moins vite que la productivité. Du côté du temps de travail, les salariés n’ont pas eu non plus droit à une compensation pour leur assiduité. Sur les 15 dernières années, la durée hebdomadaire du travail de travail n’a baissé que de 18 minutes. Et, depuis 2007, elle augmente à nouveau. L’heure est venue de faire de nouveaux progrès!
Six semaines de vacances seraient une contrepartie méritée aux efforts des salariés. Cela correspondrait à une baisse raisonnable du temps de travail et serait finançable par les gains de productivité et la baisse des heures supplémentaires. Cela permettrait à tous les salariés de mieux profiter de leur famille et de leur vie sociale, tout en protégeant leur santé. Car, toutes les études médicales l’attestent, les vacances, surtout lorsqu’on les prend par bloc d’au moins deux semaines, ont un effet bénéfique important.
Six semaines de vacances, cela aurait aussi des avantages pour les employeurs. Des employés en meilleure santé, plus reposés et, donc, plus motivés sont aussi plus productifs. L’augmentation des vacances doit donc être vue comme un investissement dans les futurs gains de productivité. D’ailleurs, en 1984, lorsque que le minimum légal a passé de deux à quatre semaines, les effets négatifs sur l’emploi, que promettaient à l’époque et nous promettent à nouveau aujourd’hui les adversaires des vacances, ne se sont pas produits. Il faut dire que l’introduction progressive de six semaines de vacances pour tous ne correspondrait qu’à une augmentation annuelle de la masse salariale de 0,4% pendant la phase transitoire, ce qui resterait nettement inférieur aux progrès constants de la productivité.
Une augmentation raisonnable de la durée des vacances est d’autant plus nécessaire que le revers de la médaille de la croissance de la productivité et de l’accumulation des heures supplémentaires commence à se faire sentir. Cela provoque en effet de sérieux dégâts sur la santé des travailleurs, toujours plus nombreux à souffrir, à cause du stress au travail, de douleurs musculaires ou au dos, de maux de tête ou de troubles du sommeil. .. Les coûts du stress sont de fait astronomiques : selon le Seco, celui-ci coûterait aux entreprises près de 10 milliards de francs par an. Des coûts beaucoup plus élevés que ceux qu’entraînerait l’initiative. De plus, une augmentation des vacances constitue sans aucun doute une mesure adéquate pour les réduire.
Santé au travail, qualité de vie, productivité: tout parle en faveur des six semaines de vacances !

Texte paru aujourd’hui dans 24 heures.

8 réflexions au sujet de « Six semaines de vacances: c’est mérité et nécessaire! »

  1. Bonsoir,

    A force de tout donner à tout le monde, les socialistes créent une population d’assistés qui ne pourra faire face à une concurrence asiatique par exemple.

    Je ne tiens pas du tout à glorifier nos lointains frères asiatiques mais il faut le dire: avec vos idées (mal)saines, on s’enterre nous-même!

    Cette augmentatiln à six semaines me paraît être qu’une simple provocation: en effet, pourquoi ne pas pas proposer 5 semainss mais directement une augmentation de 50% du nombre de jours de vacances? Je pense savoir: vous savez très bien que cela sera refusé, et
    saviez avant cela que vous avez deja un projet à
    5 semaines qui ne choquera plus personne
    après ce que vous proposer aujoud’hui.

    A la place de camoufler vos projets communistes, demandez directement à tonton Hollande sa recette pour les 35 heures puisqu’en fait le résultat est le meme!

    Pn ne s’en tirera pas en votant rouge!

    • Richard, je pense que vos commentaires gagneraient à ne pas être parsemés de clichés à deux balles, du genre « c’est une initiative communiste »… Une initiative « communiste » aurait instauré la dictature du prolétariat, supprimé la propriété privée ainsi que le droit aux vacances, étant donné que suite à l’avènement du paradis communiste, les masses seraient tellement heureuses d’aller contribuer au bonheur commun par leur travail que des vacances, elles n’en auraient pas besoin.
      Blague à part, lorsque vous parlez des 35 heures, j’imagine que vous voulez parler de ce progrès social majeure de ces dernières années qui a permis de baisser le chômage en France (des études l’attestent).
      Quant à la comparaison avec l’Asie, soyez un peu complet que diable: grâce à la productivité du travail (que l’on peut encore améliorer avec des salariés motivés et reposés… grâce aux vacances!), nous pouvons tout à fait nous permettre des coûts du travail plus élevé, du moment que le coût du travail unitaire reste attrayant.
      Enfin, concernant à vos critiques fondamentales sur le sujet de l’initiative, pourquoi ne les adressez-vous pas directement à ses auteurs, c’est-à-dire à travail.suisse?

  2. Soit, j’essaierai à l’avenir de ne plus mentionner nos amis les communistes. Soit, je m’adresserai a travail.suisse.

    Dans un autre registre: veuillez svp défendre à tout prix le réseau ferroviaire suisse et tentez de faire capoter l’idée d’une libéralisation des transports en commun!! Une des mauvaises idées de l’autre bord…

    • Là, nous sommes d’accord. Le PS et les syndicats s’engagent vigoureusement et depuis de nombreuses années contre toute libéralisation dans les transports en commun. C’est vraiment une connerie (il n’y a pas d’autre terme), née dans la tête de quelques penseurs néolibéraux aussi déconnectés de la réalité qu’assoiffés de profits. Je me réjouis de pouvoir compter sur votre soutien sur ce thème!

  3. JSalut JC,
    Je crois volontiers que le stress croissant peut conduire à des problèmes de santé, mais je ne vois pas vraiment pourquoi augmenter le nombre de semaine de vacances devrait contribuer à le diminuer. Il y a sûrement des emplois où la manière la plus efficace de réduire le stress est l’augmentation du nombre de jour de vacances, mais pour de nombreux employés cela n’est pas valable, bien au contraire.

    De nombreux de collègues travaillent à temps partiel (80%) pour s’occuper de leurs enfants; avec 6 semaines de vacances « obligatoires », la direction se montrera moins flexible vis-à-vis des modèles alternatifs, qui, dans le cas présent, sont bien plus appréciés qu’une ou deux semaines de vacances en plus. Le beurre et l’argent du beurre, ça ne fonctionne pas !

    D’une manière générale, dans de nombreux secteur, croire que l’on emploira plus de gens pour compenser le nombre de semaines de vacances supplémentaires relève de la naïveté: il faudra juste trimer plus à son retour.

    Moi par exemple, pour réduire mon stress, il ne me faut pas 6 semaines de vacances: je serais de déjà ravi si je pouvais planifier mon emploi du temps 3 semaines à l’avance au lieu d’une seule !

    Conclusion: chaque entreprise doit pouvoir définir la solution la plus raisonnable pour son secteur d’activité; ça peut être plus de vacances, mais pas nécessairement…

  4. Encore un commentaire sur l’histoire des 10 TCHF de coûts qu’entraîneraient le stress. En admettant que ce chiffre soit correct, il est particulièrement fallacieux de dire qu’il est supérieur aux coûts engendrés par l’initiative; en effet, cette comparaison n’a aucun sens: il faut comparer les coûts engendrés par 2 semaines de vacances supplémentaires à la baisse des coûts de la santé que cela engendrerait…et il n’y a pas personne à la ronde qui saurait quantifé cela !

    • Salut Reto
      Il est vrai qu’il serait fallacieux de prétendre que l’initiative réduirait à zero les 10 milliards de coûts du stress (c’est une estimation du Seco qu’on peut considérer comme fiable). Je ne le fais pas, mais indique seulement qu’il s’agit d’une piste parmi d’autres. La comparaison avec les coûts de l’initiative permet de montrer l’ordre de grandeur: le stress est un problème pour les entreprises qui est plus coûteux que quelques jours de vacances en plus.
      Cela dit, quand tu dis: « la direction se montrera moins flexible vis-à-vis des modèles alternatifs, qui, dans le cas présent, sont bien plus appréciés qu’une ou deux semaines de vacances en plus. Le beurre et l’argent du beurre, ça ne fonctionne pas ! », je ne peux pas te suivre. D’une parte, une direction qui agirait ainsi ne serait à mon avis guère responsable, car elle prendrait une décision qui nuirait à la motivation de son personnel. En outre, s’il y a plus de travail que d’heures de travail pouvant être fournies par le personnel, c’est la preuve qu’il serait possible d’engager (à condition de trouver les gens qualifiés, me diras-tu, mais c’est un autre problème…). Enfin, je ne pense pas qu’il s’agisse du « beurre et de l’argent du beurre »: soit la productivité permet de baisser le temps de travail (donc il y a du beurre), soit elle ne le permet pas et dans ce cas, il n’y a de beurre pour personne. Dans le cas présent, globalement, la marge de manoeuvre existe. Je veux bien admettre que ce sera plus difficile dans certaines entreprises que dans d’autres, mais c’est le cas de toute variation des coûts du travail.

  5. J’apprécie particulièrement le point de vue de Reto. Cet homme fait preuve de bon sens. Terme qui est étranger au parti socialiste qui souhaite forcer tout le monde (entreprises et employés) à subir ou (c’est vrai) profiter de temps libre en plus. Mais au retour, il faut bel et bien se mettre à jour et cela engendre plus de stress sur une courte période.

    Lea enseignants, malgré leurs 6 semaines ++ de vacances, sont parmi lea plus prompts à se faire happer par un burn-out ou autre mauvais sort du au stress. Cela ne changera RIEN au problème! Au contraire, cela accentuera la pression sur les collègues et les enverra plus prestament à la clinique Monrepos! (n’essayez meme pas de me dire que les enseignants consacrent leurs vacances à la préparation des cours. C’est sûrement le cas, mais une personne qui est sujette au stress devrait prwndre soin de soi pendant ce temps, ce qui est manifestement pas le cas!!) 6 semaines ne changeront rien, part enfoncer certaines sociétés et abaisser le niveau de compétitivité de notre pays.

    Mais c’est peut-être finalement votre but?

    Cessez de créer un système d’assistés sociaux Mr JCS!

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