Politique fiscale de droite: peanuts pour la classe moyenne!

Malgré le creusement des écarts de revenus et de fortune, malgré les besoins évidents en matière d’infrastructures, de formation ou de sécurité publique, malgré les menaces sur le pouvoir d’achat de la classe moyenne, la droite vaudoise persiste à vouloir baisser les impôts de sa clientèle aisée. Et, comme d’habitude, elle n’a qu’une seule méthode: celle qui avantage le moins les contribuables de la classe moyenne, à savoir la baisse linéaire. Une partie du PLR veut une baisse de 1%, une autre partie, à la remorque de l’UDC, veut 3%. Mais, dans tous les cas, l’immense majorité des vaudois n’y verra que pouic.

Une baisse d’impôt? Quelle baisse d’impôt?

Par exemple, la baisse linéaire de 1% correspond, pour une famille de 4 personnes dont les revenus annuels bruts se montent à 100’000.—Fr.  au montant négligeable… de 50.—Fr. par an (vous avez bien lu: 50.—Fr.! par an!). Un montant si faible qu’aucune famille vaudoise ne verra son pouvoir d’achat croître, surtout pas les quelque 40% de contribuables qui ne paient pas ou très peu d’impôts directs (mais des impôts indirects, ça oui, ils en paient).

Pour améliorer le pouvoir d’achat, il faudra repasser

La hausse des primes d’assurance-maladie (que UDC et PLR ont à maintes reprises refusé de subventionner plus efficacement) aura tôt fait de réduire cette «baisse» à néant. Et il ne faudra pas compter sur la croissance des salaires pour améliorer le pouvoir d’achat, étant donné que, selon l’OFS, ils stagnent de +0,1%…

En revanche, les contribuables aisés que la droite veut soutenir en tireront des bénéfices substantiels et verront leur pouvoir d’achat augmenter. Même s’ils ne s’en servent pas et épargnent la baisse d’impôts, ou l’investissent à l’étranger. Et d’ailleurs, ont-ils réellement besoin de ce coup de pouce, eux dont le revenu disponible a nettement augmenté ces dernières années? On peut en douter…

Interdit de voter sur les contrepropositions intelligentes

Au grand conseil vaudois, c’est la baisse linéaire qui a malheureusement passé la rampe lors du premier débat. Et cette décision est d’autant plus dommageable que, le même jour, la droite à définitivement invalidé l’initiative socialiste «pour un rabais d’impôt qui protège les assurés», qui aurait allégé les contribuables de la classe moyenne qui paient trop de primes d’assurance-maladie. Bref, la droite vaudoise ne se contente pas de faire des fleurs aux contribuables aisés. Elle empêche le peuple de se prononcer sur une proposition de baisse d’impôts bien mieux ciblée et bien plus favorable à la classe moyenne. Mais qu’on ne s’inquiète pas, le PS revient aussitôt avec une proposition en faveur du pouvoir d’achat: la hausse des allocations familiales.

Une réflexion au sujet de « Politique fiscale de droite: peanuts pour la classe moyenne! »

  1. Lorsque l’on sait que la gauche souhaite adhérer à l’Union européenne, et donc s’aligner sur le taux TVA minimum de l’UE (15%), je pense que la classe moyenne à plus à souffrir de votre politique fiscale.

    En fait, ce qui vous dérange, c’est que ceux qui paient des impôts en paient moins. Comme ceux que vous prétendez défendre n’en paient quasiment pas, je ne vois pas en quoi ils sont prétérités.

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