Bärengraben

Ça devait finir par arriver. Occupé à rattraper sa carte naruto qu’un coup de vent a emporté, le petit Kevin Imobersteg est tombé dans la fosse aux ours. L’ours Grunt, récent chouchou du public et amateur de chair fraîche, s’est rué sur lui. Affolé, le Bärenwachtmeister Stämpfli téléphone au Kommandant von Graffenried, chef de la police municipale.

– Chef, z’est horribleu, il y a Grunt qui bouffe un betit gamin gui est tombé dans le Bärengraben!

-Pas de panik, Stämpfli, prozédure habituelle. Tu détournes l’attenzion de l’ours afec des karottes, etzetera. Et zi za fa pas, tu rappelles, iverstande?

– Jawohl Chef! Zu Befehl!

(…)

– Chef, z’est terribleu. Grunt ne veut pas lâcher le bueb. Pourtant, on a tout essayé, karottes, zaucisses, requérant d’asile pien dodu, nüt funktioniert.

– Pas de panik, Stämpfli, prozédure habituelle. Si le Bär ne réagit pas, tu peux tirer. Alors, tu vas chercher le fusil, tu le mets en joue et tu me rappelles. Klar?

– Jawohl chef! Zu Befehl!

(…)
– Chef, za y est, ch’ai l’ours dans mon fiseur. Autorzation de faire feu, chef?

– Désolé, Stämpfli, y’a Maîtreu Ponzet, l’avocat de Grunt qui a téléphoné entre temps. Il nous menace de poursuites judiciaires si on tire. En plus, si l’ours mange le gamin, z’est qu’il était mal nourri et l’avocat dit que za pourrait jouer contre nous au prozès. Tant pis pour le bueb. Rrrompez!

– Jawohl chef! Zu Befehl!

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Chronique de politique chronique parue dans le Tromblon.

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