L’extrême-droite vaudoise et la libre circulation des personnes: de la parole aux actes

L’UDC fait en ce moment campagne contre la libre circulation des personnes, qu’elle accuse d’aggraver le chômage. On sait que c’est faux: les travailleurs venant de l’UE ne font qu’occuper les emplois dont les Suisses ne veulent pas et permettent aux entreprises suisses de palier à la pénurie de main d’œuvre qui sévit encore dans de nombreuses branches (p. ex. la santé).
Certes, des abus existent: dans certaines branches, la sous-enchère salariale est un risque à prendre au sérieux. Les craintes de la population sont donc justifiées et il faut y apporter une réponse. Or le meilleur moyen d’empêcher les abus est de renforcer les contrôles et les sanctions. Et c’est là que l’on s’aperçoit, qu’en réalité, l’UDC souhaite maintenir le satus quo et, qu’avec elle, les tricheurs peuvent dormir tranquilles. Son groupe au Grand Conseil Vaudois l’a à nouveau démontré aujourd’hui.
Le groupe socialiste proposait d’augmenter de 2 le nombre d’inspecteurs du marché du travail. Ce qui permettrait de faire plus de contrôles, d’attraper et de sanctionner plus de patrons tricheurs et de mettre plus de cas de sous-enchère à jour. Bref, de veiller à ce, qu’en Suisse, on pratique de conditions de travail et de salaire suisses.
Le groupe UDC s’est unanimement opposé à cette proposition. Mais peut-être est-ce pour protéger ses membres: On se souvient de Jean Fattebert, alors vice-président de l’UDC Suisse, qui employait des Polonais au noir. On se souvient aussi de This Jenny, entrepreneur conseiller aux Etats UDC/GL, contraint de rembourser 250’000.—Fr à ses employés parce qu’il avait pratiqué la sous-enchère…
Le centre droit s’est également opposé à cette augmentation des contrôles, qui a donc été refusée. A lui désormais de porter la responsabilité des craintes légitimes de la population face aux risques de sous-enchère.

(Les débats budgétaires se poursuivent…)

7 réflexions au sujet de « L’extrême-droite vaudoise et la libre circulation des personnes: de la parole aux actes »

  1. Oui, c’est vrai

    C’est vrai que ces personnes ont abusé de personnes dans le cadre suisse en ne les payant pas décemment dans le cadre Suisse à nouveau.

    Mais n’est-ce pas vous qui leur donnez des munitions?

    Que ce soit clair: ce sont des mauvais exemples parce que ces gens travaillent, et leur travail crée du travail. Avec la libre circulation, il y a une offre de main d’oeuvre de personnes qualifiées et motivées pour faire du travail dont vous dites que les Suisses ne veulent pas. Le souci, c’est que ces gens ne sont pas résidents parfois et donc sont heureux avec la moitié d’un salaire moyen suisse…

    Je me plais à croire que les entrepreneurs sont plus souvent de droite que de gauche pour des raisons évidentes et qu’ainsi c’est malheureusement plus souvent de ce côté la que l’on trouvera des abus.

    Bonne fin de soirée,

    Richard

  2. Une petite chose encore:

    « On sait que c’est faux: les travailleurs venant de l’UE ne font qu’occuper les emplois dont les Suisses ne veulent pas »

    C’est vrai que dans une union syndicale suisse il ne doit pas y avoir beaucoup de bénéficiaires de la libre circulation, mais je vous garantis qu’à Zurich ou à Genève, ce ne sont pas que des postes dont personne ne veut qui sont concernés.. Loin de là. Mais ne le dites pas aux étudiants qui sortent de l’université et qui cherchent un emploi.

    Salutations,

    Richard

  3. UDC et PLR majoritaires? Au Conseil national, ces 2 partis ont moins de 100 élus sur 200…. Faudra revoir vos leçons de mathématiques.

  4. Philippe, si vous lisiez un tant soit peu attentivement mes billets, vous auriez vu que je parle du grand conseil vaudois, où le centre droit (radicaux, libéraux, UDC, alliance du centre) sont bel et bien majoritaires avec 83 sièges sur 150 et non du conseil national. Je profite de l’occasion pour vous signaler que, tant au Conseil des Etats (que vous avez semble-t-il oublié) qu’au Conseil national, UDC, PLR et PDC sont largement majoritaires.

  5. Vous etes responsables M. Schwaab. Vous et votre parti coulez la Suisse depuis 1992!

    La sous-traitance au noir est générale
    La sous-traitance au noir s’est «institutionnalisée» en Suisse, dénonce Ben Iseli, président du groupement vaudois des échafaudeurs.

    Les ouvriers sont traités «comme des esclaves» et les entreprises honnêtes ferment les unes après les autres. La situation est devenue «invivable», estime Ben Iseli interviewé par «Le Matin Dimanche». Le dérapage a commencé début 2000 avec l’ouverture des frontières et la situation s’est aggravée en 2007. La sous-traitance au noir est «illégale, mais elle s’est généralisée», affirme-t-il.

    Le prix du m2 d’échafaudage a baissé depuis 40 ans dans le canton de Vaud. De 12 francs en 1979, il est à 10 aujourd’hui, selon le président. «Si ce prix était indexé à l’augmentation du coût de la vie, nous devrions être à 40 francs le mètre carré».

    Outre les conséquences pour les ouvriers et les entreprises, Ben Iseli souligne l’impact de la sous-traitance au noir sur les finances publiques. «Le non-paiement des charges sociales entraîne une perte qui se chiffre en millions de francs par année».

    • Je n’ai pas lu cet interview de M. Iseli, mais il faut quand même savoir ceci:
      – le PS a proposé l’introduction de la responsabilité solidaire pour toute la chaîne de sous-traitance. M. Iseli soutient-il cette proposition? Et vous?
      – Selon vous, M. Iseli parle d’une baisse des prix qui dure « depuis 40 ans ». Or. la libre circulation des personnes ne date que de 2000. M. Iseli se contredit donc visiblement lui-même.
      -C’est tout à fait vrai que le travail au noir coûte cher aux finances publiques et aux assurances sociales. Savez-vous qui a demandé le renforcement de la lutte contre le travail au noir? Le PS. Et qui s’y est opposé? L’UDC.
      Oui, la situation de la sous-traitance est grave. Oui, il faut agir. Or, jusqu’à présent, le PS et les syndicats ont été bien seuls à faire des propositions. Peut-être le vent est-il en train de tourner: la commission de l’économie du Conseil national (en tout cas une majorité PS-PDC) a décidé de renforcer les mesures de luttes contre la sous-enchère (responsabilité solidaire, lutte contre les faux indépendants). J’espère que vous soutenez ces mesures au lieu de vous complaire dans votre position de l’éternel mécontent. En outre, avec leur initiative pour un salaire minimum légal, les syndicats font une proposition aussi efficace que radicale contre toute forme de sous-enchère.

      Dernière remarque: Toutes les décisions concernant les bilatérales prises depuis 1992 l’ont été avec l’aval du peuple. Accuseriez-vous le peuple de « couler la Suisse »?

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