Il paraît que qui paie commande…

Ça devient une manie. Investir des milliards de fonds publics pour sauver une entreprise privée de la débâcle où l’avait plongé la seule incompétence de ses managers néolibéraux, puis s’en désengager le plus rapidement possible. Sans avoir ne serait-ce que tenté d’exercer la moindre once d’influence, ni fait usage des droits que pourtant chaque investisseur mettant de telles sommes sur la table n’aurait de cesse d’exiger (en appliquant, lui, le slogan «qui paie commande»).

Il y a d’abord eu Swissair, dont le sauvetage – ou plutôt l’atterrissage un peu moins brutal que si on avait laissé faire le marché – a coûté 2 milliards de francs. Socialisation des pertes. L’on s’est ensuite empressé de céder à bas prix la compagnie qui lui a succédé à Lufthansa, pour que ce soit cette dernière qui encaisse les premiers profits. Privatisation des bénéfices.

Et voilà que ça recommence avec UBS. Plusieurs dizaines de milliards dépensés en quelques heures, pas le moindre début d’une volonté de veiller à ce que la banque utilise à bon escient l’argent public en ne retombant pas dans ses travers de course effrénée aux risques et aux boni, puis revente la plus rapide possible, avec pour seul argument que l’Etat n’a pas à détenir des participations dans le secteur privé. La revente dégage cette fois un petit bénéfice, certes, mais sans garantie qu’une nouvelle intervention publique au secours de la banque ne sera pas nécessaire d’ici quelques mois (intervention dont la probabilité sera d’autant plus élevée si – hors de tout contrôle public – UBS recommence à jouer au casino). Comme si l’idéologie néolibérale n’avait pas fait assez de dégâts ces derniers temps…

5 réflexions au sujet de « Il paraît que qui paie commande… »

  1. Une telle bêtise c’est affligeant… petit bénéfice… 1.2 milliard c’est le PIB de l’Erythrée…oui un pays où la misère règne et si c’est si petit pour vous une telle somme je vous laisse verser 1.2 milliard à une ONG Erythréenne. Crétin!

  2. Bonjour,

    Votre commentaire est ahurissant: comment pouvez-vous parler de privatisation des bénéfices et de socialisation des pertes quant la Confédération et les Cantons gagnent 1.2 MILLIARDS en 8 mois?

    Merci de m’expliquer ce point important.

    Quant aux raisons de la sortie de la Confédration du capital d’UBS, elles sont nombreuses mais ce n’est en aucun cas celle que vous mentionnez. La participation a toujours eu comme objectif d’être à COURT TERME, pour calmer la panique qu’il régnait en octobre 2008 suite à la faillite de Lehman et afin de maintenir les fonds propres et autres ratios d’endettements de la banque a des niveaux rassurants. L’objectif n’était pas non plus de réaliser une plus value, mais déjà de limiter la casse! D’ailleurs vos copains de parti comme Mr Levrat, avaient plutôt prévus une issue malheureuse:

    il disait en octobre 2008

    « … au risque de devoir se retrouver à éponger les pertes tandis que les banques se réservent les éventuels bénéfices. La solution actuelle s’apparente à un hold-up des collectivités publiques ».

    Quelles pertes le contribuable a-t-il épongé? Il me semble au contraire que nous GAGNONS 1.2 MILLIARDS!!! Plutôt sympa le hold-up non?

    Quant au « petit bénéfice » que vous mentionnez, attelez-vous plutôt à trouver des IDEES de comment le dépenser ou le redistribuer ou même l’investir pour NOTRE pays et NOTRE bien à tous. Avez-vous des idées?

    Au passage, si vous avez aussi des suggestions pour réaliser de petits bénéfices de 1.2 mia tous les 8 mois, publiez-les sur votre blog moi je vote pour vous et la Suisse n’aura plus jamais de soucis budgétaires!!!!

    Si l’idéologie néolibérale fait des dégâts, de votre côté vous ne risquez pas de détruire grand chose avec vos raisonnements à ras les pâquerettes et dénués de toute proposition concrète.

  3. Heureusement que notre ministre des finances maitrise mieux les fondamentaux économique que le théoricien syndicaliste de Riex.

    1. Le prêt de la Confédération a rapporté 12.5 pourcents d’intérêts

    2. La vente des actiens a rapporté plus de 1.2 milliards

    Monsieur Schwaab, vous avez beau répéter votre slogan mensonger « socialiser les pertes et privatiser les bénéfices », mais dans ce cas, la Confédération n’a rien perdu. Et je ne vous parle pas des milliards d’impôts versés par l’UBS et les banques en général, qui permettent de payer les milliers de fonctionnaires que vous prétendez défendre.

    Avec vous, le PS perd le peu de crédibilité qu’il a. Vivement les élections de 2011. Vous n’aurez plus qu’à faire le pélerinage de Vuadens, avec vos petits camarades…

  4. @Patrice: certes, 1,2 mia de bénéfice, c’est une jolie somme. Mais si l’objectifé était de faire du bénéfice, pourquoi ne pas avoir attendu que l’action atteigne 20.-Fr. (objectif de cours à moyen terme du crédit suisse), plutôt que de la vendre à 16.50? Et d’ailleurs, renflouer UBS n’avait pas pour objectif de produire du bénéfice pour la Confédération, mais d’empêcher des conséquences catastrophiques pour notre économie. Si l’on revend maintenant sans avoir exercé d’influence, il n’y a aucune garantie qu’il ne faudra pas remettre à nouveau la main au porte-feuille quand la banque aura recommencé à jouer au casino. Et là, le 1,2 mia de bénéfice ne sera pas d’une grande aide…

  5. Quelle influence voulez-vous jouer? Qu’auriez-vous fait, en tant que représentant de la Confédération?

    La Confédération n’a pas à se mêler de la gestion d’une entreprise privée.

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