1er Mai: Nous ne nous serrerons pas la ceinture, nous serrerons les rangs!

(Discours du 1er mai 2009, Bulle)
Chères et chers camarades,
Malgré la crise, certains continuent à bénéficier de privilèges. Je pense aux gros actionnaires, à qui on offre 2 milliards de cadeaux fiscaux, dont 150 millions pris à l’AVS. Je pense aux managers, qui ont droit à de copieux bonus, versés grâce à l’argent public qui devait servir à sauver leur établissement. Je pense aux cadres supérieurs, à qui on déroule le tapis rouge lorsqu’ils souhaitent prendre une retraite anticipée. Je pense aux banques, que l’Etat renfloue à grands frais pour les sortir de la situation désastreuse dans laquelle elles se sont mises elles même, et à qui on ne fixe pas la moindre condition en échange. Je pense aux assureurs-vie, à qui la majorité bourgeoise du parlement offre un baisse des rentes du 2ème pilier afin qu’ils n’aient pas à renoncer à leurs bénéfices. Je pense aux gros contribuables, qui se servent de la concurrence fiscale entre cantons pour exiger des baisses d’impôts toujours plus importantes dont les contribuables moyens ne voient jamais la couleur. Je pense aux assureurs-maladie, que l’on laisse justifier des augmentations de primes avec leurs comptabilités intransparentes, leurs réserves bien cachées ou leurs actifs sous-évalués. Je pense aux patrons du commerce de détail, à qui l’on permet désormais de contourner l’interdiction de travailler le dimanche jusqu’à quatre dimanches supplémentaires par an!
Et puis il y a les autres. Il y a les travailleurs qui ont perdu ou vont perdre leur emploi à cause d’une crise dont ils ne sont pas responsables. Ceux à qui on demande d’être de plus en plus flexibles, de travailler le dimanche, la nuit, sur appel, comme temporaire, sur mandat, sans sécurité sociale, sans droit au chômage, sans convention collective de travail. Et ceux à qui l’on demande de modérer leurs prétentions salariales. Il y a les assurés qui doivent supporter des primes LAMAL qui explosent et que l’on veut faire passer à la caisse à chaque fois qu’ils vont chez le médecin. Il y a les chômeurs dont on veut durcir l’accès aux indemnités. Il y a les retraités et futurs retraités à qui on veut demander de faire une croix sur 10% de leurs rentes du 2ème pilier, ou de renoncer à une indexation correcte de leurs rentes AVS. Il y a aussi les travailleurs âgés que l’on préfère mettre au chômage, à l’AI ou à l’aide sociale plutôt que de mettre sur pied une retraite flexible. Il y a enfin les jeunes qui cherchent une place d’apprentissage, mais à qui on ne propose qu’une «solution transitoire» ou un «coach» en leur disant: «tu n’as qu’à être plus flexible!».
Pour le moment, la crise sert surtout de prétexte pour renforcer les privilèges des privilégiés et pour augmenter la pression sur tous les autres.
Camarades, nous nous devons de renverser la vapeur. D’une part en veillant à ce que les interventions de l’Etat pour enrayer la récession profitent réellement à ceux qui en ont le plus besoin: les travailleurs, les retraités, les familles. Et d’autre part, en saisissant l’occasion pour transformer durablement l’économie.
Les syndicats se battent donc pour un plan de relance qui crée des emplois et augmente le pouvoir d’achat. Pas des plans de relance dont le principal objectif et de baisser les impôts de quelques gros actionnaires ou de saupoudrer ça et là quelques investissements, dont la plupart étaient déjà décidés. Le plan de relance que nous exigeons doit contenir des investissements durables qui créeront les emplois de demain et préserveront notre environnement: infrastructures de transports publics, assainissement énergétique des bâtiments, production d’énergies renouvelables. Il faudra aussi que ce plan de relance n’oublie pas le pouvoir d’achat, par exemple en baissant les primes d’assurance-maladie, notamment celles des familles. Enfin, il faudra encourager la formation: 10’000 nouvelles places d’apprentissage pour les jeunes – notamment dans des écoles des métiers publiques – bons de formation continue de 5000.—Fr. pour tous, surtout pour les titulaires du CFC.
Nous aurons des temps difficiles devant nous. Les adversaires des salariés et des retraités vont tenter de profiter de l’occasion pour faire passer leurs contre-réformes. Les partis bourgeois et les milieux économiques tentent déjà de nous faire croire que la mauvaise situation momentanée des caisses de pension justifie que l’on baisse les rentes. Les jeunes radicaux, PDC et UDC tentent déjà de monter les jeunes contre les retraités. M. Couchepin et ses services falsifient les statistiques pour faire croire que l’AVS est au bord du gouffre. Les organisations patronales se servent de la montée du chômage pour pousser les salariés à renoncer à leurs revendications. Et tous exigent en choeur de nouveaux cadeaux fiscaux, soit disant pour éviter que les plus riches ne fuient dans des lieux aux impôts encore plus bas.
Camarades, nous savons que ces arguments sont fallacieux. Nous savons aussi que ces contre-réformes aggraveraient la crise, en minant le pouvoir d’achat et en privant l’Etat des ressources dont il a besoin pour travailler au bien commun. Parce que nous y sommes préparés, nous avons les moyens de résister et, mieux encore, de faire en sorte que le mouvement syndical en ressorte renforcé! Camarades, ne nous serrons pas la ceinture et serrons les rangs!

2 réflexions au sujet de « 1er Mai: Nous ne nous serrerons pas la ceinture, nous serrerons les rangs! »

  1. A Bulle, 80 pourcents de vos auditeurs étaient étrangers. On comprend donc facilement pourquoi vous demander sans cesse le droit de vote pour eux. Les Suisses, eux, étaient contrairement à vous et vos camarades, en train de travailler. C’est vrai, finalement, c’était la journée du travail…

  2. Philippe, je ne vous ai pas vu à Bulle. Je suis en effet persuadé que, si vous aviez été présent, vous n’auriez pas manqué de venir m’apporter la contradiction, à visage découvert comme à votre habitude. J’en déduis donc que vous n’étiez tout simplement pas là et que vous racontez n’importe quoi.

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